Comment
peut-on se dire de droite et réclamer le droit de vote
pour les immigrés ? C’est pourtant cet incroyable
paradoxe qu’a tenté Nicolas Sarkozy. Ce dernier
emploie volontiers un langage pugnace, en disant qu’il faut
“nettoyer les cités au Kärcher” et
pratiquer la “tolérance zéro” envers
les “racailles”. Ce ne sont, hélas, que des
mots.
Le double langage de Sarkozy
D’une part, sa politique est, en réalité,
inefficace et laxiste : depuis près de quatre ans
qu’il est chargé de l’immigration comme
ministre de l’Intérieur, la situation n’a
jamais été aussi mauvaise dans les banlieues, comme
l’ont démontré les émeutes ethniques
d’octobrenovembre 2005. D’autre part, quand il
s’exprime dans un journal de gauche, Sarkozy
n’hésite pas à faire une profession de foi
immigrationniste, comme dans Libération, le 23
décembre 2005 [voir le n° 80 de La Voix des
Français].
Sur la question de l’immigration, Sarkozy tient en
permanence un double langage. Quelle est la vérité
du personnage ? Si l’on en juge, objectivement,
d’après les décisions qu’il a prises et
les propositions qu’il a faites, force est de
reconnaître qu’il est plus à gauche que la
gauche, dans ce domaine. Pour que chacun puisse en juger par
lui-même, nous récapitulons ici ce que l’on
peut appeler “les sept péchés capitaux de
Sarkozy sur l’immigration”
1. Relance de l’immigration
L’immigration était officiellement
arrêtée depuis 1974. Les gouvernements de gauche
n’étaient eux-mêmes jamais revenus sur ce
principe, qui connaissait, hélas, bien des exceptions.
Cependant, arrivé au ministère de
l’Intérieur en juin 2002, Sarkozy s’est
empressé de proclamer que la France avait besoin
d’immigration, en condamnant la politique de
l’“immigration zéro”. Puis il a
proposé des “quotas” d’immigrés.
Et quand il parle, aujourd’hui, d’une
“immigration choisie”, il faut comprendre qu’il
a choisi d’accepter toujours plus d’immigration !
2. Faiblesse à
l’égard de l’immigration
illégale
Trouvant que le gouvernement socialiste de Lionel Jospin avait
été trop sévère à
l’égard des immigrés illégaux,
qu’il appelle des “sans-papiers”, il a
multiplié, en 2002, les circulaires aux préfets
pour leur demander d’être toujours plus complaisants.
En particulier, pour fermer Sangatte, il a accordé un
titre de séjour en France à tous les
immigrés illégaux de ce centre qui ne
réussissaient pas à entrer en Angleterre ! Plus
récemment, il a pris “la décision lourde
(sic) d'arrêter les expulsions [des immigrés
illégaux] durant l'année scolaire” pour les
enfants qui vont à l’école, et pour leurs
parents.
3. Aide à l’islamisation de
la France
Il a favorisé l’installation de l’islam en
France et son institutionnalisation, en créant un
“conseil français du culte musulman”, et il a
officiellement reconnu, à cette occasion, une organisation
proche des “Frères musulmans”,
l’U.O.I.F..
4. Hostilité au droit du
sang
Le droit du sang, ou principe de filiation, le révulse :
ignorant que c’est la base du droit de la
nationalité en vigueur dans notre pays depuis deux
siècles, il suggère que c’est un principe
raciste et se dit, en revanche, “très attaché
à la notion de droit du sol”. Or, le droit du sang
(jus sanguinis) figure actuellement à l’article 18
du code civil : “Est Français l'enfant,
légitime ou naturel, dont l'un des parents au moins est
Français” (in chapitre II - “De la
nationalité française d'origine” - Section I
- Des Français par filiation” ; cf. l’article
10 du code civil de 1804, disposition en vigueur le 18 mars 1803
: “Tout enfant né d'un Français en pays
étranger, est Français.”). A ceux qui
s’étonneraient qu’un ministre de
l’Intérieur puisse ignorer le b.a.-ba du droit de la
nationalité, nous conseillerions de se procurer un
enregistrement de l’émission “Cent minutes
pour convaincre”, sur France 2, le 9 décembre
2002.
5. Abrogation de la prétendue
“double peine”
Il a empêché l’expulsion hors de France des
criminels et délinquants étrangers à
l’issue de leur peine de prison en faisant voter une loi
qui leur attribue un droit de séjour perpétuel en
France, sous prétexte de leur épargner une
prétendue “double peine”. Il a ainsi satisfait
une revendication de l’extrême gauche
(relayée, au sein de la majorité, par le
maire-député UMP de Versailles, Etienne Pinte).
6. Droit de vote des
immigrés
Sarkozy s’était prononcé, dès 2001,
pour le droit de vote des immigrés, dans son livre Libre.
Il a récidivé en 2005, dans une déclaration,
trop vite oubliée, qui a suscité, sur le moment,
une émotion légitime, à droite.
7. Discrimination
“positive”
Sarkozy s’est prononcé pour la discrimination
antinationale en faveur des immigrés, qu’il qualifie
de “positive”. Il s’agit de donner aux
immigrés des droits et des avantages particuliers, dont
seraient privés les Français de souche. Cette
proposition, d’une extrême gravité, est en
totale contradiction avec les fondements de la République,
puisqu’elle viole le principe d’égalité
qui figure à l’article 1er de la déclaration
des droits de l’homme et du citoyen du 26 août
1789.
Conclusion
On peut porter un jugement différent du nôtre sur
ces “sept péchés capitaux de Nicolas
Sarkozy”, on peut même y voir “sept vertus
cardinales”, si l’on a de la France une vision
opposée à la nôtre, mais les faits sont
là. Ils ne sont ni contestables ni contestés.
Sarkozy utilise des “mots-paravents” (comme
“racailles” et “Kärcher”) pour
abuser les électeurs de droite, mais ce qu’il fait,
comme simple ministre, ou, pis encore, ce qu’il a
l’intention de faire, en tant que candidat à la
magistrature suprême, est parfaitement incompatible avec
l’unité de la nation et les principes de la
République. Il est difficile d’imaginer un
écart plus grand entre ce que Sarkozy prétend
être, quand il s’adresse aux électeurs de
droite, et ce qu’il est, en réalité, dans son
action politique. Il faut donc se rendre à
l’évidence : Sarkozy est un imposteur. Sarkozy
l’imposteur devrait méditer cette réflexion
d’Abraham Lincoln : “On ne peut pas mentir à
tout le monde tout le temps.”
Dossier réalisé par François d'Orgeville et
la rédaction de La Voix des Français |