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Chrétiens, nous sommes, par principe
fondamental, opposés à tout procédé
de dérision, à toute insulte, à tout mépris, à
l’égard des personnes et des symboles
sacrés des autres religions, conscients que ce
n’est pas ainsi que l’on peut leur faire
découvrir l’amour et la charité du Christ.
Les caricaturistes de Mahomet n’avaient
certainement pas ce souci. Mais l’immense
déferlement de l’indignation islamique, les
approbations qu’il rencontre, les
amalgames, les haines, les violences qu’ils
suscitent sont inacceptables.
2 Pour les chrétiens, le Christ est Dieu.
Lorsque le journal Libération a publié en
juillet 2005 le misérable dessin de Willem
présentant le Christ sur la croix affublé d’un
préservatif, la seule, l’unique réaction a été
celle que j’ai conduite devant les Tribunaux
en tant que président de l’AGRIF.
Le Tribunal de Paris a débouté l’AGRIF, en
novembre 2005, au nom du droit au
blasphème. Je n’avais prononcé aucune
fatwa contre Willem et Libération, ni appelé,
pas plus en ce cas que dans d’autres, à
quelque violence que ce soit. Des
manifestations pacifiques eussent cependant
été légitimes, ne serait-ce que pour inviter au
respect des chrétiens, sans qu’il soit d’ailleurs
même utile de considérer qu’ils constituent la
majorité de notre peuple.
Ni le Cardinal Barbarin, ni les évêques de
France n’ont protesté contre ce dessin
rappelant les heures les plus noires des
moments de persécution antichrétienne qui,
dans le seul vingtième siècle, ont envoyé au
martyre et à la mort des dizaines de millions
de croyants. Les dignitaires juifs et
musulmans n’ont pas protesté non plus,
même pas au nom du respect de la dignité
humaine, ni en raison de leur attachement
au dialogue inter-religieux.
On n’a, bien sûr, nulle part dans le monde
vu se former la moindre esquisse de coalition
d’Etats indignés. Sans doute même les
responsables de la revue de presse de la
Nonciature à Paris n’avaient-ils pas jugé bon
d’informer le Vatican ? Il est vrai que,
comme l’a dit M. Douste-Blazy, les chrétiens,
eux, sont “habitués” (sic). Habitués en effet,
presque tous, à supporter sans mot dire tout
ce qui ne les atteint pas dans leur confort,
dans leur quiétude, dans leur tiédeur.
Les musulmans, eux, ne réagissent pas de
même. Sans doute, le droit à la différence…
3 Pourtant pour les musulmans, le
prophète Mahomet n’est qu’un homme.
Allah dans le Coran ne l’invite-t-il pas à s’en
souvenir : “Dis : je ne suis qu’un humain
comme vous” (Sourate XVIII-110 et XLI-6).
Voilà pourquoi, respectant cela, l’islam ne
veut généralement pas d’images du
Prophète, de crainte qu’on ne finisse par les
adorer. On conviendra que les caricatures danoises n’entraînent sans doute pas un tel
risque ! Bien sûr, Mahomet n’est qu’un
homme, mais pas n’importe quel homme !
Comme Moïse, il est un prophète qui n’a
guère hésité à exterminer ses ennemis et les
incrédules. Dire cela est totalement
islamiquement correct, conforme à ce que les
musulmans apprennent dans les livres
majeurs que sont le Hadith et la Sira, la
biographie du Prophète écrite par leurs
historiens principaux, Ibn Ishaq et Al Tabari.
Ce ne sont pas des caricaturistes danois
athées, ni des chrétiens hostiles, qui le
décrivent, guerroyant, massacrant,
s’emparant du butin matériel et humain,
mais, encore une fois, Ibn Ishaq et Al Tabari.
Ainsi, Mahomet dirige, à Médine,
l’égorgement de tous les hommes de la tribu
juive des Banu Qurayzah, puis il attribue à
ses hommes les femmes et les enfants. Il
emporte pour lui une jeune femme, qu’il est
pressé de « connaître » avant même
d’arriver à la maison et qu’il va garder
comme épouse. C’est Saffiya, qui vient
d’assister à la mise à mort de son mari, de
ses frères et de son père, le rabbin de la
tribu. Alors, est-il vraiment si monstrueux, si
injurieux, si contraire à sa biographie
musulmane de dessiner le prophète un peu
sévèrement ?
Sans doute est-il historiquement faux et donc
diffamatoire de l’affubler d’une bombe.
En effet, les bombes n’existaient pas au VIIe
siècle et Mahomet et ses hommes n’utilisaient
avec efficacité que les armes blanches, tout
comme d’ailleurs les guerriers exterminateurs
de Moïse, de David, de Salomon et comme
Judith et comme Esther. Le Christ, lui, ne
mania que les cordes pour fustiger les
marchands du temple.
4
Que les musulmans n’apprécient pas les
caricatures danoises, on peut, certes,
les comprendre. Mais on ne peut pour autant
accepter les appels au meurtre, les
manifestations de haine anti-chrétienne et
anti-occidentale. Il est inadmissible que les
Etats musulmans se coalisent pour imposer
chez nous leur conception de la liberté, très
surveillée, de la presse. Et que dire de ce qui
se passe à nouveau au Liban ?
5
Au désespoir des musulmans sages et
modérés, l’islam ne manifeste-t-il pas, en
ce moment, que son idéologie est,
aujourd’hui comme hier, celle de l’oumma
(la communauté islamique) rassemblée pour
le djihad (la guerre sainte), celle du monde
divisé en « dar el islam » (le territoire de la
soumission) et « dar el harb » (le territoire de
la guerre). N’est-il pas en effet, comme le
rappelle sans cesse le très médiatique Tariq
Ramadan, un système politique et social qui
« n’entre pas vraiment dans l’acception du
mot religion » ?
6
Nous chrétiens, nous pouvons certes
admirer la ferveur et la foi des
musulmans, mais nous n’acceptons pas que
l’islam fasse demain de nous et de nos
enfants des dhimmis (sujets tolérés avec des
droits limités et des astreintes particulières),
comme c’est le cas pour tous les non-musulmans
en pays d’islam, quand on ne les
persécute pas, comme en Arabie Saoudite,
en Indonésie, au Soudan, au Nigéria et
ailleurs…
Quand donc les membres du dit Conseil
Français du Culte Musulman, qui manifestent
tous en ce moment leur totale solidarité avec
l’oumma, oseront-ils réclamer alors pour les
non-musulmans les droits et les libertés qu’ils
revendiquent si fortement en Occident ?
Bernard Antony, président de l'AGRIF.
AGRIF : Alliance Générale contre le Racisme
et pour le respect de l'Identité Française et chrétienne
Site Internet de l'AGRIF : www.agrif.fr
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