Au fil des
derniers mois, Voix des Français a demandé à
un certain nombre de personnalités de droite connues pour
leur attachement à la France ce qu’elles pensaient
de Nicolas Sarkozy et de son action. Voici ce qu’ils nous
ont répondu.
Philippe de Villiers :
“Sarkozy poursuit le travail de sape entamé par
Mitterrand et Chirac…”
 Philippe de Villiers, président du MPF
« Ce qui me frappe plus que tout, c’est que chaque
jour, de renoncements en repentances, d’idéalisme
imbécile en apaisement inconscient, c’est un petit
bout de terrain qui est perdu par la République et
gagné par les tenants de la société
multiculturelle, par nature multiconflictuelle. Or le tonitruant
Sarkozy poursuit en fait méthodiquement le travail de sape
entamé par Mitterrand et Chirac… Vous avez dit
rupture? Au-delà du choix de quelques formules
médiatisées et sans lendemain, il n’y en aura
pas, bien au contraire. [...] Je suis persuadé que, dans
une logique de simple ambition personnelle, il se prépare
à gérer cette « France d’après
» qu’il évoque, la France d’après
les Français en quelque sorte ! La logique Sarkozy est une
logique purement comptable : tant de musulmans présents
sur notre sol = tant de mosquées = tant de quotas. Dans
cet esprit, la création artificielle du Conseil
français du culte musulman est irresponsable, et
scandaleuse la mise en place d’une procédure
détournée d’aide de l’État au
financement des mosquées par la Caisse des
dépôts. Ouvrons les yeux, comprenons l’esprit
et la lettre du Coran et de la Sunna : l’Oumma
supérieure à toute nation, les interdits, la
charia, la mort pour l’apostat, le djihad sont
inséparables de l’islam. Il ne peut donc y avoir un
islam de France, car l’islam est incompatible avec la
République, notre culture, nos valeurs fondamentales.
Chaque jour un peu plus, ce n’est d’ailleurs pas
l’islam qui s’adapte à la France, c’est
la France qui s’adapte à l’islam, n’en
déplaise aux naïfs. (...) Sa « discrimination
positive » s’inscrit dans le prolongement de la
politique de la ville, conduite en pure perte depuis plus de dix
ans. Par ces mesures, on cherche à acheter la paix
sociale, à négocier les conditions d’un ordre
précaire : on veut gagner du temps. Mais le temps joue
contre nous. Parce que la natalité française est en
fait très faible et que nos politiques sont très
lâches, tandis que le peuple français est
soigneusement bâillonné par le politiquement correct
et un incroyable arsenal judiciaire… »
Nicolas Bay :
“Pire qu’impuissante, la politique de Sarkozy est
néfaste !”
 Nicolas Bay, membre du bureau executif du MNR
« Durant le quinquennat qui vient de
s’écouler, M. Sarkozy a été ministre
de l’Intérieur pendant près de quatre ans.
À ce titre, il était en charge des questions
migratoires et son bilan dans ce domaine est tout simplement
calamiteux ! […] Sarkozy souhaite incarner la rupture
politique. Étant au pouvoir depuis cinq ans sans
discontinuité, la rupture qu’il préconise ne
peut se faire qu’avec lui-même et avec la politique
qu’il a menée. En effet, depuis 2002, Sarkozy
n’a cessé d’aggraver la situation de la France
en faisant adopter des lois nouvelles favorisant
l’islamisation de notre pays et désarmant les
pouvoirs publics face à la délinquance
étrangère. En particulier, c’est lui qui a
créé le Conseil français du culte musulman,
lequel a permis à l’islam radical d’être
reconnu institutionnellement. C’est également lui
qui a supprimé la prétendue "double peine" qui
permettait l’expulsion, une fois leur peine purgée,
des étrangers coupables de crimes ou de délits.
