LE DOSSIER DU MOIS
VOIX DES FRANÇAIS

LES QUOTAS SARKOZY VONT
AGGRAVER L’IMMIGRATION

En prenant publiquement position pour des quotas sélectifs d’immigration, Nicolas Sarkozy veut faire croire aux Français qu’il est déterminé à imposer une politique de fermeté sur la question de l’immigration. Mais la réalité est hélas inverse, car les quotas proposés par le président de l’UM ; ne remplaceront nullement les flux d’immigration légale ou non qui se déversent sur le territoire français. Bien au contraire, ils s’y ajouteront. Tout comme pour le Conseil français du culte musulman qui était censé donner naissance à un improbable « islam de France » et qui a permis la consécration des courants les plus intégristes et les plus archaïques, l’idée des quotas d’immigration aboutira à l’effet inverse de celui annoncé. C’est la vocation de Voix des Français que d’en avertir nos compatriotes pour qu’ils ne se laissent pas abuser par ces discours malhonnêtes.

Carole Bigot

Le petit Nicolas a toujours besoin de se faire remarquer. C'est dans sa nature. Il doit parler, se montrer, se raconter. Surtout, il doit aussi se démarquer, voire s'opposer à Jacques Chirac. Pour occuper de nouveau le devant de la scène médiatico-politique, il revient avec une proposition d'immigration sélective. Il s'agit, pour le vibrionnant candidat présidentiel prématuré, de faire semblant de contrôler la politique d'immigration de la France en instaurant des quotas selon des critères de nationalité et de qualification professionnelle des nouveaux arrivants.

Un faux débat interne au camp immigrationniste
Constatant que la France subit "une immigration incontrôlable parce que nous refusons de revendiquer une immigration voulue et assumée", il affirme vouloir voir sur le territoire français "plus d'étudiants et moins de sans-papiers". Ainsi formulée, la proposition semble, de prime abord, séduisante, d’autant qu’elle a immédiatement provoqué la colère des ténors du lobby immigrationniste qui considère, non seulement que l’immigration doit se poursuivre, mais qu’elle doit se poursuivre sans que la France puisse exprimer le moindre droit de regard sur qui a vocation à pénétrer sur son territoire et à s’y installer définitivement.
Que le débat public se développe entre les partisans d’une immigration sélective et ceux d’une immigration sans sélection révèle l’incroyable déplacement de la scène politique vers la gauche. Car le seul vrai débat, en matière d’immigration, se situe en fait entre ceux qui pensent que l’immigration doit continuer et ceux qui pensent, comme nous, qu’il faut en inverser les flux !

Un raisonnement faux, une proposition malhonnête

D’autant que la proposition de M. Sarkozy est assise sur un raisonnement faux qui consiste à prétendre que nous serions victimes d’un afflux massif d’immigrés clandestins parce que nous refuserions, par ailleurs, de mettre en place une politique volontariste d’immigration sélective. Mais cette proposition est dénuée de toute logique. En effet, on ne voit pas en quoi le fait de voir des visas attribués massivement à des étrangers diplômés réduirait l’attrait qu’exerce notre pays sur les masses sous-diplômées du tiers-monde.
Que croit donc M. Sarkozy ? Que les immigrés sous qualifiés vont renoncer à tenter leur chance en France parce que leurs coreligionnaires diplômés y entrent légalement ? Qu’ils vont retourner sur les bancs de l’école et de la fac plutôt que de venir profiter tout de suite des avantages sociaux qui leur sont attribués en vertu de leur seule présence sur le sol français ? On peut même craindre qu’en annonçant urbi et orbi que la France veut accueillir de nouvelles vagues d’immigrés qualifiés professionnellement, l’ancien ministre de l’Intérieur renforce l’attrait qu’exerce notre pays sur l’ensemble des populations du tiers-monde.
Il est donc malhonnête de prétendre, comme le fait M. Sarkozy, que la France subit "une immigration incontrôlable parce que nous refusons de revendiquer une immigration voulue et assumée"

Quotas Sarkozy = contingents d’immigrés en plus
La triste vérité, c’est que les immigrés qui entreront peut-être demain au titre de l’immigration sélective sarkozienne s’additionneront aux centaines de milliers d’étrangers qui entrent légalement au titre du regroupement familial, au titre du droit d’asile et également aux dizaines de milliers qui pénètrent illégalement sur le territoire français. Contrairement à ce que feignent de croire les leaders du lobby immigrationniste ainsi que le président de l’UMP, les quotas auront pour seule conséquence d’ouvrir encore un peu plus grande la porte de notre pays à l’immigration. Ce sont des quotas d’addition et non de soustraction.

Un terrible aveu d’incurie !
Enfin, on ne soulignera jamais assez combien la prétendue nécessité de recourir à de la main-d'oeuvre étrangère qualifiée disqualifie la classe politique aux affaires depuis trente ans. On nous dit ainsi que la France manquerait d’ingénieurs informatiques de haut niveau. Et qu’il serait donc opportun d’en faire venir d’Inde, où ils sont en grand nombre. Fort bien ! Mais cela signifie alors que le gouvernement indien a mis en place des programmes d’éducation et de formation professionnelle plus efficaces que ceux qui existent en France. Cela signifie que nos ministres, malgré les dizaines de rapports pondus chaque année par une myriade de cellules d’analyse et de prospective n’ont rien vu venir : ni la révolution numérique, ni celles des nouvelles technologies de l’information et de la communication, ni celle, en cours, dans le domaine des sciences de la vie et des biotechnologies...

Une nécessité : changer de dirigeants
Si tel est le cas - il semble bien que cela le soit -, alors les millions de chômeurs français, jeunes et moins jeunes, devraient demander des comptes au gouvernement et le tenir responsable de son incurie. Ils devraient aussi - mais quand le feront-ils ? - oeuvrer de toutes leurs forces à la victoire d’une nouvelle génération d’hommes et de femmes politiques plus désireux de défendre le bien commun des Français, mais également plus efficaces.

Carole Bigot

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