La
tribune du mois :
« L’école française et le choc de
l’immigration.»
Certes la crise de
l’école déjà ancienne ne saurait être
entièrement imputée à l’immigration mais
celle-ci est venue s’articuler funestement sur les
conséquences de Mai 68 et son cortège de dérives
pédagogiques et égalitaristes. Le résultat est un
précipité fâcheux qui rend impossible la conduite
des classes où se pressent parfois jusqu’à
plusieurs dizaines de nationalités. Car, s’il est bien
connu que l’assimilation est une chose possible pour un
individu pris dans sa seule destinée, dès lors
qu’il s’agit d’assimiler des masses la
tâche devient impossible, provoquant la ruine de
l’école ou sa communautarisation, au moment même
où l’école de la république eut du
s’afficher comme un modèle fort. Non seulement elle
«n’intègre» pas, comme l’on dit à
tort, mais elle «désassimile» les petits
écoliers de souche.
Dés lors, la classe politique, avec une
persévérance obtuse, s’est attachée à
nier la réalité de la ruine de l’école puis,
les faits étant têtus, s’est employée à
penser que la crise que connaissait l’école était
une affaire de moyens et la voilà toute entière
adonnée à la dépense publique à coup de
discrimination positive, de ZEP et autres dépenses, mais
toujours aussi aveugle aux impasses de la société
multiculturelle. Voici donc quelques exemples des
«territoires perdus de la république» à
l’école dont il faut bien admettre, au sein du
phénomène migratoire, qu’ils sont surtout perdus
au bénéfice de l’islam.
D’écoles en «Elco»
En janvier 2001, les directeurs d’écoles ont reçu de leur inspection académique une circulaire dont l’objet est le suivant : «enseignement des langues et des cultures d’origine» ( ELCO) On y lit : «il serait bon d’envisager la création de cours de marocain tunisien et/ou algérien suivant le besoin ressenti par la famille». Une lettre écrite en arabe algérien, arabe tunisien et arabe marocain est jointe pour que les maîtres la distribuent aux enfants. La traduction de la lettre fait apparaître le propos suivant : «votre enfant peut recevoir à l’école un enseignement fondé sur l’étude de SA LANGUE NATIONALE [...]. PAR ACCORD AVEC LE GOUVERNEMENT FRANÇAIS ET LE GOUVERNEMENT ALGERIEN CES COURS SONT ASSURES PAR DES ENSEIGNANTS ALGERIENS QUALIFIES ». Et la lettre de poursuivre : « ces enseignements doivent permettre à votre enfant de mieux connaître la langue et la société de son pays. Ainsi, en se connaissant mieux lui-même il doit pouvoir réussir dans l’école française, c’est ce que nous cherchons en commun». Les contradictions du propos sont tellement évidentes avec l’objectif affiché «d’intégration» qu’on ne peut s’empêcher de soupçonner une volonté délibérée et criminelle de communautarisation de la société française, façon puzzle, sans mesurer les conséquences d’une démagogie aussi irresponsable. Hélas, on ne sache pas qu’une telle circulaire ait été aujourd’hui abolie.
La question de la laïcité
Cela devrait être la grande
question de ce début du XXI° siècle. Le pouvoir en
France, de Pasqua à Jospin et Chevènement, a
rêvé d’un islam à la française. Sarkozy
l’a fait. Voilà plusieurs années qu’on en
paye le prix. Ainsi, dans l’éducation nationale,
depuis 1996, on invite fortement à prendre en compte
l’enseignement de l’islam, qui était pourtant
déjà enseigné, ni plus ni moins que le
christianisme, comme « phénomène religieux»
depuis des lustres en classe de cinquième.
Mais l’islam s’empare également de
l’éducation en utilisant les lois Debré pour
créer ses propres établissements. Ainsi, un lycée
d’enseignement privé musulman pourrait ouvrir à
Lille à la rentrée scolaire 2003, selon les
déclaration du recteur de la mosquée de Lille-sud. Ce
dernier affirme que, pour l’instant, le financement est
constitué par des dons des fidèles, comme pour les
mosquées dont il s’est avéré ensuite
qu’elles étaient financées par des pays du
Moyen-Orient. A dire vrai, le phénomène n’est pas
tout à fait nouveau, puisqu’à Marseille et à
Aubervilliers des formules de contrat d’association sont
aussi en voie d’aboutir. La nature religieuse ayant horreur
du vide, comme la nature, tant que le matérialisme et
l’incroyance demeureront la norme de nos
sociétés, ce vide se remplira de l’islam,
d’autant qu’il est porté par des populations
immigrées majoritairement issues de pays musulmans.
Quant à l’école publique, l’illustration de
ce choc est donnée par la pratique du ramadan. Dans certains
établissements, où les élèves musulmans sont
majoritaires, la quasi-totalité d’entre eux respecte
cette période. Mais faire cours à des élèves
à jeun est très difficile, et les cas
d’hypoglycémie sont légion ce qui rend souvent
improbable la poursuite des cours : les contrôles de
connaissance sont reportés et, en sport, les épreuves
sont différées, tandis que l’intendant rembourse
les repas non pris à la cantine. Mais le comble est atteint
lorsqu’on interroge ces jeunes gens qui admettent
qu’ils ont commencé à suivre le ramadan à
partir de la sixième «car tout le monde le
faisait» : et c’est ainsi qu’a
l’école de la république s’apprend le
ramadan !
La solution est politique
On aura compris : une bonne partie
des problèmes qui se posent à l’école ne
relèvent pas de sa compétence et la crise qu’elle
subit est due à la prétention des différents
pouvoirs à se défausser sur elle des problèmes
qu’ils sont incapables de régler. Car si le retour
à un enseignement de qualité passe, bien entendu, par
le retour à ses fonctions premières - lire écrire,
compter, etc. - en rompant avec les élucubrations
pédagico-idéologiques qui la minent depuis plus de 30
ans, il n’en demeure pas moins que c’est au Parlement
qu’il revient de résoudre l’épineuse
question de l’immigration et non à l’école
!
Tant que le pouvoir ne reviendra ne repensera pas de fond en
comble le code de la nationalité, l’école, mais
aussi la nation toute entière resteront en crise !