C’est encore lui qui souhaite l’application de la
discrimination dite "positive" , présentation pudique
d’une véritable préférence
étrangère pour l’accès au logement,
à l’emploi, à l’enseignement et aux
aides sociales. Lorsque l’on dit que la politique de de
Sarkozy est impuissante à conjurer les graves dangers que
recèle l’immigration massive, on est encore trop
gentil. En réalité, la politique de M. Sarkozy
n’est pas impuissante : elle est carrément
néfaste. »
Bruno Gollnisch :
“Malgré ses discours, M. Sarkozy a promu la
discrimination positive, c’est à dire la
préférence étrangère, et
prôné le droit de vote des
immigrés…”
 Bruno Gollnisch, délégué général du FN
« Malgré ses discours prétendus
musclés sur l’immigration, M. Sarkozy restera le
ministre qui a supprimé la “double peine”,
promu la discrimination positive, c’est à dire la
préférence étrangère,
prôné le droit de vote des immigrés... En
tant que Ministre des Cultes, il est celui qui a
institutionnalisé et organisé l’Islam en
France, et donné un statut à ses tendances les plus
radicales. Les “solutions” de M. Sarkozy n’en
sont pas. Le problème n’est pas de maîtriser,
ou de faire semblant de maîtriser, les flux
d’immigration. Il est de les inverser. Contrôler les
frontières, instaurer la préférence
nationale, réformer le code de nationalité,
expulser les clandestins et les criminels étrangers,
organiser le retour des immigrés légaux non
européens dans leur pays d’origine, avoir une
véritable politique de développement pour fixer les
populations... voilà les pistes que préconise le
Front National depuis des années. L’immigration dite
“choisie” ne se substituera pas à
l’immigration “subie”, légale ou
clandestine. Elle s’y ajoutera. Pour trois raisons. Un :
rien dans la loi ne met fin aux deux principales causes de
l’immigration légale que sont le mariage avec un
Français (en augmentation exponentielle) et le
regroupement familial, ou n’organise vraiment la lutte
contre l’immigration clandestine. Deux : le pillage des
élites du tiers monde portera un grave préjudice au
développement de ces pays et sera donc un facteur
aggravant de l’immigration en général. Trois
: la France sera confrontée à une immigration
“intra-européenne” de non-Européens
admis comme résidents dans l’un des 24 autres Etats
membres et qui pourront venir vivre sur son sol au nom de la
liberté de circulation et d’installation des
personnes. Les 700.000 clandestins régularisés en
Italie ou les 600.000 d’Espagne auront ce droit.
»
Jean-François
Touzé : “Le ministère de l’Immigration
de Sarkozy n’est qu’un gadget électoral
!”
 Jean-François Touzé, membre du bureau politique du FN
« En annonçant son intention de créer,
s’il était élu, un ministère de
l’Immigration et de l’identité nationale,
Nicolas Sarkozy a eu - au-delà du simple calcul visant
à séduire l’électorat lepéniste
- un mérite: celui de poser le problème de
l’immigration. Immigration dont les effets se font sentir
dans les proportions que l’on sait, et qui a pour
conséquence la destruction lente, progressive, mais
inéluctable, de ce qui, de siècle en siècle,
a construit notre civilisation et qu’il faut bien appeler
l’identité nationale. Si Nicolas Sarkozy a pu, par
la force évocatrice de l’association
Immigration/Identité le rappeler, nous ne nous en
plaindrons pas. Le caractère artificiel de la proposition
ne peut pourtant pas être ignoré. Ce
ministère spécifiquement consacré à
l’Identité supposerait un travail
interministériel constant, dans la mesure où
l’identité relève aussi bien de
l’Education nationale, des Anciens combattants, de la
Défense nationale, des Affaires étrangères,
de la Famille, de la Culture, etc. La gestion des flux
migratoires et de leur contrôle appartient au
ministère de l’Intérieur. On voit bien
l’inutilité d’une nouvelle structure
ministérielle dont l’évocation appartient,
à l’évidence, au domaine du gadget. Une
question se pose enfin : pourquoi Nicolas Sarkozy, aux affaires
depuis cinq ans, ferait-il demain ce qu’il n’a pas
fait jusqu’à maintenant ? Il n’est pas
question de nier ici les contraintes qui sont celles d’un
ministre, fût-il d’Etat, qui ne dispose certes pas de
la liberté d’agir à sa guise. Mais tout de
même… Le Nicolas Sarkozy qui veut défendre
l’Identité nationale face à
l’immigration est-il si différent de celui qui se
déclarait, il y a deux ans, partisan du droit de vote des
immigrés ? Du ministre de l’intérieur qui
donnait les clés de la représentation musulmane en
France aux islamistes radicaux et salafistes de l’UOIF, et
vantait les mérites de la discrimination positive ? De la
même façon que la guerre est une affaire trop
sérieuse pour être confiée aux militaires, le
sort de la France - et singulièrement pour ce qui est de
son identité - ne peut être confiée à
ceux qui, depuis trente ans, l’ont amenée au bord du
gouffre. Le système agonise. Il est urgent de créer
les conditions de la reconstruction nationale par la mise en
oeuvre d’une vraie politique de Salut public. La simple
“rupture” dans la continuité ne peut y
suffire. » |