CARICATURES DE MAHOMET :
VERS UNE TYRANNIE PLANÉTAIRE ? |
Pour Andrea Massari, la volonté musulmane d’imposer ses
interdits s’articule avec la mondialisation économique anglosaxonne,
et aussi avec le triomphe du culte de la repentance pour
donner naissance à une nouvelle forme de tyrannie planétaire dont
l’Europe est la première victime désignée.
Douze caricatures publiées dans un
journal danois, le Jyllands-Posten, ont
déclenché une crise politico-médiatique de
grande ampleur. Indépendamment des
manipulations possibles de tels ou tels États
ou de tels ou tels services, celle-ci éclaire
d’un jour cru la réalité idéologique du
monde qui se dessine : une tyrannie
planétaire dont les peuples d’Europe seront
les premières victimes. Explications.
1. Un choc de civilisations
Parler de choc de civilisations n’est pas
politiquement correct. Et pourtant, c’est ce
qui ressort de la profonde incompréhension
entre les libertés danoises et le refus
musulman d’une représentation de
Mahomet. Il ne s’agit pas là d’un
épiphénomène, mais de l’opposition
multiséculaire de conceptions mentales
différentes. Au cours de ses quinze siècles
d’histoire, l’islam moyen-oriental a, peu ou
prou, toujours interdit la représentation de
la figure humaine et de la figure de Dieu ;
plus précisément, celle-ci n’a été autorisée
que sous des formes particulières (les
miniatures), durant des périodes de temps
limitées et dans des zones géographiques
extérieures au monde arabique (Inde,
Perse, Turquie).
À l’opposé de cette attitude, l’Europe
chrétienne a multiplié à l’infini les
représentations de la divinité, à travers les
images du Christ, de la Vierge, de la
Sainte Famille, des saints et même de Dieu
le Père, la peinture baroque allant même
jusqu’à lui donner la figure de Jupiter. Si
l’on prend en compte la vision du monde et
de l’homme telle qu’elle est exaltée par l’art
européen, ne faire des trois monothéismes
qu’un seul bloc est une erreur majeure, car
le christianisme, religion de l’incarnation, a
une singularité particulière. Incarnation qui
n’a jamais cessé de s’exprimer au cours de l’histoire et qui s’est aussi faite au cours des
dernières décennies et des derniers siècles
à travers le dessin humoristique et la
caricature, pas toujours de bon goût,
d’ailleurs.
A contrario, la révolte du monde musulman
contre les caricatures danoises s’inscrit
dans une longue tradition iconoclaste, dont
l’un des derniers actes majeurs fut la
destruction délibérée des grands bouddhas
de Bamiyan par le pouvoir taliban en Afghanistan, dans le but d’interdire aux
autres, non pas seulement la représentation
du prophète de l’islam, mais aussi celle de
leur propre divinité.
Max Gallo a donc raison d’écrire dans le
Figaro du 8 février 2006 : « Écartons les
hypocrites, les habiles, les aveugles qui
récusent l’évidence : il y a bien un choc de
civilisations. »
2. Un petit peuple
pris dans la tenaille
de la mondialisation
Les Danois constituent un petit peuple
profondément patriote qui a dû lutter, au
cours de l’histoire, contre de puissants
voisins – Suédois, Allemands et plus
récemment grands États européens – et qui
se trouve aujourd’hui pris dans la tenaille
d’une double mondialisation.
La mondialisation islamique, qui conduit
tout à la fois les minorités musulmanes
présentes au Danemark à remettre en cause
les règles fondamentales du pays qui les
accueille et les puissances musulmanes à
s’ingérer dans les affaires intérieures du
petit royaume nordique : c’est ainsi que les
ministres de l’Intérieur de 22 pays arabes,
réunis à Tunis le 31 janvier 2006, ont
demandé au gouvernement danois de
sanctionner la liberté d’expression des
journalistes danois.
Les dirigeants de la mondialisation libérale
anglo-saxonne ont pris, bien que le
Danemark leur ait apporté son soutien en
Irak, une position sensiblement équivalente,
Georges Bush et Tony Blair, l’un et l’autre à
la tête d’États et d’empires multiculturels,
étant soucieux de ménager leurs minorités
musulmanes chez eux (surtout pour les
Britanniques) et leurs partenaires
musulmans dans le monde (surtout pour les
Américains) ; ajoutons que, loin
d’augmenter leur liberté de manoeuvre, la
présence de troupes britanniques et
américaines en Irak et dans beaucoup
d’autres pays musulmans subordonne plus
que jamais les diplomaties anglo-saxonnes
au respect des préjugés dominants du
monde islamique.
