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Le député européen du Front National
vient de révéler que le projet de loi Sarkozy sur
l’immigration consistait pour l’essentiel en une
transposition en droit français de directives
européennes.
- À propos de son projet de loi sur
l’immigration, M. Sarkozy évoquait des mesures
“originales, novatrices et personnelles”. De votre
côté, vous affirmez, au contraire, qu’elles
sont, à 85 %, la transposition en droit français de
directives européennes. Comment étayez-vous ce
jugement ?
- Il suffit de lire l’exposé des motifs de la loi,
et de consulter le site Internet de la Commission
européenne. On découvre que pas moins de six
directives européennes (1) sont citées comme
justifiant bon nombre d’articles et que la loi anticipe
même sur des textes en préparation, sur les
travailleurs hautement qualifiés, les travailleurs
saisonniers, les personnes transférées au sein de
leur entreprise ou encore les stagiaires
rémunérés. On retrouve tous ces sujets dans
le texte de M. Sarkozy, avec la carte « compétences
et talent », la nouvelle carte pour les travailleurs
saisonniers, etc... Tout cela fait partie de
l’harmonisation législative découlant des
grandes orientations en matière d’immigration
définies par les Conseils européens de Tampere en
1999 et de La Haye en 2004, dont certaines modalités sont
précisées dans le livre vert et le programme
d’action de la Commission sur l’immigration
économique. Ces grandes orientations préconisaient
notamment le recours à une immigration choisie (le mot
avait été employé à
l’époque) pour suppléer aux carences du
marché du travail européen. Même le
vocabulaire du Ministre de l’Intérieur est
emprunté à Bruxelles.
- Cette parenté européenne du projet de loi
Sarkozy suffit-elle cependant à le condamner ?
Partagez-vous le jugement de ceux qui estiment que la loi Sarkozy
constitue « un petit pas dans la bonne direction »
?
- Cette parenté européenne est effectivement un
mauvais point, puisqu’elle prouve que la France n’est
plus souveraine dans ce domaine pourtant vital. Mais M. Sarkozy
n’est pas prisonnier de la politique de Bruxelles. Il en
est complice. Son origine, comme son contenu, font de sa loi un
grand pas vers un gouffre béant. Ce texte va augmenter
encore une immigration pléthorique, que la France
n’a pas les moyens d’accueillir. L’immigration
dite « choisie » ne se substituera pas à
l’immigration « subie », légale ou
clandestine. Elle s’y ajoutera. Pour trois raisons. Un :
rien dans la loi ne met fin aux deux principales causes de
l’immigration légale que sont le mariage avec un
Français (en augmentation exponentielle) et le
regroupement familial, ou n’organise vraiment la lutte
contre l’immigration clandestine. Deux : le pillage des
élites du tiers monde portera un grave préjudice au
développement de ces pays et sera donc un facteur
aggravant de l’immigration en général. Trois
: la France sera confrontée à une immigration
« intra-européenne » de non-Européens
admis comme résidents dans l’un des 24 autres Etats
membres et qui pourront venir vivre sur son sol au nom de la
liberté de circulation et d’installation des
personnes. Les 700.000 clandestins régularisés en
Italie ou les 600.000 d’Espagne auront ce droit.
Enfin, je veux souligner qu’il y a quelque chose de
profondément choquant à vouloir faire venir des
travailleurs de l’étranger, choisis sur
diplômes, alors que notre pays compte six millions de
chômeurs que l’on pourrait former à occuper
les emplois qui ont du mal à être pourvus. Cela
demanderait, il est vrai, une autre vision politique que le court
terme électoraliste dans lequel vit M. Sarkozy.
- Comment expliquez-vous alors la levée de boucliers
que ce projet de loi suscite à gauche, notamment à
l’égard du concept sarkozien d’«
immigration choisie » ?
- On est dans un jeu de rôles, l’éternel
partage des tâches entre le gentil flic et le
méchant flic popularisé par le cinéma. En
criant au scandale, la gauche se refait une santé
politique sur un sujet facile. Elle tient un discours bien
rodé à base de compassionnel larmoyant, de
xénophilie militante, d’appel aux droits de
l’Homme... Du très classique. Ce faisant, elle rend
service à Sarkozy, car elle crédibilise sa loi, la
fait passer pour une loi de maîtrise de
l’immigration, ce qu’elle n’est en aucun cas.
Les acteurs du système justifient leur existence mutuelle,
chacun pensant en tirer des bénéfices
électoraux dans son propre camp.
- De façon plus globale, quel jugement portez-vous sur le
bilan de Sarkozy au ministère de l’Intérieur
? Je pense notamment à son action en tant que ministre des
Cultes…
- Un bilan négatif. En terme de sécurité, la
relative amélioration globale des statistiques a du mal
à masquer une explosion de la violence envers les
personnes et une communautarisation
accélérée de la société
française. Malgré ses discours prétendus
musclés sur l’immigration, M. Sarkozy restera le
Ministre qui a supprimé la « double peine », promu la
discrimination positive, c’est à dire la
préférence étrangère,
prôné le droit de vote des immigrés... En
tant que Ministre des Cultes, il est celui qui a
institutionnalisé et organisé l’Islam en
France, et surtout donné une visibilité et un
statut à ses tendances les plus radicales.
- Si les solutions proposées par M. Sarkozy ne sont pas
les bonnes, lesquelles défendez-vous pour résoudre
le problème de l’immigration ?
- Les « solutions » de M. Sarkozy n’en sont pas.
Le problème n’est pas de maîtriser, ou de
faire semblant de maîtriser, les flux d’immigration.
Il est de les inverser. Contrôler les frontières,
instaurer la préférence nationale, réformer
le code de nationalité, expulser les clandestins et les
criminels étrangers, organiser le retour des
immigrés légaux non européens dans leur pays
d’origine, avoir une véritable politique de
développement pour fixer les populations... voilà
les pistes que préconise le Front National depuis des
années.
Propos recueillis par Xavier Van Lierde
(1) Directive 2003/86/CE du 22 septembre 2003 sur le
regroupement familial, directive 2003/109/CE du 25 novembre 2003
sur le statut des résidents de longue durée,
directive 2004/38/CE du 29 avril 2004 sur la liberté de
circulation et de séjour des ressortissants de
l’Union Européenne dans tous les Etats membres,
directive 2004/81/CE du 29 avril 2004 sur les titres de
séjour délivrés aux ressortissants de pays
tiers qui sont victimes de la traite des êtres humains ou
ont fait l’objet d’une aide à
l’immigration clandestine et qui coopèrent avec les
autorités compétentes, directive 2005/71/CE du 12
octobre 2005 sur les procédures d’admission
spécifique pour les chercheurs, directive 2005/85/CE du
1er décembre 2005 sur l’octroi et le statut de
réfugié. Retour au texte
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