Le voile en France : un piège dans une guerre de
conquête.
En acceptant que s'instaure chez nous un débat pour ou
contre le port du voile, les pouvoirs publics français
sont tombés dans un piège tendu par le
fondamentalisme musulman et sa branche armée, que nous
nommons l'islamisme.
Nos dirigeants savent-ils que les quatre écoles
juridiques autorisées par la Loi musulmane, la Charia,
permettent - et même recommandent - au Croyant de ne pas
faire état de sa foi lorsqu'il séjourne hors de la
Maison de l'islam (les pays où s'applique la Charia) ?
Donc, la question de l'obligation du voile pour les femmes -
question qui divise les théologiens musulmans, qui ne
concerne que les Musulmans et qui ne peut être
tranchée que par eux - n'aurait jamais dû être
posée dans un pays non-musulman, en particulier par des
citoyens et des résidants qui se prétendent
respectueux de nos lois et de nos valeurs. En fait, le port du
voile par des Musulmanes en France est, pour les
fondamentalistes, un moyen : 1. de rappeler aux Croyants que la
France, qui compte désormais plus de Musulmans sur son sol
que la Libye ou le Liban, a vocation à entrer dans la
Maison de l'islam, autrement dit qu'elle est terre à
conquérir par l'islam ; 2. de faire pression sur les
immigrés originaires du Maghreb qui souhaitent
échapper à l'obscurantisme islamique ; 3. de
préparer l'opinion publique française à
l'octroi de droits dérogatoires aux Musulmans (6 millions
de Musulmans vivant en France suivent de près ce que
prépare le gouvernement pour 300 000 Corses) ; 4. de
tester la résistance des élites françaises
à la communautarisation des Musulmans, à la "
libanisation " de la France ; 5. de prouver, aux yeux de leurs
fidèles, la " décadence " des Français. etc.
Quant aux appels à la " tolérance ", au " respect
des religions "…, ce sont des armes prises par les
fondamentalistes à l'ennemi et retournées contre
lui. L'islam n'est pas une religion de la sphère
privée comme le christianisme ou le bouddhisme ; c'est une
identité, une idéologie, un système complexe
religion-droit-politique-culture-civilisation. Tous les Musulmans
que nous nommons islamistes ou fondamentalistes reconnaissent la
légitimité de la ruse et de la violence, terrorisme
compris, contre les Infidèles. En Occident, les femmes
voilées sont des combattantes, volontaires pour certaines,
ignorantes et manipulées pour d'autres, dans une guerre
subversive d'invasion. Le voile, qui marque
l'infériorité de la femme, est aussi incompatible
avec notre culture et nos lois que les deux autres
inégalités qui sont de base dans le droit musulman
: l'inégalité maître-esclave,
l'inégalité Musulman-non-Musulman… ou cent
autre articles de ce droit totalitaire. Le voile doit être
interdit dans tous les lieux publics de France, y compris la rue.
Et, puisqu'il s'agit d'une guerre, il faut prévoir de
fortes sanctions pour les contrevenants : la
déchéance de la nationalité pour les
citoyens français, l'expulsion pour les étrangers
et les doubles nationaux, les parents étant responsables
des actes de leurs enfants mineurs. Il y va du respect de nos
valeurs, qui sont attaquées et qui doivent être
défendues, aujourd'hui, par la " force juste " de la loi
républicaine si l'on veut éviter que, demain, " le
choc des cultures " ne dégénère chez nous en
des affrontements incontrôlables.
René MARCHAND,
auteur de La France en danger d'islam, entre jihâd et
Reconquista. Editions de l'Âge d'Homme. Lausanne,
Paris. |