L'actualité du mois
Intifada à Anvers !
Qu'une grande ville européenne soit le théâtre d'émeutes de la part de bandes de jeunes immigrés est aujourd'hui tristement banal. Ce qui l'est moins, en revanche, c'est le rôle joué à Anvers par une mystérieuse Ligue arabe européenne, qui s'était déjà fait connaître par la création de Comités de protection de la jeunesse arabe chargés de surveiller la police belge jugée... raciste. Mais, en matière de racisme, c'est plutôt Abou Jahjah, le leader de la Ligue qui se pose là. Islamiste convaincu, cet Anversois d'origine libanaise a en effet publié sur son site internet cette édifiante profession de foi : " Anvers est le bastion du sionisme en Europe, elle doit devenir La Mecque de l'action pro-palestienne ". Autant dire que les émeutes du 27 novembre dernier constituent bien la première intifada menée au cœur même de l'Europe.
Trois questions à... Filip Dewinter
Président du groupe
Vlaams Blok au Conseil municipal d'Anvers
Filip Dewinter est conseiller municipal d'Anvers, ville dans laquelle il a obtenu plus de 30 % des voix aux dernières élections. Il est aussi l'un des dirigeants du Vlaams Blok, un parti politique flamand qui s'inscrit dans le fort courant populiste qui entreprend de lutter, partout en Europe, contre l'immigration massive et la fiscalité excessive. Avec sa sensibilité propre le Vlaams Blok s'apparente donc aux mouvements de M. Haider en Autriche, MM. Bossi et Fini en Italie, Mme Kjærsgaard au Danemark et, bien sûr, MM. Le Pen et Mégret en France.
Voix des Français : Les récentes émeutes d'Anvers ont révélé l'existence de la Ligue arabe européenne. Pouvez-vous nous en dire davantage sur cette organisation ?
La LAE existe depuis quelques années seulement. Il y a six mois, personne n'avait entendu parler d'elle ni de son leader : Dyab Abou Jahjah. D'origine libanaise, ce dernier a obtenu la nationalité belge par le biais d'une demande d'asile bidon (qu'il avoue aujourd'hui) et d'un mariage blanc (certifié par son ancienne épouse). Jahjah a d'abord essayé de mener son combat au sein de la mouvance socialiste. Aujourd'hui, la LAE rejette l'intégration des immigrés, qu'elle considère comme une conception raciste. Jahjah se réfère à Malcolm X, qui jugea Martin Luther King trop mou. Les élus socialistes d'origine étrangère sont qualifiés par lui de "bougnoules domestiqués". Jahjah refuse de condamner les attentats du 11 septembre et exprime ouvertement le souhait que Sharon soit assassiné. Il veut importer le conflit du Moyen-Orient en Europe. La LAE multiplie les provocations tous azimuts : pour elle, l'arabe doit être reconnu comme langue officielle en Belgique ; elle organise de patrouilles d'observation contre le "racisme" de la police anversoise, etc.
Face à ces agissements, quelle a été la réaction de la classe politique belge ?
C'est carrément la panique, comme en témoigne l'arrestation-spectacle d'Abou Jahjah pendant quatre jours [...]. Pour la classe politicienne, l'émergence ultramédiatisée de Jahjah est catastrophique, car elle a détruit le mythe de la politique d'intégration réussie. Implicitement, Jahjah donne raison à la droite nationale flamande qui a toujours prévu les problèmes actuels. Dans certains quartiers anversois, une purification ethnique est en train de se produire, avec une délinquance qui vise essentiellement les autochtones. L'effet repoussoir pourrait agrandir considérablement l'électorat du Vlaams Blok.
Et vous, que préconisez-vous ?
Jahjah incarne en lui seul la faillite de la politique d'intégration : demande d'asile bidon, mariage blanc, chômage professionnel. Il faut mettre fin au laxisme. Le Vlaams Blok veut inverser les flux migratoires: les délinquants et les clandestins doivent retourner chez eux. Les immigrés légaux refusant de respecter notre identité nationale, nos traditions et nos coutumes doivent être incités à réintégrer leurs pays d'origine.
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