SPECIAL REFERENDUM
LE DOSSIER DU MOIS - VOIX DES FRANÇAIS

CONSTITUTION EUROPÉENNE
LE 29 MAI NOUS DIRONS NON
À L’EUROPE DE L’IMMIGRATION
Sans doute parce que l’on s’inquiète du mauvais vote des électeurs vivants, les défenseurs de la Constitution européenne se mettent à faire voter les morts. C’est ainsi que l’on a pu entendre un Odon Vallet, le bien nommé, clamer dans l’émission télévisée d’Yves Calvi que « voter non, c’est voter contre Jean- Paul II », quelques jours après le décès du pontife ! Faut-il rappeler à ce « docteur en sciences des religions » que le défunt pape, comme son successeur, se sont farouchement opposés à l’apostasie contenue dans le projet Giscard qui ne reconnaît même pas les racines chrétiennes de l’Europe ? « L’athlète de Dieu » déclarait au contraire que c’était bien les systèmes athées qui avaient mené l’Europe aux abominations totalitaires, causant plus de mort au seul XXe siècle que lors de tous les précédents. Tout récemment, à l’occasion du centenaire du Parti socialiste, les partisans de gauche du “oui” et ceux du “non”, réunis, mais pas ensemble, dans un petit village de l’Hérault, ressuscitaient ce pauvre Jaurès pour qu’il y aille de son bulletin de vote, chacun des camps affichant la claire certitude que l’icône ne manquerait pas de choisir son option. Ce qui, dans un cas comme dans l’autre, ne manque pas de sel… À droite, c’est le général de Gaulle qui est appelé en renfort par les partisans du oui au prétexte qu’il voulait unifier le continent « de l’Atlantique à l’Oural », mais en se gardant bien de préciser que, pour le père de la Ve République - précisément mise à mort par le projet de Constitution - , ce grand dessein passait par l’établissement d’une “Europe des Nations”… À ce train-là, nous ne tarderons sans nul doute pas à connaître les appels à voter “oui” de Charlemagne, le réunificateur de l’Occident, de Saint Thomas d’Aquin, docteur de l’Europe chrétienne, ou encore de Napoléon, qui n’épargna pas sa peine pour unifier les nations européennes… Gageons cependant que la discrétion sera de mise quant aux intentions de vote d’Attila, de Gengis Khan et de Memhet II, Turco-Mongols de renom qui se sont particulièrement intéressés à l’unité de notre continent. Mais cela ne signifie pas qu’on ne pense pas à eux…

La Constitution prévoit une Europe sans identité
Récemment, Jérôme Monod, éminence noire de Jacques Chirac, écrivait dans le bulletin de la « fondation » politique qu’il préside, « réservoir d’idées » de l’UMP, que l’Union ne devait avoir aucune condition religieuse, ethnique ou géographique comme critère d’adhésion. C’est, du reste, ce qui est inscrit, en creux, dans ce projet de loi fondamentale, qui, comme l’a rappelé, à temps et à contretemps, le Président lors de son calamiteux show télévisé, ne s’intéresse qu’à garantir « les valeurs de liberté, de droits de l’homme, de démocratie et de paix », en imposant « la lutte contre les discriminations ». Rien n’empêche donc, dans le marbre constitutionnel de cette définition, d’accueillir la Turquie ou les pays du Maghreb. Précisons enfin que, par ailleurs, les immigrés, majoritairement issus de ces pays et qui affluent déjà, officiellement ou illégalement, sur nos territoires, sont précisément encouragés à accélérer leur installation par les rédacteurs et défenseurs de ladite Constitution. Rappelons tout de même que, sans mentionner des chiffres concernant le regroupement familial, en constante augmenta- tion en France (plus de 100.000 en 2004), l’Union accueillerait en sus quelque 400.000 demandeurs d’asile – dont une majorité de Turcs, ce qui est étrange, si l’on considère que ce pays est un eldorado si proche de nos valeurs – et environ… 500.000 clandestins (estimation Europol), par an !

