Réponses à Nicolas Sarkozy
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A PROPOS DE LA
FRANCE ET DES IMMIGRÉS
Le ministre de
l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, s'est exprimé
abondamment dans la presse pour présenter son projet de
loi sur l'immigration. On trouvera ci-dessous des extraits de
trois articles récents, suivis des commentaires qu'ils
appellent de notre part. Les citations sont parfois un peu
longues, pour que nous ne puissions pas être indûment
soupçonnés de les avoir sorties de leur
contexte.
Entretien accordé au Monde du 8 avril 2003
"Le Monde : Le voile islamique à l'école doit-il
faire l'objet d'une loi ?
Nicolas Sarkozy : Il y a une
jurisprudence du Conseil d'Etat. Je m'en tiens là."
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Commentaire de Voix des Français : Pour décoder
cette réponse du ministre de l'Intérieur, il faut
savoir que le Conseil d'Etat a autorisé le port du voile
islamique à l'école. Il faudrait donc une loi pour
l'interdire. En refusant l'idée d'une loi, M. Sarkozy se
prononce pour le voile. |
"Nicolas Sarkozy : La France est un pays
qui s'est construit sur la diversité et sur l'immigration.
Ça doit continuer. Mais la France ne peut pas laisser
rentrer tout le monde." |
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- Commentaire de Voix des Français
: M. Sarkozy reprend ici l'argument classique du lobby de
l'immigration selon lequel la France est un contenant sans
contenu déterminé, qui aurait toujours
été un pays d'immigration. Or, cela est
historiquement faux. De 550 à 1850 environ, pendant treize
siècles, la France a reçu très peu
d'immigrés sur le territoire qui la constitue aujourd'hui.
De plus, l'immigration qui a commencé pendant la seconde
moitié du XIXe siècle est venue uniquement
d'Europe, jusque dans les années 1950. Depuis cette date,
les vagues d'immigration proviennent de plus en plus de pays du
tiers monde, dont la culture est très différente de
la nôtre, et notamment du monde islamique. On
relève, au passage, que M. Sarkozy est favorable à
la poursuite et au développement de l'immigration -
même s'il admet que l'on ne peut accepter tout le monde... |
"Le Monde : Vous souhaitez également régler le
problème de la double peine...
Nicolas Sarkozy : La double
peine est discriminatoire et injuste. L'objectif est que toute
personne qui vivrait en France depuis dix ans, par exemple, qui
serait marié à une Française et aurait des
enfants français, ne serait pas "éligible" à
la double peine. De même, toute personne arrivée en
France avant l'âge de 13 ans serait
considérée comme absolument protégée.
Le Monde : Y aura-t-il des exceptions ?
N.S. : Il n'est pas
sûr qu'il y aura des exceptions. (...) Je pense que
même dans le cas de condamnations pour trafic de drogue, on
peut considérer qu'il n'y a pas lieu de punir les enfants.
De même, le vol avec violence, c'est grave, ça
mérite de la prison, mais ça ne mérite pas
de faire des enfants des orphelins.
Le Monde : Donc, pas
d'exceptions du tout ?
Nicolas Sarkozy : La question du
terrorisme mérite une exception." |
Commentaire de Voix des
Français : M. Sarkozy reprend ici le vocabulaire
spécieux de l'extrême gauche immigrationniste, qui a
inventé l'expression de "double peine" pour stigmatiser
l'expulsion des criminels ou délinquants étrangers.
