
Jean-Pierre Péroncel-Hugoz dénonçait dans Le Radeau de Mahomet "la cohorte des orientalistes qui se croient obligés d'adopter, dans leurs écrits ou leurs propos concernant l'islam, une attitude où l'excès de révérence, l'omission volontaire ou pis : le travestissement ou la complaisance, portent de mauvais coups à la vérité, à la science". Dans un monde où un certain nombre de musulmans commettent des violences au nom de l'islam, on cherche à installer dans l'opinion l'idée d'un clivage simpliste entre, d'une part, un "islamisme" aussi dangereux que pernicieux, et, d'autre part, un islam qui serait au contraire essentiellement bon et pacifique. La réalité est plus complexe.
Bien des musulmans, de leur côté, tiennent à l'intention des Occidentaux un discours où la désinformation se mêle étroitement à l'information, car ils cherchent à donner une image aussi rassurante que fallacieuse de leur religion. L'islam a fait une doctrine de la dissimulation (taqiyeh), que le bon musulman a le devoir de pratiquer, le cas échéant, dans l'intérêt de sa religion, pour garder le secret (ketman) sur ce qu'elle est réellement. C'est ainsi, par exemple, que le port du voile par les femmes, qui est une obligation imposée par la charia (la loi coranique), nous est présentée comme un droit de l'homme (ici, de la femme)...
Ce double tangage n'est pas l'exception, mais la règle. Un partage des rôles s'est institué entre les orientalistes qui proclament doctement le déclin de l'islamisme et les propagandistes de l'islam en Occident, qui nous présentent le visage avenant d'une religion tolérante et pacifique.
En réalité, si le christianisme est la religion de la charité, de l'amour, l'islam est, à l'inverse, la religion du djihad. On nous dit que le djihad, c'est un effort spirituel que l'on exerce sur soi-même pour s'améliorer... Le grand islamologue Maxime Rodinson rétablit ainsi la vérité: "Le "djihadn, c'est l'obligation, dans la doctrine musulmane classique, de mener la lutte, en particulier la guerre, pour étendre le domaine de la vérité, c'est-à-dire le domaine de l'islam. C'est ce qu'on appelle souvent la guerre sainte. "
Depuis Mahomet, le message de l'islam a été propagé en priorité par les armes. Et l'on n'a jamais vu nulle part de cohabitation durablement pacifique entre musulmans et non-musulmans. La doctrine musulmane distingue le dar el islam ("monde de la soumission"), d'une part, c'està-dire l'ensemble des pays musulmans, et le darel harb, le "monde de la guerre", d'autre part. Samuel Huntington peut parler des "frontières sanglantes de l'islam". En effet, à la périphérie du monde musulman, les conflits se multiplient : Bosnie, Kossovo, Macédoine, Thetchénie, Karabakh, Cachemire, Moluques, Philippines, Soudan, Nigeria, sans parler de la Palestine.
La thèse du déclin de l'islamisme, qui relève de la désinformation, a une fonction idéologique précise : elle vise à endormir les Français et 'es Occidentaux, pour qu'ils ne mesurent pas à leur juste valeur les dangers que représente l'islam pour leur civilisation.