Une Europe de l’immigration massive et incontrôlée
Or, que déclare la Commission Barroso ? Elle affirmait, le 11 janvier, que « des flux d’immigration plus soutenus seront de plus en plus nécessaires […] pour assurer la prospérité de l’Europe ». C’est dans cet esprit, sans nul doute, que le projet Giscard dispose dans son article III-265 que « l’Union développe une politique visant à assurer l’absence de tout contrôle des personnes ». Il suffira donc d’un ou deux États membres qui laissent déferler les immigrés, comme la France, pour que ceux-ci ne soient plus aucunement inquiétés ensuite dans tout le reste de l’ Euroland! Pire encore, si l’on considère les options xénomanes des thuriféraires de la Constitution, tels que cités plus haut, l’article III-267 met en place une « politique commune de l’immigration », abolissant tout contrôle national en ce domaine, où les décisions ne seront plus prises qu’à la majorité qualifiée. Soit un abandon total de contrôle pour les nations membres, qui, n’ayant plus ni compétence ni veto en ce domaine, se verront imposer ces « flux d’immigration plus soutenus » par les conclaves technocratiques de Bruxelles. Autant dire que, face à ces sombres perspectives, aucun vote des membres et des sympathisants de Voix des Français ne doit manquer au “non” à la Constitution européenne. Car, si les morts ne votent pas nécessairement oui, comme on essaie de nous le faire croire, il est, en revanche, certain que voter oui revient à signer son arrêt de mort en tant que Français.
O. Germain


Pour Benoît XVI, l’adhésion de la Turquie à l’Europe serait “une erreur”

Le Cardinal Joseph RatzingerDans cet entretien exclusif accordé, le 13 août 2004, au Figaro Magazine, le cardinal Joseph Ratzinger, futur Pape Benoît XVI, appelait le Vieux Continent à être fier de son héritage chrétien et affirmait son opposition au projet d’adhésion de la Turquie à l’Europe. Voici un extrait de cet entretien.

Le Figaro Magazine : Malgré ses interventions, le Saint-Siège n'a pas pu faire en sorte que le préambule de la Constitution européenne mentionne les racines chrétiennes de l'Europe. Qu'en pensez-vous ?

Cardinal Ratzinger : Je suis convaincu qu'il s'agit d'une erreur. L'Europe est un continent culturel […]. C'est sa culture qui lui donne une identité commune. Les racines qui ont formé et permis la formation de ce continent sont celles du christianisme. Il s'agit d'un simple fait de l'histoire. J'ai donc des difficultés à comprendre les résistances exprimées contre la reconnaissance d'un tel fait incontestable. Si vous m'affirmez qu'il s'agit d'un temps lointain, je vous réponds que la renaissance de l'Europe après la Seconde Guerre mondiale a été rendue possible grâce à des hommes politiques qui avaient de fortes racines chrétiennes […]. Ce sont eux qui se sont confrontés aux destructions provoquées par des totalitarismes athées et antichrétiens. Se taire sur cette réalité est une chose très étrange et aussi dangereuse. Il faudrait continuer le débat sur cette question, car je crains que derrière cette opposition se cache une haine de l'Europe contre elle-même et contre sa grande histoire.

L'étude de la candidature de la Turquie devient plus précise. Son entrée dans l'Union signifierait-elle pour vous un choc ou un enrichissement des cultures ?

[…] La Turquie a toujours représenté un autre continent au cours de l'histoire, en contraste permanent avec l'Europe. Il y a eu les guerres avec l'Empire byzantin, pensez aussi à la chute de Constantinople, aux guerres balkaniques et à la menace pour Vienne et l'Autriche… Je pense donc ceci : identifier les deux continents serait une erreur.[…]. La Turquie, qui se considère comme un État laïc, mais sur le fondement de l'islam, pourrait tenter de mettre en place un continent culturel avec des pays arabes voisins et devenir ainsi le protagoniste d'une culture possédant sa propre identité, mais en communion avec les grandes valeurs humanistes […]. Cette idée ne s'oppose pas à des formes d'associations et de collaboration étroite et amicale avec l'Europe et permettrait l'émergence d'une force unie s'opposant à toute forme de fondamentalisme.

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