Lancée sur Internet au moment où les vingt-cinq gouvernements de l’Union européenne décidaient,
contre l’avis des peuples, d’ouvrir les négociations d’adhésion de la Turquie, l’idée consistant
à rayer la Turquie de la carte d’Europe figurant sur les billets d’euros prend de l’ampleur.
Peut-être l’ignoriez-vous, mais, anticipant
la décision inique d’ouvrir les
négociations d’adhésion de la
Turquie à l’Union européenne et l’issue de
celles-ci, les billets de banque en euros
font figurer la Turquie sur la carte de
l’Europe. Mais cette opération de propagande
par le billet de banque est en train
de se retourner contre ses promoteurs. En
effet, depuis quelques semaines, on voit
apparaître un nombre croissant de billets
d’euros sur lesquels une main experte, sensée,
et malicieuse, a pris la peine de rayer
de deux traits l’emplacement de la
Turquie.
Pas insensible à cette légitime manifestation
de colère populaire, nous avons cherché
à en savoir plus. Après enquête, il
apparaît que cette idée s’est répandue à
grande vitesse via Internet, après qu’un ou
plusieurs opposants à l’entrée de la
Turquie eurent suggéré à leurs amis et
connaissances de rayer la Turquie. Se
répandant ainsi de boîtes aux lettres électroniques
en boîtes aux lettres électroniques
la proposition a rapidement touché
des centaines, puis des milliers de
Français et d’Européens, et même suscité
des vocations militantes, puisqu’un site
internet (www.rayezlaturquie.com) a été
spécialement ouvert pour la promouvoir.
À en juger par le nombre de billets rayés
que j’ai déjà vu circuler : trois en l’espace
d’une semaine, alors que j’en manipule
pourtant peu, il semblerait que l’idée
séduise. Elle n’est pas si futile qu’il y
paraît à première vue. Imaginez, en effet,
que chacun des millions de Français et
d’Européens opposés à la Turquie prenne
la peine de faire de même sur chacun des
billets qu’ils verront passer entre leurs
mains : en quelques mois, voire même en
quelques semaines, la quasi-totalité des
billets en circulation porteront la marque
de l’opposition populaire à l’entrée de la
Turquie en Europe.
Les trois avantages
d’une initiative simple
Un courrier électronique relayant cette initiative
énumère les avantages de cette
action simple :
“1. Les décideurs français
et européens, les hommes politiques et les
journalistes utilisent aussi les billets. En
constatant que tous sont rayés, ils constateront
du même coup que l’opposition à
l’adhésion de la Turquie ne faiblit pas
dans la population.
2. Les décideurs et les diplomates turcs en
visite en Europe pourront mesurer l’ampleur
de la résistance que suscite le projet
d’adhésion et le risque de se voir finalement
opposer un refus après des années
d’efforts pour se mettre peu ou prou aux
normes européennes.
3. Les simples citoyens comme nous comprendront,
à la simple vue des billets
rayés qu’ils ne constituent pas un dernier
carré de résistance, ni même une forte
minorité, mais une majorité déterminée.”
Il est vrai que le billet de banque rayé est
un formidable vecteur de propagande,
puisqu’il constitue un type de tract voué,
par nature, à passer de mains en mains,
et que même les partisans de l’adhésion
turque n’auront pas à coeur de déchirer !
C. Dessanti
|
JOURS ORDINAIRES EN EUROPE PLURIELLE…
Mercredi 5 septembre, les forces de police parisiennes ont tenté
une incursion dans le quartier pour le moins bigarré de Château d’Eau
(Xe arrondissement). Mandatées par le procureur de la République,
elles entendaient vérifier que les commerçants, essentiellement africains,
du quartier respectaient bien le Code du travail et déclaraient leurs
employés. Mais, comme le révèle Le Parisien du 6 septembre,
l’opération a rapidement tourné à l’émeute “quatre cars de CRS [ayant
été] pourchassés par des manifestants boulevard de Strasbourg et rue
du Château d’Eau” et “contraints de prendre la fuite sous une pluie de
projectiles divers”. C’est l’interpellation d’une quinzaine d’individus
originaires d’Afrique qui a mis le quartier en ébullition. Considérant
qu’ils étaient victimes de “racisme”, de nombreux habitants ont,
en effet, exigé la libération de “leurs frères” : Comme le rapporte
Le Parisien, « les poubelles sont arrachées, les bouteilles vides volent,
un sit-in est improvisé avant de se transformer en bataille rangée.
