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VOIX DES FRANÇAIS


mis en ligne le 26 avril 2005
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Voici pourquoi il faut voter non lors de la consultation référendaire du 29 mai 2005

La Constitution européenne fonde une entité juridique. Si elle était votée, la France deviendrait une région d'Europe, dont la langue officielle deviendrait celle des affaires, une langue proche de l'anglais, que Shakespeare lui-même aurait du mal à reconnaître. Le français, la langue de Victor Hugo, serait, à terme, appelé à devenir une langue régionale, comme aujourd'hui le basque ou le breton.
De telles constructions n'ont été viables que sous des régimes dictatoriaux. Elles se sont effondrées naturellement lorsque la liberté a été retrouvée (URSS, Tchécoslovaquie, Yougoslavie).
Le projet de Constitution que l'on nous propose n'est pas un traité. Toute modification supposerait un vote unanime des Etats membres. Autant dire qu'un tel engagement revêtirait un caractère définitif.

Quelles sont les principales raisons d'un votre négatif ?

On nous explique doctement que les institutions européennes fonctionneraient dans de meilleures conditions. Il y a du vrai dans cet argument. En effet, actuellement, nombre de décicions requièrent l'unanimité des Etats membres. C'est ainsi que J. Chirac n'a pas pu faire baisser la TVA au profit des restaurateurs faute d'avoir obtenu l'accord des 15.
Le projet de Constitution prévoit que dans de nombreux domaines, les décisions seraient prises à la majorité qualifiée. Concrètement, cela signifie que 55% des membres du Conseil représentant 65% de la population de l'Union (Art. 1-25) pourraient décider pour tout le monde. Ainsi, en 2002, lorsque G.W. Bush a engagé la guerre d'Irak, si cette Constitution s'était appliquée, il y avait en Europe une majorité qualifiée potentielle favorable à notre intervention. Aujourd'hui, nos soldats iraient combattre et mourir dans le bourbier irakien et nos islamistes feraient exploser des bombes dans le Métro, dans les gares comme à Madrid et sans doute ailleurs. Comme disent les jeunes, il n'y a pas photo.

Le projet de Constitution européenne pose les jalons d'une société ouverte à toutes les pratiques et les rituels de l'islam (Art. 11-70).
"Toute personne a la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l'enseignement, les pratiques et l'accomplissement des rites". Avec ce texte, on verrait fleurir le voile non seulement à l'école, mais partout, y compris dans nos Administrations. La loi sur le voile, récemment votée, serait enterrée. En effet, il ne faut pas oublier que le projet de Constitution primerait notre Constitution et nos lois nationales (Art. 16).

C'est sur le plan économique que la Constitution aurait des effets les plus dévastateurs.
La fiscalité échappe à la majorité qualifiée, autant dire que la situation actuelle serait pérennisée. Ainsi, l'impôt sur les sociétés accuse un différentiel considérable : 31% en moyenne chez les 15 et seulement 21% chez les nouveaux. Si l'on ajoute que les salaires chez les 10 sont de 4 à 7 fois moins élevés que chez nous, les délocalisations dans un sens et l'immigation dans l'autre ont de beaux jours en perspective. Voilà pourquoi la petite Slovaquie va devenir le premier constructeur automobile de l'Union. Le chômage que connaisssent les vieux pays d'Europe, France, Begique, Allemagne, Italie et Espagne n'est pas prêt, malgré les beaux discours, d'être résolu.
N'oublions pas le slogan répété lors du référendum sur le traité de Maastricht : "L'Europe, c'est la paix et la prospérité". Nous avons la guerre, le terrorisme et un chômage que chez nous droite et gauche sont incapables de maîtriser.


La Turquie et le projet de Constitution européenne sont-elles des questions jumelles ?

Oui, sans aucun doute, car ce projet de Constitution a été formaté pour permettre l'adhésion de la Turquie.
- Le Jefferson d'Auvergne, comme Philippe de Villiers appelle V. Giscard d'Estaing, a refusé dans le texte fondateur la référence chrétienne qui eût définitivement écarté la Turquie et plus tard Israël et le Maghreb. Le Maroc n'a t-il pas déjà évoqué sa candidature ? - La Turquie a été associée en tant qu'observateur aux travaux prépratoires.
- La langue turque fait déjà partie des langues pratiquées dans les institutions européennes.
- Lorsque les chefs d'Etats et de gouvernements ont signé la Constitution à Rome, la Turquie y a participé.
- Enfin la Turquie perçoit de indemnités de pré-adhésion payées par nous les contribuables : 177 millions d'euros en 2000, idem en 2001, idem en 2002, idem en 2003, 250 millions en 2004, 300 millions en 2005 et 500 millions en 2006. Quand on nous dit que le paquet n'est pas encore ficelé, on se moque du peuple !

L'adhésion de la Turquie constituerait-elle un danger pour l'Occident ?

- Indépendamment du fait que géographiquement ce pays est un état asiatique, la partie européenne représente 3% de son territoire, le problème majeur tient au fait que le pays est habité par 99% de musulmans. Les chrétiens et les juifs ont progressivement été contraints de partir. Plus ou moins laïcisée par Atatürk, la Turquie se réislamise de plus en plus. Un fort pourcentage de femmes sont voilées, l'épouse du premier ministre Erdogan ne fait pas exception.
- La Turquie est le pays de toutes les mafias, de tous les traffics. La frontière turque, longue de presque 10 000 km est incontrôlable. Une grande partie de la drogue produite en Asie transite par ce pays. ce serait aussi la porte ouverte, une de plus, à une immigration massive de populations islamisées.
- La Turquie risquerait d'entraîner l'Europe dans des conflits qui ne la concernent pas. Elle n'a de bonnes relations avec aucun de ses voisins. Les pays turcophones posent problème avec la Russie, voire avec la Chine. Les problèmes des eaux fluviales l'opposent à l'Irak et à la Syrie. Enfin, le problème kurde constitue un abcès purulent permanent. A la suite de la désintégration probable de l'Irak, ne vont-ils pas proclamer leur indépendance ?

Conclusion
Si vous voulez sauvegarder les valeurs qui ont fait la grandeur de la France. Si vous souhaitez une autre Europe, construite avec réalisme, faites à nos politiciens irresponsables et à nos technocrates dévorés d'ambition et assoiffés de pouvoirs une réponse claire et sans ambiguïté. Le 29 mai prochain, VOTEZ NON.

Lucien ROBIN


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