FIERTÉ OU REPENTANCE ?
Comment ne pas être fiers
d'être français ? La France, notre patrie, est parvenue
à se hisser au sommet de la grandeur au
XIIIème siècle, avec Saint Louis, puis
à nouveau au XVIIème siècle, avec Louis
XIV : elle a connu alors une civilisation qui n'a jamais eu
d'équivalent dans l'histoire de l'humanité, même
pas en Grèce sous le règne de Périclès ou
à Rome sous celui d'Auguste. Et, aujourd'hui, si le rang de
la France dans le monde a terriblement rétrogradé, elle
demeure inimitable dans bien des domaines... Certes, elle a
beaucoup perdu de sa puissance et de son prestige; certes, ses
dirigeants politiques sont trop souvent médiocres et
méprisables ; mais elle compte encore des héros et des
saints. Et songez qu'elle seule a su vraiment faire un art de la
banale nécessité de manger, ce qui est, à mon
avis, le signe même du raffinement !
Oui, nous pouvons être fiers d'être français : qui
que nous soyons, nous avons notre part des grandeurs de la
France, et nous pouvons nous dire un peu mathématiciens avec
Henri Poincaré, philosophes avec Pascal, poètes avec
Racine, guerriers avec Jeanne d'Arc.
Alors, pourquoi ce masochisme de la "repentance", qui touche non
seulement la France, mais aussi l'Occident tout entier ? Il
s'agit d'une vaste opération de subversion qui vise à
défigurer notre passé, en en donnant une lecture
partielle et partiale, sélective et orientée, pour nous
faire honte de notre identité et nous faire accepter, en
conséquence, cette folle politique d'immigration qui est en
train de transformer notre nation en société
multiculturelle.
On voudrait nous imputer une responsabilité collective, qui
s'étendrait de génération en génération,
comme un nouveau péché originel propre à
l'Occident, pour des fautes, réelles ou supposées,
commises par certains Français ou certains Occidentaux,
à certaines époques. Le comble a été atteint
le 16 juillet 1995, quand le nouveau président de la
République, Jacques Chirac, a osé renier la parole de
tous ses prédécesseurs en déclarant que la France
demeurait éternellement coupable vis-à-vis des juifs,
au titre des crimes commis contre certains d'entre eux sous
l'occupation allemande.
Eh bien, nous ne marchons pas ! On n'a pas le droit, surtout
quand on est à la tête de l'Etat, d'opposer une
catégorie de Français, fût-elle minoritaire,
à une autre, fût-elle majoritaire. Tous les
Français sont égaux devant leur histoire, et devant les
lois de la République, quelle que soit leur origine ou leur
religion. Nous refusons ces mensonges, ces amalgames, ces
anachronismes ! En tant que chrétiens, ou simplement, en
tant qu'Occidentaux, nous n'acceptons pas de responsabilité
pour les fautes ou les péchés que nous n'avons pas
nous-mêmes commis personnellement. Quant à notre
histoire, nous l'acceptons et la revendiquons en bloc, avec ses
éclairs de lumière, mélangés de quelques
zones d'ombre, comme le veut la complexité de la vie. Et
nous proclamons que nous sommes fiers d'être
français.
Nous ne répéterons jamais assez ce cri du cœur que
nous inspire l'amour de la patrie et la tendre
vénération que nous avons pour ceux qui nous ont
précédés : vive la France !
Henry de Lesquen
Président de Voix des Français - Renaissance 95
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