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Jusqu'à
la fin, l'Ambassadeur Albert Chambon a conservé une
agilité d'esprit et un enthousiasme admirables,
malgré son grand âge. Grand diplomate, qui a servi
la France dans de nombreux pays, de la Chine au Pérou, en
passant par le Sénégal, Albert Chambon était
un homme de profonde culture et d'intense
spiritualité.
Déporté à Buchenwald pour faits de
Résistance, il est resté à jamais
marqué par cette expérience indicible, dont il a pu
écrire : "Dans le monde déshumanisé des
camps de concentration, un extraordinaire privilège nous
était offert à tous : celui d'atteindre sans effort
les sommets de la spiritualité", en évoquant
à ce propos "la grâce de Buchenwald"… C'est,
je pense, dans cette relation mystérieuse avec le malheur
qu'un homme de sa trempe a trouvé son inspiration pour le
restant de ses jours. Il avait pris sa "retraite" de haut
fonctionnaire il y a trente ans, mais il a continué,
jusqu'à son dernier souffle, à combattre pour le
salut de la France, donnant en dernier lieu une préface au
livre du général Gallois, Devoir de
vérité, dont Philippe Bourcier de Carbon nous
parle, dans l'hommage qu'il lui a rendu ici.
J'ai eu la chance de faire la connaissance d'Albert Chambon il y
a douze ans, quand je lui ai demandé de faire une
conférence sur la Seconde guerre mondiale à
l'université annuelle du Club de l'Horloge, où il a
proclamé, lui, l'ancien délégué
régional du Conseil national de la Résistance :
"Non, la France n'a pas collaboré !", en réponse
à ces sycophantes qui cherchent à salir notre
histoire. Je n'ai cessé, depuis, d'admirer son ardeur,
tant il mettait d'énergie, malgré le poids des
années, dans son action pour la France. J'ai eu le bonheur
de le retrouver en mars 2001 à Voix des Français,
quand je suis devenu président de l'Association, puisqu'il
avait bien voulu faire partie de notre Comité
d'honneur.
Albert Chambon nous laisse une grande leçon. Il nous
apprend qu'il faut viser haut, sans jamais se laisser abattre par
les coups du sort. Il restera présent dans nos cœurs
et dans nos pensées. A son épouse, Nicole Chambon,
et à leurs trois enfants, nous disons notre affectueuse
sympathie. ____________________________________________
Suivons son exemple !
par René Servoise, Ambassadeur
Albert Chambon fut un diplomate hors normes
dont les qualités l’auraient fait distinguer dans
toute carrière. De ces qualités, la dominante
était la générosité, celle du
cœur, au sens de Descartes.
Tous ceux qui ont eu le
privilège de le rencontrer ou de travailler avec lui ont
été frappés par son dynamisme, les obstacles
rencontrés étant pour lui autant
d’incitations à reprendre le combat.
Nos
carrières diplomatiques nous ayant entraînés
hors de l’Europe, j’eus maintes fois l’occasion
d’admirer l’altière idée qu’il se
faisait de la France. « Gesta Dei per Francos »
était son credo.
A la retraite - mais ce mot a-t-il un
sens pour un homme de son tempérament ? -, Albert Chambon
multiplie ses activités et ne cesse de combattre pour la
défense et l’illustration de valeurs nationales.
D’où son adhésion à Voix des
Français, la création de l’AROC et du
Comité pour une Europe plurielle.
Son vœu
était que chacun de nous s’engage pour la
défense de la nation française. Si nous savons
suivre son exemple, le salut est là.
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