Finalement, les policiers préfèrent lever le camp sous les huées
des manifestants qui dansent de joie au milieu de la rue ». Ainsi,
une fois de plus, en France, qui plus est en plein coeur de la capitale,
force n’est pas restée à la loi républicaine, mais aux émeutiers
étrangers, qui ont eu le dernier mot. Visiblement la capitale aussi
aurait bien besoin d’être “passée au `Kärcher”. Mais qui aura
le courage de le faire ?
Le Figaro du 9 septembre dernier révèle que, depuis janvier 2005,
quelque 9.000 actes de “violences urbaines” sont recensés chaque mois
par les Renseignements Généraux. Et de préciser que plus de 20.000
véhicules ont été incendiés entre le 1er janvier et le 1er septembre 2005.
Quant à établir le lien entre l’immigration incontrôlée et la flambée de
ces violences urbaines, en l’absence de statistiques officielles, personne
ne s’y risque… Relevons cependant que, selon Fabien Jobard, un
chercheur du CNRS interviewé par le quotidien gratuit 20 Minutes, dans
son édition du mercredi 28 septembre, les Français d’origine immigrée
représentent 20 % des interpellations effectuées par les forces de
l’ordre et 32 % des condamnés. Enfin, dans une conférence de presse
tenue mi-septembre, le ministre de la Justice Pascal Clément avait,
de son côté, indiqué que 50 % des détenus incarcérés en France sont
des musulmans. Mais la seule conclusion que ce fait lui a inspirée, a été
de préconiser, à l’instar du Conseil français du culte musulman (CFCM),
un recrutement massif d'aumôniers musulmans dans les prisons…
Créé par une loi de décembre 2004 sur une idée énoncée par Jacques
Chirac, la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour
l’égalité poursuit sa mise en place. Présidée par Louis Schweitzer, PDG
de Renault, cette instance qui a le pouvoir de saisir la justice et peut être
saisie sur simple dénonciation s’est récemment dotée d’un site internet
sur lequel on peut consulter la liste de son collège de direction et de son
comité consultatif. Parmi les dix personnalités constituant ces instances,
on notera notamment la présence de l’ancienne secrétaire générale
de la CFDT, Nicole Notat ; de la socialiste Fadela Amara, pasionaria
de l’association « Ni putes ni soumises » ; de l’ancien grand-maître
du Grand Orient de France, Alain Bauer ; d’Amar Dib, membre du
Conseil d'Administration de l'Agence Nationale de l'Accueil des
Étrangers et des Migrants (ANAEM) ; de Claude-Valentin Marie,
membre du Comité pour la mémoire de l'esclavage ; de Mouloud Aounit,
Président du Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les
Peuples (MRAP) ; Jean-Pierre Dubois, Président de la Ligue des Droits
de l'Homme (LDH) ; de Patrick Gaubert, Président de la Ligue
Internationale contre le Racisme et l'Antisémitisme (LICRA), sans
oublier Samuel Thomas, vice président de SOS-Racisme ! Bref, un bel
aréopage dont la composition devrait garantir que les plaintes seront
examinées sans aucun a priori et avec tout le recul nécessaire…
On ignore encore si Alain Kelyor, maire UMP d’Emerainville (Seine-et-
Marne) subira les foudres de la HALDE, créée par ses amis politiques
(lire ci-dessus), mais il est déjà confronté aux
attaques de SOS-Racisme, qui réclame sa
démission, et du MRAP, qui a déclaré vouloir le
poursuivre en justice. Dans une lettre ouverte
envoyée à ses administrés et intitulée « La Honte !
Nous ne pouvons pas être la poubelle de la Seine-et-
Marne », le premier magistrat de la ville faisait
part de son exaspération face au manque de fermeté des autorités à
l’égard des “gens du voyage” qui envahissent la commune. À cette
occasion il parlait d’or : “Si vous êtes africain et polygame, vous
pouvez pratiquer cette forme d’union interdite et obtenir tous les
avantages sociaux. Si vous faites partie des gens du voyage, vous
pouvez par la force vous installer n’importe où, sans risque de contrôle
fiscal. Puisque seules la force et l’intimidation sont respectées en
France, je vous engage à vous mobiliser” demande-t-il dans son
courrier. Pour soutenir Alain Kelyor, vous pouvez lui écrire
à l’adresse suivante : M. Alain Kelyor, Hôtel de Ville,
16 place Mendès France, 77184 EMERAINVILLE.
C. Dessanti
|