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Le 5 juillet 1961 l’Algérie
accédait à l’indépendance. Il est dans
l’ordre naturel que la marque de l’évolution
de tout être et de tout organisme vivant aboutisse à
la maîtrise de son destin. L’individu devenu adulte a
non seulement le droit mais le devoir d’assumer cette
autonomie. Les collectivités humaines, comme les
individus, sont des organismes vivants et participent donc
à cette nécessité
d’indépendance. Les courants culturels dits
progressistes, négligeant la phase préalable
d’acquisition d’une certaine maturité, ont
voué le colonialisme à un discrédit sans
nuance l’assimilant à une exploitation de
l’homme par l’homme lorsque ce n’était
pas à de l’esclavagisme. Cette condamnation
n’est que la manifestation d’un sectarisme aveugle,
critère de la pensée marxiste. Le Maréchal
Lyautey formulant la conception française du colonialisme
l’a pourtant exprimé clairement. Le but de la
présence coloniale n’est que de permettre aux
peuples colonisés d’acquérir la
capacité d’être responsables de leur destin.
Dans une large mesure cet investissement humain peut être
tenu pour une des meilleures formes d’aide aux pays en
instance de développement [...]. Il faut reconnaître
que la France sut faire preuve dans sa présence coloniale
d’un réel souci d’humanisme. Le nier
relève de l’ignorance volontaire de l’action
de nos colons et de nos forces armées et d’une
partialité primaire à laquelle l’Histoire
rendra justice.
[...] Pour ce qui concerne
l’Algérie, le bilan d’un siècle de
tutelle coloniale, débutée le 5 juillet 1830 par la
capitulation du dernier régent turc, le dey Hussein,
devant le corps expéditionnaire du général
de Bourmont, exactement cent deux ans avant la date de son
accès à l’indépendance laissait le
pays dans une situation favorable à une
bénéfique évolution. L’agriculture
était florissante, la suffisance alimentaire
assurée, l’infrastructure économique interne,
notamment pour ce qui concerne les communications, en bon
état, les découvertes de sources
d’hydrocarbures garantissaient des revenus financiers
très confortables : 4 à 5 milliards de dollars
à la fin des années 50, portés à 15
milliards lors du choc pétrolier de 1974 . Certes la
population européenne monopolisait la détention du
pouvoir politique et se réservait la meilleure part de ses
richesses ; on peut regretter que les colons pieds noirs
n’aient pas été plus ouverts à la
nécessité d’un meilleur partage de la
conduite des affaires. Certains toutefois percevaient cette
obligation historique. Mais surtout, si le chef de
l’État, le Général de Gaulle, dans sa
précipitation à se “débarrasser du
fardeau algérien ”, plutôt que de tenir son
armée dans l’ignorance de la finalité de sa
politique l’avait associée à la
réalisation d’un partage des responsabilités
politiques, il est vraisemblable que les choses auraient connu
une évolution moins dramatique.
En effet, alors
qu’il existait d’autres interlocuteurs possibles,
d’incompréhensible façon, le pouvoir fut
remis aux adversaires que notre armée avait reçu
mission de combattre.
C’est ainsi que les hommes du FLN,
pétris de l’idéologie sectaire, totalitaire,
économiquement utopique du marxisme, devinrent
détenteurs de la plénitude du pouvoir lors de
l’accès de l’Algérie à
l’indépendance. L’arbre du communisme,
intrinsèquement pervers en raison des malheurs inouïs
dont il accabla l’humanité, allait produire les
mêmes fruits. Dès la signature des accords
d’Évian, annonce de l’indépendance, le
19 mars, le drame débuta. Et le devoir de mémoire,
tant célébré actuellement, exige que
l’atrocité des drames liés à ces
événements demeure bien présente à
l’esprit de nos concitoyens.
Préalablement il
importe de souligner que les véritables crimes contre
l’humanité qui furent alors commis ne sont pas
imputables au peuple algérien lui-même, mais aux
seuls responsables politiques du FLN détenteurs du
pouvoir. Alors que les représentants
s’étaient engagés à Évian
à mettre fin aux opérations militaires et à
assurer aux Français de souche désirant rester en
Algérie « pendant un délai de trois
années protection de leurs personnes et de leurs biens et
participation régulière à la vie de
l’Algérie », dès l’annonce de
l’indépendance, à Oran 500 de nos
compatriotes sont massacrés au cours d’une
véritable chasse à l’homme, et sans que nos
troupes, sur ordre du Général Katz, ne
s’opposent à la curée. Ce fut le début
d’un enchaînement d’assassinats et
d’enlèvements tels que le nombre
d’Européens et de Français musulmans victimes
du conflit algérien représente après le 19
mars, six fois plus de pertes que durant toute la période
officielle de guerre. Au 31 décembre 1962, e bilan
officiel des Français disparus en Algérie
s’élève à plus de 3000 personnes. Ce
nombre a certes été contesté, toutefois
à la fin de l’année 1962, la Croix Rouge
avait reçu 4500 demandes de recherches concernant des
Européens disparus. Il s’agissait d’un
véritable génocide planifié ainsi
qu’en rendit compte le général de Menditte
commandant le corps d’armée d’Alger :
“depuis le 1er mai les enlèvements
d’Européens à Alger et dans la Mitidja se
développent à un rythme qui ne fait que
s’accentuer dévoilant en fait un plan
concerté du FLN ” . [...] Mais les responsables du
FLN furent encore coupables d’autres inexpiables
méfaits. Ainsi quel sort fut celui des combattants de
notre armée faits prisonniers, car sans doute y en
avait-il ? Quelle protection leur procura notre gouvernement ? Il
semble qu’à cet égard nous puissions
éprouver une lourde inquiétude. Mais le crime le
plus sordide fut le sort épouvantable que connut la force
supplétive autochtone, les harkis, qui, confiants en notre
parole, combattirent à nos côtés, devenant
nos frères d’armes. Dès la signature des
accords d’Évian, ils furent désarmés
sur ordre de notre gouvernement et livrés au bon vouloir,
c’est-à-dire à la vengeance des maîtres
du pouvoir, leurs adversaires de la veille. Ils furent victimes
d’une effroyable cruauté. Lors de spectacles
macabres, des tortionnaires du régime leur firent subir
des tourments diaboliques, tandis que nos forces armées
recevaient l’ordre invraisemblable de ne pas intervenir.
