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« FRANÇAIS : FAISONS
RESPECTER NOTRE “NON” ! »
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La France s’est signalée par son « non
», en 2005, à une Constitution européenne
scellant la supranationalité en tous domaines. A cela
s’ajouta l’opposition majoritaire des Français
à l’entrée de la Turquie, opposition fort
contrariante pour une Europe qui lui est largement acquise. Or,
Nicolas Sarkozy, depuis juin, prépare les électeurs
à accepter une nouvelle Constitution européenne qui
enlèvera toute souveraineté à la France et
la privera, entre autres, de la maîtrise de ses
frontières. En outre, le président à
relancé les négociations avec la Turquie et
envisagé la fin de l’obligation de
référendum préalable à
l’adhésion (voir éditorial page 1). Avec ces
deux mesures, l’entrée de la Turquie sera acquise
dans quelques années... à cause d’un
président principalement élu pour préserver
la souveraineté de la France et maintenir la Turquie hors
de l’Europe ! Voilà pourquoi il est indispensable de
se battre pour faire respecter notre non !
Le 29 mai
2005, près de 16 millions de Français (54,7 % des
exprimés) ont refusé par référendum
une "Constitution européenne" préparée par
une Convention sous présidence de M. Giscard
d'Estaing.
Après un nouvel échec aux Pays-Bas, puis le gel du
processus par cinq autres pays, la plupart de ses partisans ont
déclaré qu'ils ne renonçaient pas à
leur objectif, la création d'un super- Etat
européen. Le Président de la Commission, M.
Barroso, affirmait par exemple (Entretiens d'Europe n° 18)
vouloir « préserver le texte dans sa substance, en
particulier les réformes et les valeurs figurant dans les
parties I et II », affirmant même : «
L'ensemble ne peut pas être défait et
négocié de nouveau par les gouvernements, car il
n'y a pas d'alternative ». Le 28 février 2007, une
conférence institutionnelle réunie à Madrid
par la présidence allemande appelait à
préserver la substance du traité constitutionnel
par un nouveau texte dont « la formulation devra être
améliorée pour emporter l'adhésion du public
» (Service de presse du Parlement européen, 1er mars
2007). Ce « nouveau » texte s'appela d'abord et
mensongèrement « mini-traité » puis
« traité simplifié », puis «
traité modifica- tif », cette dernière
dénomination révélant finalement le
procédé retenu : il s'agit d'amender les
traités précédents, y compris le
traité de Rome, par un maquis de modifications si touffu
(l'ensemble dépassant 3.000 pages) que, alors que le texte
Giscard était du moins lisible et propice au débat,
« l'adhésion du public » est cette fois
escomptée par l'ignorance de son contenu
véritable.
Le 23 juin, le sommet européen de Bruxelles donnait mandat
à une nouvelle Conférence Intergouvernementale de
reprendre l'ensemble des dispositions institutionnelles :
personnalité juridique permettant à l'UE
d'être reconnue comme un Etat à part entière
sur la scène internationale ; instauration d'une
présidence de l'UE « stable », et autonome par
rapport aux gouvernements, ainsi que d'un « haut
représentant pour la politique étrangère
» doté d'un service diplomatique - en clair
d'ambassades ; élargissement à 51 nouveaux sujets
des domaines où la décision est prise à la
majorité, soit 71 sujets couvrant désormais la
quasi-totalité de la responsabilité politique, ne
laissant aux anciens Etats que l'application des lois
européennes ou des domaines accessoires, comme s'ils
n'étaient plus que de simples Länders ; rappel de la
jurisprudence de la Cour de justice de Luxembourg posant la
supériorité de toute norme européenne sur
toute norme nationale, et du titre V du traité dit de
Maëstricht posant que « la politique
étrangère et de sécurité commune
s'inscrit dans les cadres de l'OTAN ». Par ailleurs, un
protocole additionnel mentionne la Charte des droits fondamentaux
(titre II du traité rejeté) qui permet à
tout « citoyen européen » d'attaquer tout
gouvernement pour manquement à des principes fort
généraux, devant une cour de justice
européenne ainsi chargée d'une mission
générale de surveillance des Etats et des
législations restant de leur compétence. Un autre
protocole additionnel fait du principe de concurrence libre et
non faussée un des « objectifs de l'Union »,
ceci contrairement à l'annonce qui avait été
faite par le Président de la République à
Bruxelles le 22 juin. Sur cette « relance européenne
», très peu d'informations sont données aux
Français, lesquels sont abusés par l'affirmation du
nouveau Président de la République selon laquelle
« il n'y aura pas de Constitution nouvelle », ce qui
est vrai sur la forme et mensonger quant au fond. Aucune
information ne filtre des travaux de la conférence de
Lisbonne ; les grands moyens d'information sont muets. Si rien ne
vient y faire obstacle, c'est dans l'indifférence que
l'obscur traité sera furtivement ratifié par la
voie parlementaire. Ses premières applications
interviendraient fin 2008 sous présidence
française, l'essentiel s'appliquant à partir de
2009. La France dès lors ne sera plus une nation
souveraine.
Nous sommes confrontés à une supercherie sans
précédent, une forfaiture qui dénie le
suffrage universel, et montre une fois encore que, avec la
souveraineté nationale et populaire, c'est la
démocratie qui se trouve ainsi bafouée. Le peuple
français doit impérativement exiger du
Président de la République qu'il respecte le vote
irrévocable du 29 mai 2005.
Une manifestation a été organisée sous
l'égide du mensuel L'Indépendance et du
comité national « Non, c'est non ! » le 19
octobre à 18 heures, Place des Victoires à Paris,
avec comme unique emblème, le drapeau tricolore. Elle a
connu un beau succès.
Paul-Marie Coûteaux,
député français au Parlement
européen
(Groupe Indépendance & Démocratie).
Directeur de L’Indépendance.
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