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IMMIGRATION : ENFIN, LA DROITE
OSE... LA RUPTURE !
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Depuis juin dernier, les Français attendaient la
rupture promise à la suite de l’élection de
Nicolas Sarkozy. Enfin, elle arrive... mais en Suisse !
L’Union démocratique du centre, représentant
la droite conservatrice et libérale au gouvernement, ose
mettre au centre du débat les problèmes posé
par les immigrés en matière d’identité
nationale, de sécurité et même de risque
terroriste. La dernière affiche du premier parti suisse,
qui propose l’expulsion des criminels immigrés
indigne les médias... mais entousiasme la population
!
La nouvelle
campagne de l'Union démocratique du centre (UDC), la
droite conservatrice et libérale suisse, fait scandale. A
la manière helvétique – polie, ferme et
inébranlable –, ce parti de gouvernement appelle
à un referendum populaire permettant de renvoyer chez eux
les immigrés coupables de crimes sur le territoire de la
Confédération.
La principale affiche de l’UDC montre trois petits moutons
blancs sur fond de territoire suisse qui, d’une vigoureuse
ruade, expulsent un « mouton noir ». Le slogan
s’affiche en grand : « Pour plus de
sécurité ».
Il n’en fallait pas plus pour que le
parti le plus populaire de Suisse (26,70 % aux élections
législatives de 2003, un peu plus d'un quart des
sièges au Conseil national), soit la cible de toute la
gauche et des médias bêlant leur amour du
métissage et de l’immigration.
Il n’empêche : là où Nicolas Sarkozy,
qui s’enorgueillit de ses 53 % de la présidentielle,
n’a jamais rompu qu’avec la droite ; les
conservateurs suisses, avec une assise électorale moins
forte, ont osé poser un diagnostic clair de la situation
politique et proposer des solutions audacieuses et efficaces.
Selon un communiqué de l’UDC, « si la majeure
partie des immigrés respecte nos lois, on compte un nombre
trop élevé d'étrangers qui abusent de notre
hospitalité. Ils commettent des délits graves,
menacent notre propriété et même notre
intégrité physique et notre vie. Grâce
à cette initiative populaire, nous pourrons enfin renvoyer
systématiquement les étrangers qui commettent des
crimes graves dans notre pays. Nous augmentons ainsi la
sécurité des enfants, des femmes et des hommes.
»
A l’intérieur de la Confédération, la
présidente suisse, Micheline Calmy-Rey, a
déclaré à la Radio Suisse Romande que les
campagnes de l'UDC la « dégoûtent » et
que ce sont « des campagnes racistes ».
Roman Jäggi, porte-parole de l'UDC, a rétorqué
qu’en tant que présidente de la
Confédération, elle n'avait pas à s'en
prendre aux affiches d'un autre parti, d'autant
qu'elle-même faisait ouvertement campagne pour sa propre
formation, le Parti socialiste. En outre, il estime qu'il n'y a
rien a critiquer dans l'affiche aux moutons : « Elle n'est
pas raciste. Il y a effectivement un gros problème de
violence en Suisse, particulièrement de violence des
jeunes, et les étrangers en constituent une part
importante. »
Au niveau international, Doudou Diène -
Sénégalais hostile à toute forme de critique
de l’immigration en Europe - et Jorge Bustamante, «
rapporteurs spéciaux des Nations-Unies pour le racisme et
les droits humains des migrants », ont exigé des
explications au gouvernement suisse sur la désormais
fameuse affiche de l'UDC.
Le 29 août, le ministre de l'Intérieur, Pascal
Couchepin, a rappelé aux deux fonctionnaires onusiens
qu’en Suisse seul le peuple souverain est en mesure de
juger et, au besoin, de sanctionner la propagande
électorale, par le biais des processus
démocratiques habituels.
L’UDC précise en outre que « le mouton noir
est une expression de la langue française pour
désigner celui qui ne respecte pas les règles.
L’affiche incriminée signifie que le mouton noir
n’a pas sa place dans le troupeau parce qu’il ne joue
pas le jeu. La différence de couleur dans l’affiche,
comme dans l’expression, est symbolique. Elle permet de
distinguer les bons du méchant, les honnêtes
citoyens du criminel. »
Résultat : selon un sondage TSR du 31 août dernier,
à l’approche des élections
fédérales du 21 octobre 2007, loin de
s’effondrer sous les coups de boutoir de la diabolisation,
l’UDC caracole en tête des sondages, avec 26 %,
devant le PS (24%) et loin devant ses autres concurrents, qui
culminent au mieux à 15%. Il faut dire que
l’immigration, et son lien avec
l’insécurité ou la perte de
l’identité suisse, inquiète 30 % de la
population. De quoi inciter la droite française à
oser la fameuse rupture !
Frédéric Petit
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