Ce n’est pas nouveau, la collaboration
économique s’est toujours bien portée…
Ainsi le commissaire européen au
commerce Peter Mandelson a vertement
condamné les journaux qui ont publié les
caricatures danoises. Il est vrai qu’il est
dans la logique du libéralisme économique
que les règles du commerce conduisent à
prendre le plus grand compte de
l’intolérance des clients ; ainsi, les milieux
économiques danois s’inquiètent pour leurs
exportations dans le monde arabe
(pourtant très faibles), pendant que des
grandes firmes, comme Nestlé, font savoir
qu’elles ne sont pas danoises et que
Carrefour boycotte les produits danois dans
ses zones de chalandise musulmane. Ces
exemples montrent que la grande entreprise
joue davantage dans le sens du
conformisme que des libertés, tout
simplement parce que c’est son avantage
commercial. Or, ce qui, dans un monde
pluriel, pourrait s’interpréter comme un
respect des différences risque de
déboucher, dans un monde unifié,
médiatiquement parlant en tout cas, comme
un alignement sur les plus sectaires. Car, si
le client est roi, le client sectaire est plus
exigeant que le client tolérant : c’est donc
le roi des rois !
Dans ces conditions, il n’est pas surprenant
que ce soit encore de l’Europe continentale
que le Danemark ait reçu le plus de
soutien : des journaux allemands, italiens,
français, scandinaves ont publié tout ou
partie des dessins incriminés ; quant aux
gouvernements, malgré les pressions
diplomatiques, ils se sont jusqu’ici refusés à
condamner explicitement les libertés
danoises, à l’exception de celui du Vatican,
dont la critique, d’ailleurs très modérée,
s’explique vraisemblablement par la
présence en terre d’islam et – quasiment
désormais comme des otages – des
chrétiens d’Orient.
Or, dans cette affaire, les Danois sont aux
avant-postes de l’Europe pour défendre le
droit de rester soi-même face à ceux qui
préparent déjà une législation mondiale de
répression de la liberté d’expression : ainsi,
Louise Arbour, ancien procureur du tribunal
pénal international pour l’ex-Yougoslavie,
aujourd’hui commissaire pour les droits de
l’homme des Nations-Unies, fait enquêter
sur ce qu’elle appelle un « manque de
respect pour la foi ».
3. Fin des Lumières
et culte de la repentance
À bien y réfléchir, l’affaire des dessins du
Jyllands-Posten marque une rupture radicale
dans le droit des peuples et les libertés
d’opinion et d’expression. Ainsi, une nation
souveraine se voit sommée par deux
empires qui s’affrontent, l’oumma
musulmane mais aussi l’empire américain,
de changer ses règles de vie. Et pas
n’importe lesquelles de ses règles : ses
règles de liberté issues de la philosophie
des Lumières et plus fondamentalement
encore de traditions européennes
multimillénaires.
Ainsi est-il pour le moins singulier de voir
ceux qui condamnent les caricaturistes
danois leur reprocher d’avoir pratiqué
l’outrance ou manqué de tolérance.
Observons d’abord que la tolérance n’a de
sens – ce qui est oublié par le conformisme
politiquement correct – que pour les idées
ou les images qui sont susceptibles d’être
jugées choquantes par la majorité de
l’opinion ou par des minorités influentes ;
les expressions conformistes ou simplement
prudentes n’ont, elles, pas besoin de la
tolérance, puisque leur « bien-pensance »
les protège !
Observons ensuite que, dans les
jurisprudences des pays libres, les
dessinateurs de presse, les humoristes et les
caricaturistes ont toujours eu la marge de
liberté la plus grande, parce qu’il est dans
leur fonction de forcer le trait. Ainsi :
représenter Mahomet avec un cimeterre
devant deux femmes voilées, c’est peut-être
forcer le trait, mais ce n’est pas totalement
contraire à l’histoire de l’Hégire. D’un point
de vue musulman, Mahomet est le
prophète, d’un point de vue historique,
c’est un chef de guerre à l’origine d’une
formidable expansion coloniale qui s’est
faite au fil de l’épée. De même, représenter
Mahomet avec un couvre-chef en forme de
bombe, c’est là aussi forcer le trait, mais
pour dénoncer une réalité du temps
présent, celle du terrorisme islamique, dont
il doit malgré tout rester permis de penser
qu’il n’est pas sans lien avec l’islam
(comme le revendiquent les terroristes euxmêmes
!). Il est donc bien clair
qu’empêcher un dessinateur de presse de
forcer le trait, c’est lui interdire d’exercer
son art.
