LE DOSSIER DU MOIS
VOIX DES FRANÇAIS

LU DANS... LE FIGARO :
l’avertissement du grand écrivain Jean Raspail à propos de l’immigration-invasion

Peu avant les élections européennes, Le Figaro avait lancé une grande enquête en demandant à une série de personnalités une question pour le moins pertinente et cruciale : “Qu'est-ce qu'être français aujourd'hui?” Les lecteurs du quotidien ont ainsi eu le loisir de lire les réponses d’Alexandre Adler, Michel Wieviorka, Alain-Gérard Slama, Max Gallo, Claude Bébéar et Amin Maalouf. Doit-on le préciser ? Ces réponses-là oscillaient entre érudition sage, fausse impertinence et profession de foi cosmopolite. Puis, avec Jean Raspail, une grande voix s’est levée. Auteur du visionnaire Camp des Saints, roman décrivant - en 1973 ! - la prochaine invasion de l’Occident par la marée humaine des déshérités du tiers-monde, Jean Raspail s’est, pour la première fois depuis lors, à nouveau exprimé sur le sujet, ô combien sensible, de l’immigrationinvasion qui menace la civilisation française et européenne.

Une invitation à poursuivre le combat contre l’immigration massive et incontrôlée

Son texte est rude. Certains pourront - peut-être à raison - lui reprocher une forme de défaitisme ou de manque d’espérance, lorsqu’il écrit que “les carottes sont cuites” et que “notre destin de Français est scellé”. Pour notre part, nous ne lui en ferons pas le reproche, car, lorsque le danger est là, on ne sonne pas le tocsin avec des clochettes. Ce que décrit Jean Raspail, ce n’est pas l’avenir de la France, mais seulement le destin qui sera le sien si elle ne prend pas la mesure des dangers représentés par l’immigration massive et incontrôlée. Voilà pourquoi, pour notre part, à Voix des Français, nous recevons son texte comme une invitation à poursuivre le combat. Et à le gagner. Pour que vive la France ! En voici quelques extraits significatifs.

Carol Bigot



Sur le suicide démographique de la France et de l’Europe



Jean Raspail estime que “notre destin de Français est scellé” pour plusieurs raisons. D’abord par l’esprit de démission de notre classe dirigeante, dont témoignent avec éclat certaines déclarations de nos deux derniers présidents de la République : “ils sont chez eux chez nous” (Mitterrand), “les racines de l’Europe sont autant musulmanes que chrétiennes” (Chirac). Il pointe surtout le suicide démographique de la France, qu’il juge irréversible, “jusqu'au basculement définitif des années 2050 qui verra les Français de souche se compter seulement la moitié – la plus âgée – de la population du pays, le reste étant composé d'Africains, Maghrébins ou Noirs et d'Asiatiques de toutes provenances issus du réservoir inépuisable du tiers monde, avec forte dominante de l'islam, djihadistes et fondamentalistes compris”. Et de constater que ce processus concerne l’Europe entière, qui “marche à la mort.” Pour lui, le silence qui entoure ce suicide démographique est “l’un des phénomènes les plus sidérants de notre époque”. Et le grand écrivain de confier son inquiétude : “Quand il y a une naissance dans ma famille ou chez mes amis, je ne puis regarder ce bébé de chez nous sans songer à ce qui se prépare pour lui dans l'incurie des «gouvernances» et qu'il lui faudra affronter dans son âge d'homme...”
«Le silence quasi sépulcral des médias, des gouvernements et des institutions communautaires sur le krach démographique de l'Europe des Quinze est l'un des phénomènes les plus sidérants de notre époque.»


Sur le matraquage “antiraciste”, ses effets, et ses limites



Pour expliquer l’incroyable apathie des Français face à ce processus mortel, il ne peut que constater qu’ils sont “matraqués par le tam-tam lancinant des droits de l'homme, de «l'accueil à l'autre», du «partage» cher à nos évêques, etc.”, qu’ils sont également sous la menace de “l’arsenal répressif de lois dites antiracistes”. En conséquence de quoi, il estime que la majorité des Français acceptera de se laisser dépouiller de son identité. Quant aux autres, ceux qui “parleront encore notre langue dans son intégrité à peu près sauvée et s'obstineront à rester imprégnés de notre culture et de notre histoire telles qu'elles nous ont été transmises de génération en génération”, il note que leur voie ne sera “pas facile”.
«Les “Français de souche”, matraqués par le tam-tam lancinant des droits de l'homme, de “l'accueil à l'autre”, du “partage” cher à nos évêques, etc., encadrés par tout un arsenal répressif de lois dites “antiracistes”, conditionnés dès la petite enfance au «métissage» culturel et comportemental [...]»


