|
Avant même que les banlieues françaises soient le théâtre de véritables actions de guérilla
urbaine menées par des jeunes issus de l’immigration, un grand nombre d’experts américains,
très influents à Washington, s’inquiétaient de l’islamisation de l’Europe, décrite à juste titre, par
eux, comme une conséquence des flux migratoires qui frappe les pays du Vieux Continent.
Nos adversaires politiques, c’est connu,
se piquent d’être cosmopolites et à l’écoute
du monde. Ils devraient alors lire
davantage la presse étrangère, car nul ne
doute qu’ils seraient certainement surpris
de découvrir ce que les étrangers pensent
de notre beau pays, de ses gouvernants et
de la politique qui est pratiquée. Cette lecture
leur permettrait notamment de constater
que les politiques migratoires laxistes
menées sur le Vieux Continent inquiètent,
au plus haut point, les experts étrangers et
notamment les experts anglo-saxons.
Ainsi, à propos des graves émeutes qui
ont secoué les banlieues françaises en ce
début de mois de novembre, les médias
américains ont utilisé, pour décrire la situation
prévalant en région parisienne, des
termes bannis par leurs homologues français : “guerre civile”, “émeutes
raciales”, “fracture ethnique”, “soulèvement
des jeunes musulmans”, etc.
Ce vocabulaire bien peu “politiquement
correct”, puisqu’il s’applique à décrire la
réalité telle qu’elle est, et non telle que la
rêvent les idéologues mondialistes, est
évidemment bien différent de celui
employé par les médias français, lesquels
font une lecture marxisante des émeutes,
en laissant croire que les causes seraient
avant tout sociales, voire générationnelles.
Ainsi, l’usage du terme
“jeunes” pour décrire les émeutiers pourrait
laisser croire à un lecteur distrait qu’il
s’agit d’un conflit opposant les “cheveux
blonds” aux “cheveux gris”...
Basculement démographique
Mais ce qui étonne le plus, à la lecture de
la presse étrangère, et notamment américaine,
c’est, précisément, que ces événements
n’étonnent nullement les
chroniqueurs étrangers. Voilà en effet
plusieurs années que les experts étrangers
qui contemplent notre pays et notre continent
s’inquiètent des conséquences dramatiques
et inéluctables que ne manqueront
pas de provoquer des décennies
de politiques migratoires laxistes.
Ainsi, le 27 avril 2005, la Chambre
américaine des représentants menait une
audition de nombreux spécialistes à propos
de la menace de l’extrémisme
islamique en Europe. Or nombre des
experts auditionnés ont tenu à replacer la
question de l’islam radical dans le contexte
global créé par une immigration
massive dont les conséquences sont
aggravées par l’effondrement démographique
des peuples européens.
Voici, à titre d’exemple, ce que déclara
aux élus américains le professeur Peter
Bergen, de l’université John Hopkins :
« À mon sens, la plus grande menace
d’Al-Qaida et de ses groupes affiliés vient
aujourd’hui d'Europe. Il y a quatre
raisons à cela. Premièrement, nous
n'avons pas vraiment vu beaucoup de
preuves de l’existence de cellules dormantes
d'Al-Qaida aux États-Unis depuis
le 11 septembre. Deuxièmement : les
attaques terroristes significatives que nous
avons subies dans la décennie passée
avaient une dimension européenne.
Troisièmement : nous avons vu, avec les
attaques de Madrid […], qu'il y a, en
Europe, un nombre significatif de cellules
dormantes qui ont la capacité et la motivation
de frapper les États-Unis. Enfin,
quatrièmement, cette menace augmentera
avec le temps […].
Ce problème va s’aggraver avec le temps,
car les Européens ont des programmes d'aide
sociale très étendus […]. Je veux dire ceci :
les Italiens ne se reproduisent pas assez rapidement
pour assurer le renouvellement des
générations. Ils vont devoir importer beaucoup
de travailleurs pour assurer l’équilibre
de leurs programmes sociaux et faire leur travail
[…].
