| Meeting unitaire contre l'adhésion de la
Turquie |
| SALLE COMBLE |
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Lancée en 2002 par Voix des Français, la
mobilisation contre l'adhésion de la Turquie a franchi une
nouvelle étape. Dans ce combat capital nous savons
maintenant disposer du soutien d'une immense majorité des
Français. Un récent sondage publié par la
Figaro révèle ainsi que 67 % des Français
sont opposés à l'adhésion turque. Mais,
comme M. Chirac a décidé de passer outre
l'opposition des Français, il est impératif de ne
pas relâcher la pression. Le président de la
République promet un référendum sur
l'adhésion de la Turquie dans quinze ans. Piège
grossier. Commme l'ont fort bien démontré Philippe
de Villiers et les orateurs du meeting unitaire du 15
décembre, pour dire non à la Turquie, inutile
d'attendre 15 ans. Le mieux est de voter non lors du prochain
référendum sur la Constitution européenne.
Voter non à une Constitution qui refuse de
reconnaître les racines chrétiennes, comme l'a
exigé la Turquie, ce sera voter non à
l'adhésion de la Turquie !
Le non à la Constitution peut demain l'emporter. Il
l'emportera si nous - partisans de la France - partons unis au
combat. Ce souci de l'union dans le respect de l'identité
de chacun, a toujours été au cœur de la
démarche de Voix des Français. Tout
récemment encore, nous en avons fait la
démonstration en renonçant à la
manifestation que nous avions prévue et dont
l'organisation était déjà bouclée par
notre ami Lucien Robin et son équipe, afin de nous
joindre, par souci d'unité, à la réunion
publique organisée à l'initiative du journal
L'Indépendance de Paul-Marie Coûteaux. Le 15
décembre, la salle comble du Kinopanorama a
démontré que cette stratégie d'union
était payante. Puissent chacun des participants toujours
s'en souvenir : l'union fait la force !
Carole Bigot
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Réunion "Non à la Turquie ! Non à la
Constitution européenne ! "
le 15 décembre 2004 à Paris (Espace Kino)
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Allocution d’Henry de Lesquen, président
de Voix des Français
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, très chers amis,
Je suis ici le porte-parole d’un mouvement
indépendant, “Voix des Français”,
dont le nom a été parfaitement choisi, car il est
la voix de la France profonde, de ceux que M. Raffarin appelle,
avec un certain dédain, “la France
d’en-bas”. Ces Français-là, qui sont
venus nombreux ce soir, et que je salue cordialement, ils sont
les représentants de la France éternelle, de celle
qui a toujours su dire “non” quand il le fallait, aux
moments décisifs.
Nous disons “non” à la Turquie dans
l’Europe, parce que nous voulons que la France reste
française et que l’Europe reste
européenne.
Il n’y a pas d’avenir, pour ceux qui tournent le dos
à l’histoire. On nous dit que l’Europe ne doit
pas être un “club chrétien”, qu’il
faut donc y accepter la Turquie et refuser d’inscrire la
référence au christianisme dans le projet de
Constitution... Je ne sais pas si l’Union européenne
ne doit pas être un “club chrétien”,
mais je suis sûr, en tout cas, qu’elle ne peut
être qu’un “club occidental”,
marqué tout à la fois par l’héritage
du christianisme et de l’humanisme, si elle ne veut pas
renier ses racines. C’est de ce double héritage que
nous vient notre attachement à la liberté et
à la dignité de l’homme. C’est ce
double héritage qui nous commande aujourd’hui de
défendre la liberté et l’identité des
peuples et des nations. Et donc leur souveraineté.
Nous ne portons pas de haine dans notre cœur, mais nous
avons l’amour de notre patrie. Et nous avons le cœur
serré en pensant aux menaces qui pèsent sur notre
avenir et qui peuvent faire disparaître la France de la
scène du monde. La France doit rester libre. La France
doit rester souveraine. C’est pourquoi, d’un seul
mouvement du cœur et de l’esprit, nous disons
“non” à la Turquie et “non”
à la Constitution !
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Allocution de Nicolas Dupont-Aignan président de Debout
la République
Nicolas Dupont-Aignan ayant été
empêché de se rendre au meeting unitaire, c'est
jean-Pierre Le Poulain, secrétaire général
de Debout la République qui a prononcé son
discours.
"Honte au pays où l'on se tait" disait Georges
Clémenceau.
Merci au journal L'Indépendance, merci à Paul Marie
Coûteaux d'avoir sauvé l'honneur en organisant ce
rassemblement des Gaullistes et des Souverainistes contre
l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne.
Comment en effet rester muet en ce triste jour où va se
prendre à Bruxelles une décision aussi funeste pour
l'avenir du continent et donc de la France ?
