LE CRI DU PEUPLE

J'écris ces lignes au lendemain du premier tour de l'élection présidentielle. Il faut l'avouer: je ne m'attendais pas à un résultat aussi sensationnel, qui ne peut que nous réjouir le cœur. Rappelons-en les grands traits:

-la gauche immigrationniste est éliminée dès le premier tour;

- la droite, dans son ensemble, atteint 57 % des voix, avec ses huit candidats, toutes tendances confondues;

- en son sein, les deux candidats de la "droite populiste" (Jean-Marie Le Pen et Bruno Mégret) totalisent 20 % des voix; ce qui veut dire que la France n'a jamais été aussi à droite...

- le parti communiste dégringole à 3 % ; c'est la chute finale !

Ne boudons pas notre plaisir. Même ceux - dont je ne suis pas - qui estiment possible de "dépasser le clivage droite-gauche" sont bien obligés de reconnaître que toute la gauche est immigrationniste et que, si elle s'est divisée à propos du traité de Maëstricht et de la question de la souveraineté, elle est unanime pour refuser la réalité charnelle de "identité nationale. Or, à quoi servirait que la France fût souveraine, si elle n'était plus vraiment la France ? Si elle était devenue, disons, une République islamique ?

l'échec du soi-disant "pôle républicain" de Jean-Pierre Chevènement était aussi souhaitable que prévisible, parce que ses dirigeants étaient des hommes de gauche, ce qui leur interdisait de vouloir et de proposer les conditions du salut national.

Cela ne signifie pas, bien sûr, que tous les hommes de droite les aient aussi bien comprises que nous, adhérents et militants de Voix des Français. Notre mission est de faire évoluer et de convaincre ceux qui croient encore aux idées fausses du "politiquement correct" imposé par la gauche. Nous ne sommes pas une structure partisane, et nous contribuons, avec les moyens qui sont les nôtres, à rapprocher les fractions éparses d'une droite éclatée. Je voudrais rendre hommage ici, à ce propos, à l'action de nos deux vice-présidents, Gérard Hannezo et Lucien Robin.

Car les dissensions sont grandes à l'intérieur de la droite. C'est là un danger majeur pour l'avenir. Il ne faudrait pas que le superbe vote du premier tour se révèle être une victoire à la Pyrrhus. Si le duel du second tour entre Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen devait aggraver les divisions au sein de la droite, celle-ci pourrait connaître des lendemains difficiles, et cela dès les élections législatives des 9 et 16 juin prochains.

Et nous risquons d'avoir un président mal élu : non seulement parce que Jacques Chirac a eu, au premier tour, moins de 20 % des suffrages exprimés, mais surtout parce qu'il serait l'otage de la gauche, si c'était à elle qu'il devait sa victoire au second tour.

Cette élection crée une situation nouvelle qui donne à Voix des Français encore plus de poids pour se faire entendre, afin d'obtenir une révision de la politique d'immigration. Puisse Jacques Chirac entendre le cri que le peuple a poussé, dans le langage des urnes, et qui a retenti aux oreilles de Lionel Jospin comme un "coup de tonnerre" ! Il ne faut plus que le pouvoir, en France, soit confisqué par les technocrates et les idéologues. Il faut que les Français, enfin, redeviennent les maîtres chez eux.

Henry de Lesquen
Président de Voix des Français - Renaissance 95
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