Déjà en Indochine l’Armée
française avait été confrontée
à un tel drame. Alors que son éthique lui impose de
ne jamais laisser un frère d’armes blessé
tomber aux mains de l’ennemi elle devait ainsi vouer
à une mort atroce un nombre considérable des siens
auxquels elle avait du préalablement retirer les moyens de
défendre. C’était ainsi condamner les membres
de notre Armée à déroger au code de
l’honneur. Il faut que nos concitoyens sachent
qu’aucun des cadres de notre Armée qui eut à
subir une telle blessure ne peut pardonner à ceux qui lui
infligèrent. Elle demeure comme un affront
indélébile dans la carrière des praticiens
du métier des armes de cette génération.
Elle est sans doute une cause majeure dans la décision de
ceux des nôtres qui s’insurgèrent contre le
pouvoir légal.
Il ne faut hélas pas compter sur la
justice de notre pays pour sanctionner de tels méfaits. En
effet la Cour de Cassation considère que tout crime de
masse commis avant 1994, date où le code pénal
français a pris en charge les crimes contre
l’humanité, n’est pas recevable, à
l’exclusion de ceux commis durant la seconde guerre
mondiale, en raison des dispositions arrêtées par le
tribunal de Nuremberg. Ainsi seuls les crimes des nazis sont
condamnables, les atrocités communistes, bien plus
nombreuses et causes de tant d’invraisemblables malheurs
échappent à la justice. C’est ainsi que le
sinistre Boudarel, traître à son pays et
tortionnaire de quantité de nos soldats prisonniers du
Viet Minh peut vivre libre, titulaire de surcroît
d’une chaire de faculté acquise grâce à
la protection de ses complices marxistes de
l’Éducation Nationale. Il en est de même des
« porteurs de valises » qui en apportant assistance
aux adversaires de notre armée dans ce qui fut reconnu
comme étant une guerre, commirent un crime de
traîtrise caractérisé.
Le peuple
algérien allait payer très cher la remise du
pouvoir au FLN. Dès le début de
l’indépendance une meurtrière guerre civile
opposa l’armée de l’intérieur
constituée des authentiques combattants pour
l’indépendance à celle de
l’extérieur, dite Armée de Libération
Nationale (ALN) qui s’était tenu à
l’abri des coups de forces derrière les
frontières tunisienne et marocaine, pour entrer en
Algérie après le 19 mars. Alors que la
première formée principalement des willayas kabyles
était fondamentalement nationaliste, l’ALN
était soumise à l’idéologie marxiste,
soutenue et puissamment armée par l’Union
Soviétique. Elle l’emporta et imposa son
idéologie , portant ses chefs à la tête de
l’Etat algérien, Ben Bella et Houari Bou
Médienne. Ils commirent toutes les erreurs
stratégiques propres au communisme : gaspillage de
l’argent facile procuré par la manne
pétrolière , étatisation de
l’économie, politique de subventions plutôt
que de productivité, investissements stériles,
planification étatique tuant l’initiative
individuelle, auxquels il faut ajouter une arabisation anarchique
et de surcroît une absence de politique
démographique, qui en 40 as porta la population du pays de
8 à 30 millions d’habitants, sans que soient acquis
les moyens de satisfaire leurs besoins. Le résultat se
constate dans la situation catastrophique de la malheureuse
Algérie : une situation économique alarmante
engendrant une pauvreté intolérable, une
agriculture ruinée, un taux de chômage destructeur
de toute espérance en l’avenir pour une abondante
jeunesse, la dissidence des Kabyles déterminés
à faire reconnaître leur personnalité
à un pouvoir central totalitaire, les crimes
démentiels d’islamistes intégristes entendant
imposer par la terreur leurs conceptions religieuses. Nous ne
pouvons que déplorer un tel échec de
l’indépendance algérienne sans commettre pour
autant l’erreur de nous immiscer dans la conduite des
affaires de ce pays souverain. Les hommes du FLN qui sont
actuellement au pouvoir ont évolué par rapport
à ceux qui commirent les crimes impardonnables
d’hier, dont ils ne peuvent assumer la
responsabilité. Il apparaît par contre indispensable
de chercher, dans la limite de nos moyens, à aider ce
peuple frère à trouver un équilibre social
et économique satisfaisant. Car au-delà d’une
communauté d’existence de 130 ans et
l’attachement qu’un million de nos concitoyens
éprouvent pour ce pays qu’ils travaillèrent
à mettre en valeur, nous avons à faire face
à un destin commun. Dans la marche des affaires du monde
le bassin méditerranéen constitue en effet un
ensemble géostratégique qui conditionne
l’équilibre politique et économique de ceux
qui en font partie, et dont leur avenir. La France et
l’Algérie bordent ce brillant berceau civilisateur
de l’humanité. Il aura sans doute encore demain un
rôle important à jouer dans le cadre de la
refondation que connaît actuellement le monde [...].
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