Première hypothèse quant à l’avenir de la France : la disparition



"Face aux différentes «communautés» qu'on voit se former dès aujourd'hui sur les ruines de l'intégration (ou plutôt sur son inversion progressive : c'est nous qu'on intègre à «l'autre», à présent, et plus le contraire) et qui en 2050 seront définitivement et sans doute institutionnellement installées”, Jean Raspail estime que se maintiendra une forte minorité de Français fidèles à leur culture et à leur histoire qu’il nomme joliment une “communauté de la pérennité française” assise sur “ses familles, sa natalité, son endogamie de survie, ses écoles, ses réseaux parallèles de solidarité, peut-être même […] ses portions de territoire, ses quartiers, voire ses places de sûreté”. Mais il estime que cette persistance, si modeste soit-elle, ne sera pas longtemps tolérée et qu’elle sera tôt ou tard éradiquée, comme l’ont été les koulaks, si bien qu’à terme “la France ne sera plus peuplée, toutes origines confondues, que par des bernard-l'ermite qui vivront dans des coquilles abandonnées par les représentants d'une espèce à jamais disparue qui s'appelait l'espèce française”.
«Le clash surviendra un moment ou l'autre. […] Et ensuite? Ensuite la France ne sera plus peuplée, toutes origines confondues, que par des bernard-l'ermite qui vivront dans des coquilles abandonnées par les représentants d'une espèce à jamais disparue qui s'appelait l'espèce française et n'annonçait en rien, par on ne sait quelle métamorphose génétique, celle qui dans la seconde moitié de ce siècle se sera affublée de ce nom.»


Seconde hypothèse : la reconquista



Si pessimiste que soit sa vision, Jean Raspail admet cependant qu’il existe une autre hypothèse concernant l’avenir de la France, mais qu’il ne saurait formuler qu'en privé : le choix, par les minorités françaises, de la résistance et même d’une forme de reconquista, “sans doute différente de l'espagnole mais s'inspirant des mêmes motifs”. Et de préciser que, même si cette reconquista ferait un excellent sujet de roman, il ne l’écrirait pas : “Ce n'est pas moi qui m'en chargerai, j'ai déjà donné […]. Mais ce livre verra le jour à point nommé, j'en suis sûr...”
«Il existe une seconde hypothèse que je ne saurais formuler autrement qu'en privé et qui nécessiterait auparavant que je consultasse mon avocat…»


Réflexions sur les causes de la trahison des hommes politiques



Jean Raspail confie aussi sa “perplexité navrée” lorsqu’il observe la classe dirigeante française concourir “sciemment, méthodiquement, je n'ose dire cyniquement, à l'immolation d'une certaine France [...] sur l'autel de l'humanisme utopique exacerbé.” Il pointe la responsabilité des “associations omniprésentes de droits à ceci, de droits à cela”, des “officines subventionnées”, des “réseaux de manipulateurs infiltrés dans tous les rouages de l'État”, des “médias correctement consensuels” [...] qui s’appliquent à détruire la nation française.
Même si, à leur endroit, il reconnaît sentir poindre le mot de renégat, il avance une explication bien plus profonde à leur comportement : “Ils confondent la France avec la République. Les «valeurs républicaines» se déclinent à l'infini, on le sait jusqu'à la satiété, mais sans jamais de référence à la France. Or la France est d'abord une patrie charnelle. En revanche, la République, qui n'est qu'une forme de gouvernement, est synonyme pour eux d'idéologie, idéologie avec un grand «I», l'idéologie majeure. Il me semble, en quelque sorte, qu'ils trahissent la première pour la seconde.”
Et pour étayer cette thèse d’un dévoiement des valeurs républicaines, il livre, à titre d’exemple, une citation prononcée par Laurent Fabius lors du congrès socialiste qui s’est tenu le 17 mai 2003 à Dijon :«Quand la Marianne de nos mairies prendra le beau visage d'une jeune Française issue de l'immigration, ce jour-là la France aura franchi un pas en faisant vivre pleinement les valeurs de la République...»
«Même si je peux, à la limite, les créditer d'une part de sincérité, il m'arrive d'avoir de la peine à admettre que ce sont mes compatriotes. Je sens poindre le mot renégat, mais il y a une autre explication : ils confondent la France avec la République. Les “valeurs républicaines” se déclinent à l'infini, on le sait jusqu'à la satiété, mais sans jamais de référence à la France. Or la France est d'abord une patrie charnelle.»


Jean Raspail sur Internet :

http://jeanraspail.free.fr.


Le Camp des Saints, de Jean Raspail :
publié en 1973, mais plus que jamais d’actualité !

En publiant, le Camp des Saints, Jean Raspail démontra que ses talents d’écrivain se doublaient de ceux d’un visionnaire. Voici comment l’éditeur présentait ce livre lors de sa première publication, en 1973 :
“Le sujet du Camp des Saints est grave. Il s'agit de rien moins que de la fin du monde blanc, sous l'invasion des millions et des millions d'hommes affamés, «sous-développés », qui constituent les trois quart de l'humanité. Sujet grave et grand sujet, s'il en est. Sujet périlleux pour son auteur, car il faut bien prendre parti. Jean Raspail n'est pas homme à se dérober. Il prend parti, non point contre ces foules de la misère qui, un beau jour, ne peuvent résister à la tentation du «paradis», mais contre ceux qui, dans nos sociétés, publiquement ou en secret, consciemment ou inconsciemment, travaillent à la décomposition, au désarmement moral et spirituel de la civilisation. On épousera ou on n'épousera pas le point de vue de Jean Raspail. Au moins, le discutera-t-on, et passionnément. Ce qu'il dit est trop important pour n'être pas entendu, pour ne pas bouleverser : c'est peut-être la grande question de demain […]. Le Camp des Saints est de ces fictions fulgurantes qui surgissent à l'heure pour éclairer le possible avenir. L'histoire que raconte Jean Raspail, ce qu'il dit, ne cesseront plus de nous hanter.”

Le Camp des Saints a été réédité le 12 octobre 2000 aux éditions Robert Laffont. Il peut être commandé dans toutes les librairies. Il est vendu 21,5 euros.

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