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Alors que ministres,
médias et associations patronales demandent « un
plan Marshall pour les banlieues » et assomment la France
sur les causes sociales des émeutes qui ont
enflammé les banlieues, il n’est pas inutile de lire
le nouvel ouvrage de Charles Pellegrini, ancien chef de
l’Office central de répression du banditisme. Ce
pamphlet est un antidote à ces discours
lénifiants.
C’est peu
dire qu’au lendemain de trois semaines de guérilla
urbaine, Banlieues en flamme, le livre que publie
l’ex-commissaire Pellegrini, tombe à point et
qu’il est promis à un beau succès de
librairie. Mais qui pourrait lui en faire le reproche, alors que,
voici quinze ans, il avait déjà publié un
ouvrage prémonitoire : Demain la guerre civile ?
Le langage de la vérité
La guerre civile ? Mais nous y sommes. Et le moindre
mérite de Charles Pellegrini n’est pas de rappeler
que, depuis ce premier cri d’alarme, rien n’a
été fait pour conjurer efficacement le sombre
avenir qu’il prédisait à la France.
L’ancien flic n’est pas un adepte de la langue de
bois. Au contraire, estimant, à juste titre, que «
la distorsion abyssale qui existe entre langage public et langage
privé, au prétexte que toutes les
vérités ne sont pas bonnes à dire aux
Français » et que « le refus de
désigner les problèmes » expliquent
l’aggravation du mal, il tient à ceux qui voudront
bien le lire le langage de la vérité à
propos des maux qui enflamment les banlieues et menacent la
concorde civile. Agrémenté de nombreux chiffres et
statistiques qui sont autant de réquisitoires implacables
contre les adeptes de la méthode Coué,
l’ouvrage excelle à dissiper les écrans de
fumée placés devant les yeux des Français.
Les facteurs du désordre sont ici bien identifiés,
à commencer par les ravages de Mai 68 et ses slogans
permissifs. Ancien homme de terrain, connaisseur de la
réalité des “zones de nondroit”,
Charles Pellegrini ne supporte plus « les sociologues, les
psychologues et autres “spécialologues”
» communiant en rond dans la culture de l’excuse
à l’égard des criminels et
délinquants.
Nombreux chiffres et faits concrets
Les arguments avancés par ces derniers pour nous
convaincre que les nouveaux barbares qui sèment la terreur
à la périphérie de nos villes sont des
victimes, voire de nouveaux guérilleros combattant pour
une société plus juste, sont ici
dénoncés et déconstruits un à un.
Alors que le gouvernement nous promet un « plan Marshall
pour les banlieues », et où les médias
fustigent l’égoïsme des Français et
l’injustice dont seraient victimes les populations
immigrées habitant les quartiers sensibles, Charles
Pellegrini remet les pendules à l’heure : «
L’État, les collectivités territoriales et
l’Union européenne ont consacré, entre 1989
et 2001, 39,5 milliards d’euros aux quartiers sensibles. En
2002, les contribuables ont versé 6,2 milliards
d’euros pour le développement de la politique de la
ville. Cet argent a servi à réhabiliter des
immeubles, à financer la vie associative des quartiers,
à faciliter l’emploi des exclus, et à tenter
de faire baisser la délinquance. » Et de remarquer :
« Les résultats n’ont pas été
à la hauteur des ambitions, c’est le moins que
l’on puisse dire ». De même, pour railler ceux
qui espèrent supprimer la violence urbaine en
détruisant les barres HLM, il a ce mot définitif :
« Changer le contenant n’a jamais
amélioré la qualité du contenu » !
Enjeux démographiques et civilisationnels
Qualité plus rare encore, Charles Pellegrini ne se berce
pas d’illusions quant aux effets d’une politique -
que l’on pourrait qualifier de « sarkozienne »
- qui se limiterait à une plus vigoureuse
répression des crimes et délits, sans prendre en
compte les causes géopolitiques et civilisationnelles de
la crise. Outre de longs développements sur le
péril que fait courir à la France le
développement sur son sol de l’islam radical, il
dénonce avec justesse les effets con-jugués de
l’effondrement démographique et du laxisme
migratoire. Citant les projections démographiques de
Jacques Dupâquier et Yves-Marie Laulan, selon lesquelles
les communautés immigrées et leurs descendants
pourraient représenter 24 % de la population totale en
2030, Charles Pellegrini observe : « Certains politiques
veulent nous rassurer en martelant que l’immigration va
sauver nos retraites et notre économie. Les milliards
dépensés en diverses allocations et aides pour
réaménager les banlieues seraient donc un
investissement sur l’avenir. Un regard sur l’Histoire
nous permet d’en douter. Les pays formant l’empire
romain il y a dix-huit siècles qui n’ont jamais
connu l’islam sont aujourd’hui les pays parmi les
plus prospères, alors que les parties de ce même
empire qui ont eu à subir ses invasions le sont beaucoup
moins. » Et de plaider pour que l’Union
européenne n’intègre pas demain en son sein
la Turquie, et surtout pour que les peuples européens
retrouvent la fierté légitime de leur histoire et
de leur identité. Nul ne doute que les membres de
l’intelligentsia politico-médiatique se pinceront le
nez en lisant le livre de Charles Pellegrini et qu’il sera
occulté ou raillé comme simpliste,
réducteur, etc. Quant aux autres - dont nous sommes -, ils
se reconnaîtront globalement dans le plaidoyer lucide et
sincère d’un homme proclamant en conclusion :
« Mon père m’a toujours expliqué que
chacun avait le droit de vivre sa vie comme il l’entendait,
mais il ajoutait aussi que “charbonnier doit rester
maître chez soi” ! »
Banlieues en Flammes, Charles Pellegrini, Éditions Anne
Carrière, novembre 2005, 181 pages, 17 euros.
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