|
C’est entre les
années 1890 et 1900 que naît le nationalisme turc,
sur les ruines de l’empire ottoman, sous l’impulsion
de jeunes officiers, parmi lesquels, Mustafa Kémal, le
futur "Père des Turcs". La partie europénne de cet
Etat ne dépasse pas 10% de son territoire global. La
manière dont les musulmans y ont traités les Slaves
des Balkans nous donne une idée de ce que pourrait
devenir, à terme, une Union européenne ouverte aux
millions de Turcs islamisés.
La Turquie est un Etat récent, créé en 1923
par la volonté de Mustafa Kémal sur les ruines de
l’empire ottoman.
Entre cette nation et cet empire, il y a toute la
différence qui sépare un Etat multinational
d’une nation à peu près homogène,
exception faite de la minorité kurde.
Les Turcs ottomans ont commencé de former leur empire vers
1300, époque où la monarchie française, par
exemple, était déjà constituée depuis
longtemps. Ils venaient d’Asie centrale et
s’étaient installés en Anatolie. Aux XIVe et
XVe siècles, ils ont conquis les Balkans et, au XVIe
siècle, les rives orientales et méridionales de la
Méditerranée, d’Alep au Maroc non
compris.
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, les
chrétiens des Balkans n’ont pas été
violemment persécutés. Le but premier de la
conquête n’avait certainement pas été
le désir de les convertir à l’islam.
D’ailleurs, comme ils étaient astreints à
payer davantage d’impôts que les musulmans, toute
conversion en masse de leur part aurait été, pour
l’Etat ottoman, un désastre financier.
Ils ont donc gardé leur religion et leur clergé.
Aujourd’hui, les îlots musulmans des Balkans ont pour
source principale la conversion ancienne de notables
chrétiens qui avaient envie de garder leurs
privilèges et qui ont été suivis par leurs
populations, comme on l’a vu pour le protestantisme en
Allemagne.
D’une certaine façon, on peut dire quand même
que les chrétiens des Balkans ont été
persécutés, mais d’une manière
tellement spéciale qu’elle les menait aux plus hauts
grades de l’Etat. En effet, jusqu’au XVIIIe
siècle, ce sont certains des leurs qui exerçaient
le gouvernement, à condition, bien entendu, qu’ils
se soient convertis à l’islam. Le sultan
héréditaire, autocrate souverainement cruel et
souverainement raffiné, redoutait, par dessus tout, la
formation d’une aristocratie turque qui aurait pu lui
porter ombrage. De jeunes chrétiens étaient donc
arrachés à leur famille, qu’ils ne
reverraient jamais, et envoyés en Anatolie pour y
être éduqués et apprendre le Coran par
coeur.
Ils allaient par la suite former les cadres de l’Etat, tout
en demeurant esclaves, et c’était
généralement l’un d’eux qui occupait la
charge de grand vizir (premier ministre). Isolé, sans
famille, sans terroir, il dépendait entièrement du
sultan, vie et mort comprise.
De ce fait, les Turcs n’ont joué longtemps
qu’un rôle relativement secondaire dans
l’empire ottoman. Malgré cette participation
indirecte au pouvoir, au début du XIXe siècle, les
chrétiens des Balkans ont senti le souffle de la
Révolution française qui leur apportait
l’idée de liberté sous deux formes : la
liberté individuelle et l’indépendance de la
nation. Ils se sont donc révoltés –
d’abord les Serbes, puis les Grecs – et ont
progressivement obtenu l’indépendance.
L’empire ottoman s’est peu à peu
désagrégé au cours du XIXe siècle.
Les Turcs avaient aussi perdu presque toutes leurs provinces
arabes (L’Egypte aux Anglais, l’Algérie et la
Tunisie aux Français). Ils se sont donc trouvés
à peu près seuls parmi les débris de leur
empire. Ils avaient vu le nationalisme s’emparer des
Serbes, des Grecs, des Bulgares et des autres. Pourquoi n’y
aurait-il pas eu aussi une nation turque ?
Vers 1890, 1900, le nationalisme turc est né, surtout sous
l’impulsion de jeunes officiers, parmi lesquels, à
un rang modeste, Mustafa Kémal. Le parti qu’ils ont
formé, d’abord clandestin puis à ciel ouvert,
s’est appelé Union et progrès et on les a
appelés, eux-mêmes, les Jeunes Turcs. Ils ont
exercé le pouvoir durant la Première Guerre
mondiale, au cours de laquelle ils ont ordonné le
génocide arménien (N.D.L.R. : 40 % de la population
arménienne exterminée). En raison de sa position
géographique éloignée des puissances
occidentales, l’Arménie était la seule nation
chrétienne ottomane qui n’avait pu se libérer
et les Turcs se sont, en quelque sorte, vengés sur elle,
de la sécession des autres.
Ayant choisi le parti de l’Allemagne, son alliée
depuis plusieurs décennies, la Turquie a partagé sa
défaite. Un armistice désastreux a
été signé. Les chefs des Jeunes Turcs se
sont enfuis. Mustafa Kémal, général de 40
ans aux états de service brillants, s’est alors
attaché à chasser les Alliés –
Français, Anglais et Italien – d’Anatolie et
de Constantinople. Patriote passionné, Kémal a
exacerbé le nationalisme turc.
Ayant fait proclamer la République en 1923 et, pensant que
les défaites successives étaient dues aux
archaïsmes de l’islam, il s’est consacré
à l’abaisser et à forcer son peuple à
imiter les Européens, croyant ainsi parvenir à leur
niveau de puissance.
