LE DOSSIER DU MOIS
VOIX DES FRANÇAIS

L’IMMIGRATION IRRÉGULIÈRE
EN HAUSSE... RÉGULIÈRE !

Alors que MM. Sarkozy, Villepin, Chirac et Strauss-Kahn se prononcent, tour à tour, en faveur d’une immigration choisie et dissertent aimablement sur le sujet, la triste réalité se rappelle à eux. Selon un rapport interministériel, le gouvernement est, non seulement incapable de réduire le nombre d’immigrés présents, mais également impuissant à en cerner le nombre !

Carole Bigot

Conformément à l'article premier de la loi du 26 novembre 2003 sur la maîtrise des flux migratoires, présentée par Nicolas Sarkozy lorsqu'il était en fonction place Beauvau, le Premier ministre va présenter prochainement aux parlementaires un rapport interministériel visant à présenter “les orientations de la politique de l'immigration du gouvernement ” et, aussi, à donner une photographie de l’immigration en France. Ceux qui espéraient que ce rapport éclairerait enfin les Français sur cette question capitale seront vraisemblablement déçus.
En effet, les média qui ont pu consulter le document en avant-première constatent unanimement que “le rapport bute sur les clandestins”. Comme le note Le Figaro du 21 février, “dans sa contribution, le ministère de l'Intérieur se garde bien d'avancer un quelconque chiffre sur le nombre d'étrangers en situation irrégulière. C'est la principale zone d'ombre de la photographie. Le document se contente d'inventorier les pistes qui pourraient lui permettre d'établir cette évaluation.” Quant au Premier ministre, il a carrément avoué son impuissance à l’AFP : “Ce qui nous intéresse, a-t-il déclaré, ce n’est pas le chiffre (du nombre d’immigrés en situation irrégulière), on ne sait pas encore le calculer”.
Quelques indicateurs peuvent cependant donner une idée de la tendance : ainsi, selon l’ AFP, le nombre des immigrés en situation irrégulière bénéficiant de “l’Aide médicale d’État” (A.M.E) est passé de 139.000 en 2001 et 176.000 en 2003. Mais, bien sûr, ce chiffre ne saurait permettre de se faire une idée du nombre total d’irréguliers, car, comme le reconnaît l’ AFP, “beaucoup d’étrangers ne demandent pas l’A.M.E”.
De son côté, Le Figaro révèle qu’un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales “évaluait à quelque 250.000 le nombre de demandeurs d'asile déboutés du droit d'asile entre 1998 et la fin de l'année 2002”. Or, toujours selon Le Figaro, “en 2003 et 2004, l'Ofpra a rejeté chaque année quelque 60.000 demandes”, tandis qu’en 2005, “avec l'accélération du traitement des dossiers, ce sont quelque 80.000 étrangers qui devraient essuyer un refus au cours des douze prochains mois.” Or, ces déboutés du droit d’asile constituent une part non négligeable des immigrés dits “clandestins”. En effet, seule une petite partie des déboutés fait l’objet d’une “reconduite à la frontière”. Les autres restent en France où, loin d’être véritablement clandestins, ils entretiennent les meilleures relations du monde avec nos différentes administrations, puisque, outre l’AME, ils peuvent également prétendre à la scolarisation de leurs enfants, etc.
Autrement dit, par son incapacité à rendre effectifs les reconduites à la frontière décidées par l’Ofpra et les tribunaux, le gouvernement est directement à l’origine de la croissance du nombre d’immigrés irréguliers. Sur ce point, nous sommes d’accord avec l’extrême gauche… C’est sur le moyen de dénouer cette situation ubuesque que nous divergeons : l’extrême gauche veut les régulariser, nous, nous voulons les reconduire dans leur pays d’origine.
C.B.

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