EMEUTES RACIALES À BALTIMORE

 Ce n’était pas une première...

Les émeutes raciales qui ont ensanglanté la ville de Baltimore, aux Etats-Unis, en mai, étaient parfaitement prévisibles. Elles ne sont que la conséquence des tensions propres aux sociétés multiraciales.

Il a fallu une semaine après les émeutes raciales à Baltimore, aux Etats-Unis, pour que les autorités annoncent la levée du couvre-feu. La ville était mobilisée depuis le 19 avril, après qu’un jeune « Afro-Américain » eut été tué durant une course poursuite avec une patrouille de police – composée de trois blancs et trois noirs.


L’engrenage des émeutes raciales survenant après des altercations entre policiers et membres d’une communauté d’origine immigrée n’est pas nouveau. Depuis cinquante ans, le scénario se répète régulièrement aux Etats-Unis et, en général, dans l’ensemble des sociétés multiculturelles.


En 1965, l'arrestation de trois jeunes noirs avait déclenché l’embrasement du quartier de Watts, à Los Angeles. Ces émeutes furent parmi les plus violentes de l'histoire des Etats-Unis. Aux cris de « Burn, baby, Burn ! » (« Brûle, petit, brûle ! »), le ghetto noir avait été incendié, pillé et saccagé par ses propres habitants. Cette révolte urbaine avait fait trente-quatre morts et près de mille blessés. Plus près de nous, en 2011, c’est le quartier de Tottenham, à Londres, qui a explosé après la mort d’un jeune trafiquant jamaïcain, Marc Duggan, abattu alors qu’il tirait sur des policiers partis à sa poursuite. Les émeutes avaient débordé jusqu’au coeur de Londres et s’étaient même étendues aux villes de Birmingham, Manchester et Liverpool. Elles avaient occasionné cinq morts, des dizaines de policiers blessés, des centaines d’arrestations, mais aussi d’habitations et commerces pillés et incendiés – dont le magasin Carpetright, l’équivalent de nos Galeries Lafayette (photo) –, pour un coût de cent millions de livres sterling.
Tout récemment, c’est Israël qui a été confronté aux dangers d’une société multiraciale. Au moins vingt-trois policiers et sept manifestants ont été blessés le 3 mai, à Tel-Aviv, après des heurts avec des Falachas, Israéliens d’origine éthiopienne, s’estimant victimes de discrimination. La diffusion d’une vidéo montrant deux policiers en train de frapper un soldat falacha a suscité la colère de cette communauté forte de 135.000 personnes. La police montée a tiré des grenades assourdissantes pour disperser les émeutiers, qui ont riposté avec des pierres et des bouteilles.
Les plus optimistes diront que ce genre de scénario menace notre pays… Mais en réalité, la France a subi ses premières émeutes ethniques il y a déjà plus de trente ans, en 1979, à Vaulx-en-Velin, dans la banlieue lyonnaise. En 2006, le phénomène avait été publiquement reconnu par des journaux de gauche comme Le Monde et Marianne, qui avaient dénoncé « une chasse aux blancs », lors des manifestations anti-CPE. Les lycéens et étudiants avaient en effet été attaqués par des bandes ethniques dont les meneurs revendiquaient le fait de dépouiller des « babtous » – des blancs –, identifiés comme des « personnes riches, fragiles et lâches ». Hélas, le pire est sans doute à venir ! 

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