Nos compatriotes ne sont d'ailleurs pas dupes de cette
comédie qui pourrait tourner demain à la
tragédie. Comment croire un instant que l'ouverture de ces
négociations, dictée par une sorte d'esprit
munichois, ne débouche pas tôt ou tard sur
l'entrée pleine et entière de la Turquie dans
l'union européenne ? L'UMP, à laquelle j'appartiens,
a manifesté son opposition à l'entrée de la
Turquie. Mais cette opposition, pour être crédible,
doit s'accompagner du refus de l'ouverture des
négociations ou, à défaut, du rejet de la "constitution" européenne qui sera un encouragement
à ce processus. On ne peut pas être contre
l'adhésion et être favorable à des
négociations, qui y conduisent tout droit, ni à la
ratification d'un traité qui serait comprise comme une
approbation !
Comment prétendre désamorcer le fameux " choc de
civilisations" alors qu'on va l'exacerber en renvoyant à
10 ou 15 ans le choix des Français ? Quand on connaît
la pression de la pensée unique aujourd'hui, alors qu'il
est encore temps et possible de dire NON, imagine-t-on un instant
le climat dans lequel pourra se dérouler une consultation
référendaire dans 10 ans, alors que les Turcs se
seront vu promettre leur adhésion ?
Décidément non, on ne peut pas se fiancer pendant
dix ans pour finalement dire non devant Monsieur le Maire
à l'heure H ! A-t-on le droit de fourvoyer les
Français dans cette impasse ? Refuser l'entrée de la
Turquie, comme dit le vouloir l'UMP, oblige donc à
consulter les Français maintenant et à reporter le
conseil européen, ou alors à en tirer toutes les
conséquences pour le référendum de
l'année prochaine. La crédibilité de l'UMP
dépendra de sa cohérence et, pour ma part, je crois
être cohérent avec les engagements de mon parti en
étant présent ici. Mais je suis ici aussi pour vous
dire pourquoi les Gaullistes aspirent à une autre
Europe.
Comme vous l'avez compris, si le débat sur l'entrée
de la Turquie résonne aussi fort dans le notre pays, c'est
bien parce qu'on y débat de notre vision de l'Europe. A
défaut, aurait-on eu le droit un instant de sortir de la
caricature ?
Oser s'interroger sur la manière dont on construit
l'Europe, c'est immédiatement être accusé
d'être contre l'Europe. Or, soyons clairs, les Gaullistes
ont toujours cru en la nécessité pour la France de
participer à la construction européenne. Mais de
quelle Europe parlons-nous ?
Evoque-t-on l'idéal de
rapprochement des peuples - qui fait l'unanimité - ou le
fonctionnement du super-Etat qu'on a laissé se
développer depuis 12 ans dans le dos des peuples et qu'on
prétend couronner au travers d'une "constitution"
européenne mensongère ? Discute-t-on des politiques
communes volontaristes des années 60 ou du marché
unique ultra-libéral des années 90 ?
S'interroge-t-on sur les règles des traités ou
l'application qui en est faite ? La complexité de la
construction européenne, ses changements très
profonds de degré puis de nature au cours des quarante
dernières années, nourrissent une somme de
malentendus. Des malentendus qui, malheureusement,
empêchent les responsables politiques de bonne foi et les
citoyens d'y voir clair et de se prononcer vraiment sur le fond
des choses. Cette Europe dont nous allons beaucoup parler,
j'aimerais que nous nous y intéressions autrement que par
démagogie. La démagogie de ses fanatiques
prêts à y sacrifier leur nation avec ses valeurs et
ses intérêts. La démagogie aussi de ceux qui
sont toujours contre tout et réciproquement et qui
finalement font le jeu objectif des partisans de la "constitution".
C'est justement parce que j'aime la France, sa
République, sa civilisation que je ne veux pas de
n'importe quelle Europe. Le choix est simple: l'Europe tremplin
ou l'Europe tombeau.
Mais pour la bâtir cette Europe, encore faudrait-il se
poser quelques questions élémentaires :
. Avec qui voulons-nous partager notre destin ?
. Comment entendons-nous y parvenir, c'est-à-dire à
quel prix ?
. Dans quel but ?
Les réponses à ces trois questions dessinent
naturellement le visage d'une Europe humaine au service des
nations qui font la richesse de notre continent. Une Europe qui,
vous allez le constater, n'a rien à voir avec le
super-Etat qu'on veut nous imposer.
Dans quel but faire l'Europe ?
A l'heure où la mondialisation oblige chaque peuple
à s'appuyer sur tous ses atouts nationaux pour affronter
la compétition internationale, l'Europe niveleuse des
années 50 est morte. Osons le reconnaître. A l'heure
où la rapidité et le réseau comptent plus
que le poids et la taille, l'idée qu'en additionnant des
carottes et des choux-fleurs on va créer une
superpuissance est une absurdité. Pour autant, ne soyons
pas naïfs. La France seule, l'Allemagne seule, l'Italie seule
survivront difficilement dans le monde de demain sans s'organiser
ensemble. Quand comprendra-t-on que l'union pour l'union sans
l'accord préalable sur des objectifs stratégiques
conduit tout droit à une Europe impuissante ? L'enjeu est
donc bien de partir des objectifs pour ensuite déterminer
les moyens de les atteindre.
