DOSSIER
LE DOSSIER DU MOIS - VOIX DES FRANÇAIS

ESCROQUERIES SENTIMENTALES :
LA MÉFIANCE S’IMPOSE !


Le mariage avec un Français est, depuis 1998, la première source d’immigration légale dans notre pays. Lorsque le conjoint étranger utilise le mariage mixte comme filière d’immigration, il impose très souvent au conjoint français de se marier dans son pays d’origine, où les formalités sont moins contraignantes. Nombre de Français sont alors victimes d’escroqueries sentimentales. Le récent drame de Jennifer en est une parfaite et tragique illustration.

Présidente de l’association « Non aux mariages et paternités de papiers », je reçois quotidiennement des témoignages d’hommes et de femmes victimes de mariages gris, basés sur l’escroquerie sentimentale et la manipulation, en vue d’obtenir une carte de résident et, à terme, la naturalisation française.
Le mariage avec un Français est, depuis la loi RESEDA (loi relative aux étrangers et au séjour des étrangers et des demandeurs d’asile) de 1998, du gouvernement Jospin, la première source d’immigration légale dans notre pays. Les statistiques relatives aux mariages mixtes – entre conjoints de nationalités différentes – sont les suivantes : augmentation des mariages mixtes de 117 % entre 1994 et 2004 ; les mariages célébrés à l’étranger ont plus que doublé en dix ans, passant de 20.607 en 1994 à 44.727 en 2004 ; en 2004, 50.270 mariages mixtes ont été célébrés en France ; le total des mariages mixtes représente 30 % des mariages célébrés ou transcrits dans notre état-civil (selon les chiffres du Ministère des Affaires sociales, Commission des Lois – Immigration et intégration, mai 2006)
Lorsque le conjoint étranger utilise le mariage mixte comme filière d’immigration, il impose très souvent au conjoint français de se marier dans son pays d’origine. Le mariage a lieu devant les autorités locales et les conjoints font ensuite une demande de transcription à l’état-civil. Les formalités sont bien évidemment moins contraignantes et plus rapides qu’en France. Ceci est illustré par l’histoire édifiante de Jennifer (le prénom a été changé), jeune fille naïve et amoureuse, inconsciente des enjeux et de l’instrumentalisation dont elle a fait l’objet.

Jennifer, lycéenne encore mineure, rencontre un étranger en situation irrégulière. Appelons-le Hamid. Il est resté sur le territoire français à l’issue de la validité de son visa de tourisme. Il attend qu’elle ait 18 ans pour lui suggérer de prendre un appartement et d’avoir un enfant. Hamid use de tous les stratagèmes pour arriver à ses fins : douceur, amour, mots doux, menaces, violences, manipulation mentale, isolement vis-à-vis de ses camarades et de sa famille.
Il lui fait vider son compte épargne pour prendre un appartement à son nom à elle. Jennifer est lycéenne et dépend financièrement de ses parents. Jennifer et Hamid décident de déposer un dossier de mariage à la mairie mais au dernier moment, la jeune fille fait marche arrière, ce qui lui vaut de recevoir des coups de pieds et des gifles pour lesquels elle dépose une plainte en main-courante.
Les parents de Jennifer sont anéantis par la nouvelle de ce mariage expéditif. Ils prennent immédiatement rendez-vous au commissariat, adressent une lettre au procureur de la République de la ville et informent la police aux frontières. L’étranger est arrêté sur son lieu de travail (au noir), passe en comparution immédiate, est placé en centre de rétention avec un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière.
A partir de ce jour, Jennifer reçoit des coups de fils incessants de la part des amis d’Hamid en France, de son père à l’étranger et de son frère habitant la même ville qu’elle. Les menaces se font de plus en plus précises : « On sait où habitent tes parents, on sait où ils travaillent, un accident est vite arrivé. » Jennifer se laisse influencer et est placée sous surveillance pendant trois jours chez le frère d’Hamid, qui lui confisque carte d’identité et passeport en attendant qu’elle prenne l’avion pour l’étranger.
Sur place, le père d’Hamid l’attend à l’aéroport et l’emmène à 400 km au sud de la capitale. Les premières paroles qu’elle entend sont menaçantes : « Heureusement que tu es venue, sinon à l’heure qu’il est ta famille ne serait plus là ». Jennifer reste sous surveillance constante avec interdiction de sortir seule ou de téléphoner. Ses papiers lui sont confisqués. La famille étrangère entreprend les démarches du mariage, allant jusqu’à contacter un notaire pour lui faire signer un document rédigé dans une écriture étrangère, par lequel le père d’Hamid a autorité parentale sur elle. Heureusement, elle refuse de signer. Peu à peu, elle réalise à quel point Hamid lui a menti et l’erreur qu’elle a commise en acceptant de venir dans ce pays étranger. Manipulation ultime, le jeune homme jette la boite de pilules contraceptives afin qu’elle soit enceinte ; la paternité d’un enfant français est la filière d’immigration qui permet à coup sûr d’obtenir une carte de séjour et d’éviter l’expulsion depuis la loi RESEDA de 1998.
Ce n’est qu’avec l’aide du consulat de France local que les parents ont pu retrouver leur fille et la faire sortir du pays à l’occasion d’un rendez-vous au consulat, en vue de l’obtention du certificat de capacité à mariage. Les parents ont mené une bataille acharnée pendant plusieurs mois, un véritable parcours du combattant avec une tension nerveuse de tous les instants. Combien de parents, combien de familles ne voient pas le danger à temps et sont mis devant le fait accompli ?
Comment un officier d’état-civil de la mairie d’une grande ville française peut-il laisser passer un dossier de mariage dans lequel il constate qu’une jeune fille à peine majeure, lycéenne sans ressources, vivant chez ses parents, souhaite se marier avec un jeune étranger, sans travail, sans ressources, sans domicile et de surcroît, sans papiers ? Pourquoi une simple attestation d’assurance de logement, sur laquelle on peut rajouter n’importe quel nom, suffit-elle à justifier d’un soi-disant domicile ?
Les lois de l’immigration se succèdent depuis des années pour mettre un frein aux filières de mariages frauduleux, des directives sont régulièrement adressées aux officiers d’état-civil et sur le terrain, rien ne change. Il faut signaler que les étrangers, clandestins ou irréguliers, choisissent de se marier en priorité dans des municipalités socialistes et communistes, car selon leurs dires, on ne leur pose aucune question.
Jennifer a été victime d’une filière d’immigration parfaitement bien organisée et informée des rouages de l’administration française. Ce sont des personnes sans scrupules, défendus par les associations immigrationnistes et prêts à tout pour obtenir leur régularisation et la naturalisation française. Il faut savoir que toute la famille est complice du traquenard dans lequel tombent des milliers de victimes de mariages frauduleux chaque année et en particulier les jeunes filles facilement manipulables. Depuis sa nomination au poste de ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité française et du Co-Développement, Brice Hortefeux est muet sur les méthodes mafieuses de ces filières d’immigration ainsi que sur la problématique des mariages gris et des paternités grises en pleine recrudescence. La prochaine loi de l’immigration sur le regroupement familial se réduira-t-elle, comme les trois autres précédentes, à de l’affichage et de la cosmétique ?

Marie-Annick Delaunay.
Auteur de « L’immigration par escroquerie sentimentale »,
Editions Tatamis, 215 p., 16 euros.

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