À cet égard, on ne peut qu’être inquiet de
voir sur France 2, le 6 février 2006, la
musulmane toute voilée de blanc, Saïda
Kada, affirmer tranquillement : « Comment
un amalgame aussi grossier, aussi
dangereux que d’associer le visage du
prophète au terrorisme peut-il être assimilé
à la liberté d’expression ? » Son propos
fait d’ailleurs écho à celui du grand rabbin
Sitruk, déclarant le 2 février 2006 – dans
la cour de l’hôtel du Premier ministre
français qui venait de le recevoir – qu’il
« partageait la colère des musulmans »,
qu’il « désapprouvait également les
caricatures du chef de l’État » et que « ce
qu’on appelle la liberté d’expression
connaît des limites qui sont souvent
dépassées ». Quelques jours plus tard, le
7 février, Mohammed Henniche, président
de l’Union des associations musulmanes
de Seine-Saint-Denis (UAM 93) annonce
qu’il met en circulation une pétition pour
demander « de mettre la religion – et pas
seulement l’islam – à l’abri des excès des
médias », alors même que la liberté
d’expression est déjà sévèrement limitée
en France par les lois mémorielles (Pleven-
Gayssot et Taubira). Il y a là une
conjonction manifestement inquiétante, où
les demandes de censure des uns s’arcboutent
sur les demandes de censure des
autres. Les sociétés traditionnelles
protégeaient les croyances et les valeurs
de leur communauté propre, mais
laissaient la liberté de critique pour le reste
; la société moderne juxtaposant
différentes communautés se voit ainsi
sommée de cumuler leurs interdits : de
proche en proche et sous la pression des
groupes les plus intolérants, les sociétés
multiculturelles deviennent ainsi des
sociétés “multiliberticides”.
Ce qui se dessine – après 250 ans de
domination des Lumières –, c’est un retour,
sous le couvert de l’antiracisme, à une
législation sur le blasphème dont les
contours risquent d’ailleurs d’être infinis,
puisque, de proche en proche, elle pourrait
protéger les trois grandes religions
monothéistes, mais aussi d’autres
croyances, sans parler des lois mémorielles
sacralisant certaines parties de l’histoire,
pour peu qu’elles soient culpabilisantes.
Car ce recul de la philosophie critique des
Lumières, elle-même héritière pour une
grand part des libertés européennes, se fait
au bénéfice d’un nouveau culte, le culte de
la repentance, qui ne touche d’ailleurs que
la partie européenne du monde, et elle
seule, condamnée à emprunter le chemin
des excuses permanentes.
Ce qui se met ainsi en place, c’est bien une
tyrannie planétaire dont l’Europe sera la
principale victime. Peuples de l’Ouest,
levez-vous !
Andrea Massari, administrateur de la fondation Polemia.
La FONDATION POLEMIA est un espace de
débats autant qu'une source d'informations,
d'analyses et de contributions politiquement
incorrectes sur les temps chaotiques actuels. Par-delà
le nécessaire décryptage de l'actualité, l'association
entend participer à la reconstruction d'un projet
politique pour la France et pour l'Europe.
Fondation POLEMIA
48 rue Condorcet, 75008 Paris
Site internet : www.polemia.com
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Les deux documents ci-dessous, en ligne sur le site de Voix des Français depuis le 29 novembre 2005,
sont repris dans ce dossier
du numéro 81 de février 2006 de "La Voix des Français".
SUR L’INAUGURATION
DE LA GRANDE
MOSQUÉE
DE PARIS Un article prémonitoire
de Charles Maurras
Cet article signé par Charles Maurras
est paru dans l’Action française
du 13 juillet 1926, à l’occasion
de l’inauguration de la grande mosquée
de Paris.
« Cette mosquée en plein Paris ne me
dit rien de bon. […] S'il y a un réveil
de l'Islam, et je ne crois pas que l'on
en puisse douter, un trophée de la foi
coranique sur cette colline Sainte-
Geneviève où tous les plus grands
docteurs de la chrétienté enseignèrent
contre l'Islam représente plus qu'une
offense à notre passé : une menace
pour notre avenir. » Lire l'article |
DES MUSULMANS
PEUVENT-ILS ÊTRE
VRAIMENT FRANÇAIS ? Une Lettre du Père Charles de Foucauld à René Bazin
Cette lettre adressée par le Père Charles de Foucauld à René Bazin,
de l'Académie française, est parue dans le Bulletin du Bureau catholique
de presse, n° 5, octobre 1917.
Extraits :
- “Des musulmans peuvent-ils être
vraiment français ? Exceptionnellement,
oui. D'une manière générale, non.
Plusieurs dogmes fondamentaux
musulmans s'y opposent […]”
- “Comme vous, je désire ardemment que la France reste aux Français, et que notre race reste pure.” Lire la lettre
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