De multiples arrestations d’islamistes français,
ou résidant en France, inquiètent les services
spéciaux, contraints de trouver sans cesse de nouvelles
parades pour contrer le risque terroriste présent sur
notre territoire. Nul ne peut plus nier que le regroupement
familial, l’ouverture incontrôlée des
frontières à des flux d’immigrés
toujours plus importants et l’attribution
généralisée de la nationalité
française, ont favorisé l’émergence
d’une véritable cinquième colonne
islamiste.
« Maintenant que vous avez choisi Sarkozy, le croisé
et le sioniste assoiffé du sang des enfants, des femmes et
des vieillards musulmans (...), nous vous avertissons que les
prochains jours verront une campagne djihadiste sanglante dans la
capitale de Sarkozy ». Le message, diffusé sur
Internet, est signé des « Brigades Abou Hafs
al-Masri, brigade d'Europe », se réclamant d'Al-
Qaïda. Ce groupe islamiste avait revendiqué les
attentats de Londres (7 juillet 2005), de Madrid (11 mars 2004),
ainsi que le double attentat d'Istanbul (novembre 2003). Mais il
avait également prétendu être à
l'origine de pannes de courant aux Etats- Unis… qui
n’étaient en réalité que de simples
incidents techniques.
En ce qui concerne la France, l'authenticité du
communiqué n’a pas été établie.
Mais des sources proches de la DST affirment que là
n’est pas le problème : même lancé par
des inconscients, l’appel au terrorisme peut parfaitement
être entendu par des islamistes «
autoradicalisés », qui passeront à
l’acte ou tenteront de le faire. La menace est
d’autant plus grande que de nombreux musulmans
extrémistes vivent en France de manière
parfaitement légale, lorsqu’ils ne sont pas tout
simplement Français ! Depuis de longs mois, les services
antiterroristes assistent à la naissance d’«
un phénomène de génération
spontanée d'islamistes radicaux, réservoir
potentiel pour les terroristes ». Le terrorisme islamiste
est comparable à un cancer, dont les médias
traditionnels et Internet favoriseraient la métastase.
Des sources proches du bureau de la Lutte antiterroriste nous
apprennent que « le profil des recrues est en mutation
». Les terroristes islamistes potentiels sont « de
plus en plus sans engagement religieux ou politique marquant, le
plus souvent inconnus, du moins non répertoriés
comme djihadistes ».
Pour faire face à cette islamisation « individuelle
» et radicale des musulmans vivant en France, les
Renseignements généraux (RG) ont
étudié, à travers deux rapports, « le
profil et la détection des cellules djihadistes
».
Face à un ennemi coupé des réseaux «
habituels » du terrorisme, ils ont trouvé la seule
parade possible : la « détection
précoce ».
Pour ce faire, les RG révèlent que des «
actions de sensibilisation au phénomène de
l'islamisme ont été menées en direction
d'autres services de sécurité intérieure
comme la police aux frontières ou la
sécurité publique, mais aussi dans les
administrations - prisons, hôpitaux publics ».
Un « partenariat avec le monde de l'entreprise » a
également été mis en route. Selon les
rapports, il importe de fournir à chacun « un savoir
minimum en matière de détection d'indices
manifestes (activités, attitudes, langages) dans la
délinquance de droit commun », qui fourniront
« des éléments culturels et linguistiques
caractéristiques permettant d'alerter les services
spécialisés ».
Les extrémistes sont comme des poissons dans
l’eau
Enfin, l'identification de signaux simples, tels les
prières sauvages au sein de l’entreprise ; ou
« le changement de comportement avec les femmes »
permet « l'identification d'individus pouvant basculer dans
la radicalisation ».
Selon des sources proches des RG et du Bureau de la Lutte
Antiterroriste, de nombreux islamistes potentiellement dangereux
sont arrêtés chaque année sur notre
territoire, comme les trois djihadistes tourangeaux partis en
Irak en novembre 2006, (voir VdF n° 92) ou le reste de leur
groupe, interpellé en janvier 2007 ; ou encore ce musulman
interpellé à Nancy le 2 mai, alors qu’il
préparait des attentats sur notre sol (voir
encadré). Rappelons également que la DST vient de
révéler la neutralisation jusqu’alors tenue
secrète, en 2006, à Paris, d’une cellule du
Groupe salafiste pour la prédication et le combat (le GSPC
algérien).