Or, quelles sont les grandes priorités de l'Europe
d'aujourd'hui ?
Sa démographie d'abord. Pouvonsnous bâtir une
puissance sur un taux de natalité de 1,2 comme en Italie,
en Espagne ou en Allemagne, tout en favorisant une immigration
massive, comme le veut la Commission ? Sa puissance
économique, technologique, scientifique et militaire,
ensuite. Pouvons-nous affronter la compétition des
Etats-Unis, du Japon, de la Chine et de l'Inde en continuant
à crouler sous un euro cher et en nous interdisant
d'intervenir pour financer des grands programmes? Airbus serait
aujourd'hui interdit par Bruxelles.
Troisièmement, son
équilibre social.
Pouvons-nous rendre confiance aux peuples en leur offrant comme
seule perspective l'alignement de leurs conditions de travail et
de leurs salaires sur ceux pratiqués en Chine ? Cette
mondialisation subie, qui s'apparente de plus en plus à
une clochardisation à grande échelle, est le fruit
d'un libreéchangisme idéologique organisé
par la commission américaine de Bruxelles, comme l'a
justement baptisée notre actuel ministre de l'Economie et
des Finances.
Sa vitalité culturelle enfin. Pouvonsnous compter dans le
monde de demain en sabordant nos langues et nos cultures ?
Ces quatre grands défis suffiraient à occuper
l'énergie des Européens les plus convaincus pour
vingt ans.
Mais croyez-vous que les eurocrates s'y intéressent ? Non,
bien sûr.
Faire ensemble ce que chaque nation ferait moins bien seule ne
les préoccupe pas un instant. Il est vrai que les
Etats-Unis sont si puissants à Bruxelles qu'ils s'en
chargent pour nous.
Non, leur préoccupation première est de se
mêler de la vie des peuples, régir dans les
détails leur économie, leur commerce, leurs
transports, leur alimentation. Bref, de détruire les
nations européennes pour faire naître un "peuple
européen", aussi improbable que monstrueux. Ne nous y
trompons pas, l'objectif ultime n'a pas varié depuis
Maastricht, les plus fervents partisans de la "constitution" ne
s'en cachant même plus. Ainsi Josep Borell,
Président du Parlement européen, qui a
récemment reconnu publiquement que "l'existence d'une
constitution européenne revient à reconnaître
virtuellement l'existence d'un peuple européen."
Les Allemands ont pris l'habitude de consigner leurs bouteilles
de verre ? Ils doivent cesser.
Les Français sont attachés à leur terroir?
Il faut en finir.
La diversité des plaques d'immatriculation automobile est
un des signes les plus apparents d'une appartenance nationale ? Il
faut les uniformiser d'urgence ! La liste serait longue des
oukases bureaucratiques.
Mais alors, comment bâtir l'Europe ?
Le Général De Gaulle était clair à ce
sujet lorsqu'il écrivait dès le mois de
décembre 1958 à Paul Reynaud: "Vous savez
qu'à mon sens on peut voir l'Europe, et peut-être la
faire de deux façons : l'intégration par le
supranational ou la coopération des Etats et des nations.
C'est à la deuxième que j'adhère pour mon
compte"
La France du Général de Gaulle avait
veillé à ce que l'esprit confédéral
l'emporte. La construction communautaire s'est ensuite
engagée dans une funeste dérive
fédérale. Le projet de "constitution"
européenne amplifie le processus de déconstruction
des ÉtatsNations et de fédéralisme rampant
qui va avec, celui-là même qui empêche la
France aujourd'hui de dire non à l'entrée de la
Turquie, puisque 23 de ses partenaires y sont favorables !
L'intérêt de l'Europe comme de la Turquie est de
réussir un développement harmonieux du bassin
méditerranéen. Voilà le beau défi de
demain. Dans quel but ? Aller à l'essentiel bien
sûr.
Comment ? En respectant la démocratie nationale, garante de
l'identité des peuples.
Avec qui ? Avec les Européens qui partagent une
civilisation et des valeurs. Tels sont les trois défis de
demain.
Seul désormais le NON à la "constitution" lors du
référendum de l'année prochaine peut nous
permettre de bloquer le processus d'adhésion et de sauver
ainsi l'Europe de la catastrophe. Ce rôle échoit au
peuple français qui est à nouveau convoqué
par l'histoire pour faire basculer le destin. Les gaullistes ne
pourront qu'y être particulièrement sensibles. Mais
la campagne sera rude. Il faudra, chacun à notre
façon (les républicains de gauche, les gaullistes
de Debout la République, les souverainistes de Philippe de
Villiers (MPF), ouvrir les yeux des Français sur une
mystification, une sorte de tentative sournoise d'extorsion de
légitimité démocratique. On veut nous faire
définitivement courber l'échine. Notre réponse
est non.
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