Il y avait seulement 1 million de musulmans
en Europe en 1945. Maintenant, il y en a
environ 20 millions. Il n'y avait aucun musulman
en Espagne sous Franco. Maintenant, il y en a un million. Il n'y avait aucun musulman
en Allemagne jusqu'à la fin de la Seconde
guerre mondiale. Il y en a désormais 5 millions.
Or, ces personnes ne s’intègrent pas.
[…]
Dans mon exposé, je me concentrerai sur le
cas de la Grande-Bretagne, où le taux de chômage
des jeunes de 16 à 24 ans atteint 28 %.
Quand vous posez la question, “qu’est-ce que
la guerre au terrorisme ?”, 80 % des musulmans
britanniques répondent que c'est une
guerre contre l'Islam. Quand vous posez la
question, “Seriez-vous en faveur d'une nouvelle
attaque d’une organisation comme Al-
Qaida contre les États-Unis ?“, 13 % des
musulmans britanniques disent qu'ils approuveraient
cela. N’est-ce pas un éloquent
tableau ? »
La “bombe”
de l’Air Force Magazine
De même, voici quelques mois, le magazine
officieux de l’US Air Force publiait un article
intitulé “Un croissant sur l’Europe ?”, dans
lequel l’auteur s’inquiétait du processus d’islamisation
frappant le Vieux Continent. À l’appui
de sa thèse, l’auteur faisait état de
projections démographiques alarmantes. Il
citait aussi les conclusions de nombreux
experts anglo-saxons, dont certains de renommée
mondiale, tel l’islamologue Bernard Lewis
qui, lors d’un entretien accordé au quotidien
allemand Die Welt avait déclaré : « L’Europe
fera partie intégrante de l’Arabie occidentale
et du Maghreb, comme le prouvent l’immigration
et la démographie. Les Européens se
marient tard et ont peu, voire pas d’enfants. En
revanche, il existe une forte immigration : les
Turcs en Allemagne, les Arabes en France et
les Pakistanais en Grande-Bretagne. Ceux-ci
se marient tôt et ont beaucoup d’enfants.
D’après les tendances actuelles, à la fin du XXIe
siècle, au plus tard, l’Europe aura dans ses
populations des majorités musulmanes. »
Sur le cas spécifique de la France, l’article cite
Timothy M. Savage. Cet analyste au Département
d’État rapporte que « certains prédisent
même qu’un quart de la population française
pourrait être musulman en 2025, et que, si
cette tendance se confirme, les musulmans
pourraient dépasser les non-musulmans en
France, à la moitié de ce siècle. »
Bien sûr, on peut rétorquer à ces spécialistes
que la démographie n’est pas une science exacte. On doit aussi souligner qu’il est toujours
hasardeux de faire des prévisions en prolongeant
sur plusieurs dizaines d’années les
courbes, telles qu’elles résultent des données
actuellement disponibles.
L’histoire n’est écrite nulle part
Il est vrai que l’avenir n’est jamais inscrit nulle
part, si ce n’est que dans la volonté des
hommes et des peuples. Nul ne peut donc dire
si ces sombres prédictions se réaliseront. Reste
qu’elles ont le mérite de présenter clairement
les enjeux, ce qui est, justement, le préalable
nécessaire à tous les sursauts populaires et
nationaux. Voilà pourquoi, comme les
citoyens soviétiques de jadis, il convient de ne
pas négliger les sources d’information
étrangères. Il convient aussi de ne pas se contenter
d’être un récepteur d’information, mais
de participer activement à la diffusion des
informations alternatives à celles des médias
du système. C’est bien là tout l’intérêt de publications
comme Monde & Vie ou La Voix des
Français qui, par leur existence même, contribuent
à rendre possible le sursaut qui fera
mentir les sombres prévisions des experts
d’outre-Atlantique.
|