Mais cette expulsion ne saurait être
considérée comme "discriminatoire" (dans un sens
péjoratif), puisque la différence qui est ainsi
établie entre le Français et l'étranger est
le principe même sur lequel est fondé la
communauté nationale. Et cette expulsion n'est pas injuste
! La seule injustice dont on puisse parler est celle que le
criminel étranger a commis au détriment de ses
victimes. Elle n'est même pas injuste quand le criminel est
en France depuis longtemps, ou lorsqu'il a des enfants
français, puisque c'est lui qui a pris la
responsabilité de violer les lois de l'hospitalité
et qui doit en payer les conséquences (Voir
l'éditorial). |
Entretien accordé au Figaro du 30 avril 2003
"Nicolas Sarkozy : Chez nous, deux extrémismes, qui se
nourrissent et se paralysent, ont entretenu un dialogue de sourds
: le Front national, qui plaide pour une immigration zéro,
et une minorité d'extrême gauche qui dénie
à la France le droit de maîtriser ses flux
migratoires. Les républicains modérés,
raisonnables, n'ont pas su se faire entendre." |
- Commentaire de
Voix des Français : On a vu que sur un sujet comme la
prétendue "double peine", M. Sarkozy avait adopté
une position objectivement extrémiste. Il ne s'est
montré ni modéré ni raisonnable... ni
républicain. Et surtout, en décrétant que la
France devait s'ouvrir à l'immigration, il n'a pas
simplement pris le contre-pied du Front national, comme il le
dit... mais aussi celui-ci du gouvernement Jospin, qui, comme
tous les gouvernements précédents depuis 1974,
maintenait en principe que l'immigration était
arrêtée. On comprend que Le Monde ait pu titrer un
article, dès le 30 octobre 2002, "L'immigration à
front renversé", voulant dire par là - pour s'en
féliciter, on s'en doute - que le gouvernement de droite
actuel était plus immigrationniste que celui de gauche qui
l'avait précédé. |
"Nicolas Sarkozy : Le
thème de l'immigration zéro n'a aucun sens, car la
France a construit son identité sur sa diversité." |
- Commentaire de Voix des Français : Le sophisme est ici
évident. Sous prétexte que la France est faite de
Bretons, de Picards et de Provençaux, il faudrait donc
qu'elle accepte quelques millions de Tamouls ou de Bambaras. |
"Nicolas Sarkozy : A partir du moment où la France aura
maîtrisé l'immigration irrégulière,
elle pourra se montrer plus généreuse dans la
délivrance des visas, dans l'accueil des étrangers
en situation régulière." |
- Commentaire de Voix des
Français : Pourquoi ce postulat que la France doit
accueillir toujours plus d'immigrés, si ce n'est pour
complaire au lobby de l'immigration ? Est-ce
l'intérêt national ? A l'évidence, non, tant
à cause du chômage, que l'immigration vient
aggraver, que des menaces que celle-ci représente pour
l'unité de la France et la sécurité des
Français. |
Article du Monde du 2 mai 2003
"Nicolas Sarkozy : Poser comme postulat que l'islam est
incompatible avec la République ne reviendrait ni plus ni
moins qu'à interdire à certains Français de
vivre un engagement que l'on reconnaît aux autres. C'est,
au moins, de la discrimination, au pis du racisme." |
- Commentaire
de Voix des Français : L'islam ne reconnaît pas les
lois de la République, puisqu'il veut que la
société soit régie par la charia, la loi
islamique. Il n'admet ni les droits de l'homme, ni la
liberté de la femme, ni la laïcité, ni la
séparation de l'Eglise et de l'Etat. L'islam est donc bel
et bien incompatible avec la République : ce n'est pas un
postulat, c'est une conclusion. Nier que cela soit vrai, c'est au
mieux de l'aveuglement, au pis de la trahison. |
"Nicolas Sarkozy :
Si la loi doit être la même pour tous, cela ne
signifie pas que nos perspectives individuelles et collectives ne
peuvent s'inscrire que dans l'uniformité. La France est
encore trop rigide. Elle ne reconnaît pas assez que, pour
que chacun ait les mêmes droits, il faut accepter d'aider
davantage les uns que les autres. L'unité nationale est
à ce prix : tenir compte des handicaps pour donner
à tous les mêmes chances. (...) La République
est forte quand elle accepte la différence comme une
richesse et qu'elle reconnaît que les handicaps doivent
être corrigés par un effort particulier. Pour
rétablir l'égalité des chances, la
discrimination positive est une nécessité." |
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Commentaire de Voix des Français : En se prononçant
en faveur de la "discrimination positive", c'est-à-dire,
en clair, de la discrimination à rebours en faveur des
immigrés, le ministre de l'Intérieur ne saurait
dissimuler, malgré ses explications entortillées,
qu'il s'agit bien de faire en sorte, justement, que la loi ne
soit plus la même pour tous. Il nous propose ainsi d'abolir
l'égalité des Français devant la loi, qui
est au principe de la République. C'est, à nouveau,
une position objectivement de gauche, et même
d'extrême gauche.
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