Faut-il vraiment poursuivre notre politique de
coopération
Nord-Sud ?
Par Lucien Robin
Vice-président de Voix des Français
Alors
que la vie politique et intellectuelle est soumise aux carcans du
politiquement correct, Voix des Français entend offrir un
vrai espace de liberté en créant une rubrique
"libre débat". Ce mois-ci, c'est Lucien Robin,
vice-président de Voix des Français, qui lance le
débat. Infatigable militant de notre cause, il a notamment
été le principal artisan de la manifestation
organisée, le 26 avril dernier à Paris, contre
l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, il
s'interroge, en toute liberté et franchise, sur la
pertinence de la politique de coopération Nord-Sud.
Nous venons d'organiser, avec un certain succès, une
manifestation dans le but de protester contre l'entrée de
la Turquie dans l'Union européenne.
Un de nos soucis est
d'éviter d'ouvrir largement une porte sur le monde
turcophone. Une autre préoccupation, et pas la moindre,
c'est la crainte de voir d'autres pays, aussi peu
européens que la Turquie, poser leur candidature à
l'adhésion. Nous pensons évidemment tous aux pays
du Maghreb. Le Maroc n'a-t-il pas déjà fait
certaines démarches ?
Le danger de cet éventuel
élargissement est avant tout d'ordre démographique
et, par voie de conséquence, politique, économique
et culturel.
Démonstration : la population musulmane de
certains pays se multiplie par 10 tous les 80 ans. Exemple : en
1960, l'Algérie comptait 9 millions de musulmans. A ce
jour, ils seraient près de 30 millions. Si cet
accroissement se poursuit à ce rythme
effréné, dans 40 ans, ils seront 90 millions.
Est-ce un exemple isolé ? Poursuivons notre
démonstration : l'Irak, dont nous parlons beaucoup en ce
moment, comptait 2 millions d'habitants en 1920. A ce jour, 80
ans plus tard, ce pays compte plus de 20 millions d'habitants. Il
est évident que les subsistances ne suivent pas et qu'une
insupportable misère s'installe dans ces pays. C'est alors
que la prédiction de Boumédienne prend toute sa
valeur. Si des millions d'individus meurent de faim d'un
côté de la Méditerranée et si l'on vit
dans une certaine aisance de l'autre côté…
l'appel d'air sera formidable et il deviendra impossible de
freiner et a fortiori d'arrêter les flux migratoires.
Dans
ce contexte dramatique, la coopération Nord-Sud peut
sembler, théoriquement, une réponse. Mais, dans les
faits, compte tenu des dynamiques démographiques, a-t-elle
la moindre chance de constituer une panacée ? Je crains
pour ma part que l'on dépense beaucoup d'argent et
d'énergie pour des résultats peu palpables. Certes,
cela donnerait à certains, bonne conscience, mais à
quel prix ?
Les solutions, peu charitables il est vrai, à
ces problèmes de migration, doivent être
réalistes. Nous devons au plus vite, dénoncer le
scélérat traité de Schengen et supprimer la
pompe aspirante de l'immigration. Au lendemain de la crise de
1929-1930, un gouvernement de gauche avait eu la sagesse
d'établir la préférence nationale. Par
démagogie, les socialistes de 1981 l'ont abolie. Ayons
enfin le courage de la rétablir, il y va de la survie de
notre civilisation, aujourd'hui en danger de disparition.
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