En une douzaine d’années, le despote
éclairé a imposé les réformes au
grand galop : interdiction des écoles coraniques, des
tribunaux religieux et des confréries religieuses ;
remplacement du calendrier musulman par le calendrier
grégorien et de l’alphabet arabe par
l’alphabet latin ; adoption du code civil suisse,
obligation de porter des vêtements européens,
obligation de porter un patronyme - les Turcs n’ayant
jusqu’alors qu’un prénom et un surnom.
Lui-même est nommé Atatürk, Père de la
Turquie. Mort en 1938, il a eu comme successeur, son adjoint,
Ismet Inönu, battu aux élections de 1950.
Depuis, le régime oscille dans la violence d’un coup
d’Etat militaire à un autre, le dernier datant de
1997. Le nationalisme est prôné par tous les partis.
L’islam a progressivement repris sa place, de sorte que la
Turquie est un Etat musulman à 99%, le nombre des
chrétiens n’atteignant pas 100.000. La
laïcité turque, reconnue par Bruxelles,
n’existe pas. L’actuel chef du gouvernement, Erdogan,
a fait ses études dans un lycée religieux, sa femme
et ses filles sont voilées. Il parle haut et fort dans les
négociations internationales et se joue de ses
interlocuteurs européens.
Que veut donc la Turquie ? En termes médiocres avec ses
voisins musulmans (Iran, Kurdistan irakien, Syrie) et
exécrables, par sa faute, avec l’Arménie,
elle se sent isolée. Toutefois, elle appartient à
l’OTAN et est soutenue par les Etats-Unis. Du point de vue
économique, l’union douanière avec
l’Europe lui apporte des avantages substantiels.
Néanmoins, elle s’obstine à vouloir entrer
dans l’Union européenne. Comme elle serait, avec
bientôt 80 millions d’habitants, le peuple le plus
nombreux d’Europe, on peut penser que son principal souci
consiste à récupérer – et
au-delà – les territoires jadis perdus. A nous de
l’en empêcher.
Pourquoi la Turquie
n’a pas sa place en Europe !
Par Constance
Rebat, journaliste.
LES PÈRES fondateurs de l’Europe, de Bernard de
Clairvaux à Schumann et Monnet, ont toujours eu une vision
occidentale de l’Europe. L’hellénisme, en
Turquie, a disparu après cinq siècles
d’islamisation. Les chrétiens de Turquie ont
été éradiqués à partir de
1453. Le génocide arménien s’est
couplé avec l’extermination des chrétiens
assyro-chaldéens. Les chrétiens
d’aujourd’hui sont persécutés et soumis
à l’islam.
Excepté Istanbul et la Thrace, la Turquie n’est pas
plus européenne par sa géographie que par ses
moeurs : endogamie clanique, crimes d’honneurs, statut des
femmes anatoliennes ou discriminations ethniques et
religieuses… Les Turcs eux-mêmes s’identifient
à un peuple asiatique. Les territoires «
européens » de la Turquie sont des terres prises
à l’Europe dans le cadre de guerres de
conquêtes. Sous l’Empire ottoman, comme avec le
Traité de Lausanne en 1923, puis, après 1945, en
profitant de la doctrine Kissinger visant à refouler
l’expansion soviétique, la Turquie s’est
toujours imposée par la force aux Européens.
L’Etat turc entretient 90.000 imams et des milliers de
mosquées, 70 % des femmes y sont voilées, on y
mentionne les religions sur les cartes d’identité.
La fonction publique et militaire est interdite aux non-musulmans
! L’héritage kémaliste est aujourd’hui
perçu comme dictatorial et rejeté.
L’islamisation est volontaire. Que se passera-t-il en cas
d’entrée de la Turquie en Europe ? A
l’extérieur, les frontières de l’U.E.
seront déstabilisées. Outre les trafics de drogue,
d’armes et d’immigrés clandestins dont elle
est une plaque tournante, la Turquie importera tous ses conflits
internationaux liés à l’eau, aux
frontières, aux minorités ethniques, etc…
L’U.E. deviendra voisine de pays tels que l’Iran,
l’Irak, la Syrie, la Géorgie (voisine de la
Tchétchénie) ou l’Azerbaïdjan…
autant dire que l’intégralité de
l’islamo-terrorisme mondial frappera à nos portes !
L’U.E. n’est pas en mesure de sécuriser ses
frontières face à de telles menaces.
A l’intérieur, l’entrée de la Turquie
déstabilisera nos institutions. Les zones rurales
d’Anatolie nécessitent 20 milliards d’euros de
subvention (Fonds structurels européens) pour commencer
à s’adapter aux normes européennes.
C’est autant que l’ensemble des nouveaux pays
membres. L’entrée de la Turquie en Europe provoquera
des troubles sociaux liés aux communautarismes. Les masses
paysannes d’Anatolie rejoindront les ghettos turcs
d’Allemagne ou d’Alsace avant de se répandre
partout en Europe. L’islamisme endogame turc
s’étendra au nom du droit des minorités
protégées par le lobby islamiste turc, très
puissant à Bruxelles, grâce à divers projets
européens (Euroméditerranée, fondation
Analint, etc…)
Enfin, la Turquie deviendra l’Etat
prépondérant de l’U.E. dès 2020 :
Ankara disposera de 100 députés turcs
majoritairement islamistes au Parlement européen (contre
72 pour la France et 98 pour l’Allemagne). Elle sera la
première puissance militaire et démographique de
l’Union (100 millions d’habitants et 850.000
soldats). Bref, la Turquie, qui milite activement à
Bruxelles pour intégrer l’U.E., constitue une menace
pour la survie de la civilisation européenne.
|