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Marine Le Pen a
courageusement dénoncé la trahison du
président de la République, Nicolas Sarkozy, qui
s’était engagé à maintenir la Turquie
hors de l’Union européenne, avant de se
déclarer « ouvert à la discussion »,
puis d’envisager une sournoise modification
constitutionnelle visant, à terme, à priver le
peuple français de son droit de s’exprimer sur une
adhésion turque désormais programmée ! Avec
elle, nous revenons sur ce scandale. Elle nous présente
également sa riposte et ses solutions.
La Voix des Français : Nicolas Sarkozy a
approuvé la suppression de l’article 88-5 de la
Constitution obligeant de soumettre à
référendum tout futur élargissement de
l’Union européenne (U.E.). Quelles en seront les
conséquences ?
Marine Le Pen : La conséquence est simple : une
fois de plus le peuple français n'aura pas son mot
à dire, seule l'assemblée sera consultée,
sachant que celle-ci n'est en aucun cas représentative des
électeurs. Pour s'en convaincre, il faut se souvenir que
les députés étaient à 97 % favorables
à la Constitution européenne, alors même
qu'une grosse majorité des Français y
étaient hostiles. J'y vois de la part de Nicolas Sarkozy
une véritable trahison, puisqu'il avait
déclaré le 19 décembre 2004 : « Nous
devons être reconnaissants à Jacques Chirac d'avoir
proposé dans la réforme constitutionnelle que le
référendum soit la règle pour décider
si oui ou non la Turquie sera intégrée ou
associée. Le Président de la République a
fait un choix républicain et démocratique (sic) !
»
VdF : Nicolas Sarkozy disait, durant sa campagne, que la
Turquie est « un pays asiatique » qui n’avait
pas vocation à intégrer l’U.E. Cela ne vous
rassure-t-il pas ?
M.LP : C'était le 14 janvier 2007 au congrès
de l'UMP, il avait même rajouté : « A
s'élargir sans limite, on prend le risque de
détruire l'union politique européenne, je ne
l'accepterai pas ». Il a réitéré cette
position il y a quelques jours devant plusieurs millions de
Français. Hélas « les faits sont têtus
» et, en l'espèce, dévastateurs : en juin
2007 les représentants du gouvernement français
auprès de l'Union européenne ont voté en
faveur de la poursuite du processus d'adhésion de la
Turquie et, le 28 août 2007, devant la conférence
des ambassadeurs, Nicolas Sarkozy a admis officiellement et
publiquement le principe de l'adhésion de la Turquie.
Alors, non, les déclarations du Président de la
République ne me rassurent pas ! Il s'était
exclamé : « Je ne vous mentirai pas, je ne vous
trahirai pas, je ne vous décevrai pas ! », je vous
laisse juge…
VdF : Comment expliquez-vous le revirement du chef de
l’Etat ?
M.LP : Il n’est un secret pour personne que
l’adhésion de la Turquie en Europe est une des
grandes revendications des Etats-Unis. Ce qui peut
d’ailleurs apparaître contradictoire avec leur lutte
contre l’islamisme, puisque je rappelle qu’une
Turquie dans l’Union européenne reviendrait à
lui donner des frontières communes avec l’Irak et
l’Iran. Ce « revirement » est donc
manifestement à rapprocher d’autres signes flagrants
d’un alignement sur la position américaine (conflit
envisagé avec l’Iran, renforcement de la
présence française en Afghanistan, etc.) Toutes ces
prises de positions coïncident avec sa visite cet
été chez Monsieur Bush.
En résumé : Turquie- Afghanistan- Iran apparaissent
comme le triangle de la soumission aux Américains.
VdF : Que comptez-vous faire, avec le Front national, au
niveau national et européen ?
M.LP : Au niveau européen, nous nous battons
quotidiennement sur ce sujet, comme sur tant d'autres d'ailleurs,
en votant contre toutes les résolutions envisageant ou
soutenant ce processus d'adhésion. Quant au niveau
français, j'ai lancé une vaste campagne
d'affiche : « Turquie : Sarkozy a menti ! » [N.D.L.R. :
fichier à télécharger ici], ainsi qu'une pétition nationale
distribuée sur le terrain par nos militants et que tout un
chacun peut signer sur notre site : www.frontnational.com. Les
réactions sont nombreuses et je m'en félicite. Il
faut - ce que Jean- Marie Le Pen n'a pas hésité
à faire devant le Président de la
République, lorsque ce dernier l'a reçu - exiger le
respect de la Constitution et du référendum qu'elle
envisage pour tout nouvel élargissement. Je trouve enfin
que continuer à faire croire à la Turquie qu'elle
entrera dans l'Union européenne est
particulièrement malhonnête à l'égard
de son peuple qui préférerait sûrement plus
de franchise.
VdF : Au parlement européen, pouvez-vous compter sur
des forces politiques capables d’enrayer le processus
d’intégration ?
M.LP : Il existe incontestablement des forces politiques
au parlement européen qui sont prêtes à
s'opposer à cette adhésion et, en premier lieu, le
groupe Identité-Tradition-Souveraineté
présidé par Bruno Gollnisch et où
siègent les députés Front National.
[N.D.L.R. : voir également, p. 4 et 5, l’action de
Paul- Marie Coûteaux et du groupe Indépendance &
Démocratie]. D'autres groupes ont fait de grandes
déclarations contre l'entrée de la Turquie - nous
les attendons dans l'avenir pour voir si, oui ou non, ils
trahiront ou pas leurs électeurs respectifs. Je
m'interroge par exemple sur le cas des députés du
MPF qui se sont toujours prononcés contre l'entrée
de la Turquie, mais qui, au niveau national, sont en train de
passer des alliances avec l'UMP…
VdF : Que peuvent faire les simples citoyens ?
M.LP : Participer à toutes les actions visant à
faire connaître leur opposition à ce projet
d'adhésion (manifestation, pétition…) mais
surtout… voter Front national !
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