Justice pour les harkis, justice pour la France
EDITORIAL
par Henry de Lesquen
Président de Voix des Français-Renaissance 95
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Plus de quarante ans après la fin de la guerre d’Algérie, le drame des harkis est revenu au premier plan de l’actualité. La plaie est toujours à vif... Mais je ne veux pas éluder la question, car le livre de M. Benhamou montre assez que les ennemis de la France en font une arme contre notre patrie. Voici donc quelques réflexions que je vous soumets.
1. Les dirigeants politiques de la France ont commis une lourde faute en abandonnant les harkis. Ils ont manqué à l’honneur.
2. Pour autant, n’oublions pas cette évidence : les harkis ont été massacrés par des Algériens. Pas par des Français ! Ce sont les dirigeants algériens, et eux seuls, qui ont organisé les meurtres de masse, en reniant les engagements formels qu’ils avaient donnés au gouvernement français.
3. Les soi-disant avocats des harkis, s’ils étaient sincères, ne devraient donc envisager de poursuivre pour "crimes contre l’humanité" que ces dirigeants algériens, et non les anciens dirigeants français.
4. Il est inconcevable que des crimes commis par des Algériens deviennent un élément à charge dans le procès permanent que les forces de la subversion alimentent contre la France. Ne tombons pas dans ce piège ! Demandons-nous pourquoi M. Benhamou, qui a toujours été l’un des plus virulents contempteurs de la nation, feint maintenant de s’intéresser au sort des harkis...
5. Il est vrai que l’abandon des harkis n’est pas un épisode glorieux de notre histoire. Mais il est temps de tourner la page, politiquement, en laissant aux spécialistes le soin d’en juger. Renan écrivait que "l’oubli était un facteur essentiel de la création d’une nation". J’ajouterai : et aussi de sa perpétuation.
6. En toute hypothèse, nous ne saurions accepter la moindre responsabilité collective des Français, dont beaucoup n’étaient pas nés à l’époque, pour une faute qui n’a été commise que par certains d’entre eux.
7. Les difficultés d’assimilation des enfants des harkis sont un sujet, lui aussi, très douloureux, qu’il ne faut pas éluder non plus, car il est lourd de signification. Les harkis avaient choisi la France et s’étaient battus pour elle. Ceux qui ont réussi à échapper au massacre et à gagner la France n’ont pas été maltraités, mais secourus. Les conditions d’assimilation de cette population paraissaient donc idéales. Or, l’échec est patent pour leurs enfants, qui ne se distinguent nullement, dans les cités de non-droit, des autres immigrés de la seconde génération. Ainsi l’islam dresse-t-il une barrière infranchissable entre les immigrés et la France, même dans le cas le plus favorable.
Il faut savoir raison garder. Non, la France n’est pas coupable de la faute commise par certains de ses dirigeants en 1962 ! Elle l’est encore moins des crimes commis contre les harkis par les dirigeants algériens et leurs séides. Oui, il faut rendre justice aux harkis. Mais il est encore plus nécessaire de rendre justice à la France.
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