Les services spéciaux avaient alors arrêté
plusieurs islamistes d’Ile-de-France, directement
liés au GSPC qui, depuis notre pays, envoyaient du
matériel et des vêtements pour les maquis
terroristes. Ils constituaient également une structure
d'accueil en France pour les responsables ou les commandos du
groupe.
De fait, à l’heure où le terrorisme menace la
France, il est indéniable que le regroupement familial,
l’ouverture incontrôlée des frontières
à des flux d’immigrés toujours plus
importants et l’attribution
généralisée de la nationalité
française ont favorisé l’émergence
d’une véritable cinquième colonne
islamiste.
Désormais, les récriminations d’islamistes
parlant depuis le Pakistan, l’Indonésie
l’Arabie saoudite ou de n’importe quel pays musulman
peuvent être relayées par des actes violents sur
notre territoire. L’immigration massive a fourni à
l’islamisme des bataillons pour agir directement en France
et tenter d’orienter, par la menace des attentats, aussi
bien notre diplomatie que notre vie politique.
Pour l’instant, les services de lutte antiterroristes de la
police et de la gendarmerie font face et ont toujours
réussi à arrêter à temps les nombreux
extrémistes, qui vivent chez nous comme des poissons dans
l’eau.
Frédéric Petit
Un terroriste
islamiste arrêté à Nancy
Le
Franco-Algérien Kamel Bouchentouf, âgé de 34
ans, marié et père de trois enfants, a
été arrêté le 2 mai dernier à
Nancy alors qu’il préparait, selon Le Figaro du 4
mai, des attentats dans la ville. Il a été mis en
examen et écroué le 5 mai pour « association
de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste »
et « confection d'un engin explosif ».
Né à Mont-Saint-Martin (Meurthe-et-Moselle), et
installé à Nancy depuis 1999, Kamel Bouchentouf a
avoué qu'il avait pour objectif l'annexe du consulat
américain au Luxembourg, le 13e régiment de dragons
parachutistes de Dieuze (l'un des régiments d'élite
de l'armée française) mais aussi la
préfecture de Meurthe-et-Moselle et un restaurant
McDonald's !
Il a avoué s’être livré, en 2006,
à des tests d'explosif dans la forêt de Haye, un
domaine forestier d'environ 10.000 hectares.
Bouchentouf était en contact Internet avec des militants
du GSPC, devenu « al-Qaida au Maghreb islamique ».
Par leur biais, il a pris des contacts, ces dernières
années, avec des groupes islamistes à Londres, en
Algérie et au Liban.
Les terroristes l’avaient à la fois
endoctriné et formé à la communication : il
souhaitait se filmer en promenade dans des lieux publics,
équipé d’un sac à dos lesté
d'un engin explosif, pour prouver sa détermination et sa
capacité de nuisance… avant, éventuellement,
de se faire exploser.
A son domicile, les services antiterroristes ont trouvé
des bonbonnes de gaz, un extincteur vide et de la documentation
sur les armes et la fabrication de bombes artisanales.
Les conclusions à tirer de ce fait sont alarmantes.
Bouchentouf était l’un de ces nombreux islamistes
d’origine immigrée, nationalisé
français, qui fomentait, dans notre pays, un complot
isolé avec ses propres moyens. Ce qui est bien plus
dangereux qu’un attentat organisé avec le soutien
d’un réseau terroriste, forcément moins
difficile à détecter.
Même si, selon la police, ces fanatiques ne sont
qu’une minorité, ils n’en représentent
pas moins un danger mortel. Et si les islamistes
décidés à passer à l’acte sont
peu nombreux, gageons que la masse des moins
déterminés leur apporte tout de même un
milieu sociologique où évoluer en
sécurité, une approbation morale, voire un soutien
actif.
F.P
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