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Je lis ici et là que la nouvelle loi
sur l’immigration serait “un petit pas dans la bonne
direction”. Ce jugement témoigne d’une
profonde incompréhension de ce qui est en jeu. Certes, la
loi Sarkozy contient quelques mesures qui atténuent
certains abus à la marge. Par exemple,
l’immigré devra attendre dix-huit mois, au lieu de
douze, pour avoir droit au regroupement familial… Immense
progrès ! L’essentiel est ailleurs.
L’essentiel, c’est que l’actuel ministre de
l’Intérieur obtient enfin la relance de
l’immigration qu’il appelle de ses voeux depuis
2002.
La relance de l’immigration
Un rappel historique s’impose. En
1974, le président Giscard d’Estaing avait
décidé l’arrêt de l’immigration.
Bien entendu, cette interdiction de principe a connu de multiples
exceptions, dont le regroupement familial, de sorte que
l’immigration, théoriquement prohibée,
s’est poursuivie à la cadence annuelle de plus de
100.000 entrées légales, sans compter les
illégales. Mais elle demeurait officiellement
arrêtée, et la gauche elle-même
n’était pas revenue sur le principe. Dès
2002, cependant, le nouveau ministre de l’Intérieur
a demandé la relance de l’immigration, se montrant
ainsi plus à gauche que la gauche. Pour autant, il
n’avait pas encore reçu les moyens juridiques
d’augmenter délibérément le flux des
immigrants. La nouvelle loi les lui donne.
La rhétorique fallacieuse de Sarkozy nous assure que nous
allons passer d’une immigration “subie”
à une immigration “choisie”. Or, la loi ne
prévoit rien de sérieux pour empêcher cette
immigration que nous subissons depuis trente ans. De plus, le
petit Nicolas ouvre des voies d’eau supplémentaires
dans la coque du navire “France”, en créant de
nouveaux titres de séjour, pour les étudiants et
les travailleurs qualifiés. Il est évident que son
immigration “choisie” va s’ajouter à
l’immigration “subie”, et qu’elle ne la
remplacera pas. Et c’est bien dans cette perspective que le
gouvernement présentera désormais des
“objectifs quantitatifs pluriannuels” en
matière d’immigration.
Une intention perverse
Plus grave encore, la notion
d’immigration “choisie”, une fois
décodée, signifie que l’on veut installer un
flot d’immigrés inassimilés aux postes de
commande de la société française ; elle va
de pair avec la discrimination anti-nationale, dite
“positive”, préconisée par Sarkozy, qui
consiste à favoriser les allogènes, dans le
déroulement de leur carrière, par rapport aux
Français de souche, en violation du principe
républicain de l’égalité des droits.
Ainsi, la loi Sarkozy relève d’une intention
perverse : la transformation d’une nation unitaire en
société multiculturelle.
Inutile de gloser sur les cris d’orfraie poussés par
les organisations immigrationnistes. Ne soyons pas dupes de ce
jeu de rôles. Le M.R.A.P. trouve évidemment que
l’on n’en fait jamais assez en faveur de
l’immigration… On peut aussi soupçonner
l’extrême gauche de machiavélisme ; en
attaquant le projet Sarkozy, elle fait accroire aux braves
électeurs de droite qu’il n’est pas ce
qu’il est réellement : un grand pas dans la mauvaise
direction.
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