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Un certain nombre de politiciens, notamment de la majorité, et tout particulièrement le ministre de l’Intérieur,
présentent actuellement la discrimination positive comme l’ultime mesure susceptible de sauver la République
mise à mal par les tensions entre communautés révélées par les récentes émeutes des banlieues. Il s’agit là
d’un contresens, la discrimination positive contrevenant gravement aux principes républicains.
Parmi les nombreux concepts qui
sapent les fondements de la
République, l’un des plus néfastes est
sans conteste celui de discrimination positive,
par lequel un certain nombre de
décideurs influents veulent instaurer en
France des législations inspirées de l’affirmative
action américaine.
Ils veulent passer en force
Longtemps réticente à mettre en oeuvre
de tels procédés contraignants de promotion
des minorités, la classe politique
française semble, après avoir déjà
adopté certaines réformes s’en inspirant,
comme la parité électorale hommefemme,
vouloir faire de la discrimination
positive un remède miracle à la crise des
banlieues. Depuis les émeutes qui ont secoué
quinze jours durant les périphéries des
grandes villes à forte densité immigrée,
la discrimination positive est présentée
tout à la fois comme une urgence etcomme la seule mesure susceptible de
sauver la République. À l’évidence, les
partisans de la discrimination positive
entendent profiter de l’émotion suscitée
par cette crise pour passer en force.
Comme le remarque Anne-Marie Le
Pourhiet, « la République est conviée à
sa répudiation ! »
Les enseignements
de l’expérience américaine
Pour autant, s’ils utilisent désormais
volontiers le terme de discrimination positive,
ses partisans se gardent encore de
révéler aux Français la véritable nature
de cette politique. Ils s’attachent ainsi à
distinguer la discrimination positive « à
la française » de son précédent américain,
en prétendant que notre tradition
républicaine nous protégerait des dérives
constatées Outre-Atlantique.
Or, l’étude de cette dernière démontre
au contraire que les dispositions constitutionnelles
américaines garantissant l’égalité
des citoyens devant la loi se sont révélées impuissantes à enrayer la mise
en place de discriminations à rebours.
Pis, ces politiques assises sur l’instauration
de quotas se sont revendiquées de
la législation sur les droits civils qui stipulaient
pourtant explicitement le refus de
tout quota… La justification du glissement
était la suivante : puisque l’égalité de
droit ne débouche pas spontanément sur
l’égalité de fait, alors il convient d’assurer
celle-ci par la contrainte !
Le même raisonnement, source de tous
les excès, prévaut aujourd’hui en France,
où le ministre de l’Intérieur, Nicolas
Sarkozy, s’est plu à décrire la discrimination
positive à la française comme la
nécessité d’assurer « l’égalité par la
loi », et non plus devant la loi comme le
professe la tradition républicaine.
Violation systématique
des principes républicains
Plus que d’assurer l’égalité des chances
comme on veut le faire croire aux
Français, la discrimination positive à la
française vise donc explicitement à
assurer une égalité de fait par la force de
la loi, en prescrivant de façon contraignante
non plus seulement des interdits,
mais des actions positives. Il s’agit donc
d’un projet de nature totalitaire qui menace
gravement la liberté de choix de nos
concitoyens et viole le principe républicain
de liberté.
De la même façon, en instaurant nécessairement
des dispositifs de quotas
formels ou non, en multipliant les droits
dérogatoires et les passe-droits, la discrimination
positive viole le principe d’égalité
des citoyens devant la loi et rétablit
un édifice juridique marqué par l’octroi de privilèges à certaines catégories de la
population.
Enfin, en privilégiant ainsi certaines catégories
de la population au détriment des
autres, la discrimination positive va
nécessairement créer du ressentiment, de
la jalousie. En scindant la communauté
nationale en une multitude de communautés
définies en vertu de la race ou de
l’origine et dépositaires de droits spécifiques,
il va remplacer la saine émulation
entre individus par une rivalité malsaine
entre communautés ethniques et introduire
le ferment de la discorde entre les
Français. Loin de revitaliser le pacte
républicain, la discrimination positive
viole donc le principe républicain de fraternité.
Force est donc de constater que la discrimination
positive remet en cause les
fondements juridique et philosophique de
la République française, tels qu’exprimés
aux frontons de nos écoles et de nos édifices
publics. Loin de constituer l’ultime
mesure capable de revitaliser le pacte
républicain, la discrimination positive
constitue donc pour la République un
danger mortel. Il convient ainsi de l’affirmer
: la République et la discrimination
positive sont par essence antinomiques et
inconciliables. On ne peut être à la fois
républicain et partisan de la discrimination
positive. Entre l’une et l’autre, il faut
choisir.
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