LA DISCRIMINATION SOCIALISTE CONTRE LA RÉPUBLIQUE

Sous le nom trompeur de "discrimination positive", on a introduit en France, depuis quelques années, les politiques américaines dite d' "affirmative action", dont l'objet est d'accorder des avantages légaux aux individus appartenant à des catégories considérées comme défavorisées, spécialement des minorités ethniques comme les Noirs ou les Hispaniques. Il s'agit, en France, de favoriser les populations immigrées pour permettre, nous explique-t-on, leur "intégration" dans la société. Ce type de discrimination, que ses promoteurs qualifient de "positive", pour nous faire accroire qu'elle est légitime, s'exerce donc à rebours de celle dont seraient victimes les immigrés et aurait pour but de la compenser. Je préfère parler, pour ma part, de discrimination socialiste, car il s'agit bien d'une manifestation de cette idéologie, en France comme aux Etats-Unis.

L'un des domaines d'application de la discrimination socialiste, celui où elle s'exerce avec d'autant plus d'aisance qu'elle rencontre les tendances du corps enseignant, c'est, bien entendu, l'école. Nous avions déjà, depuis longtemps, les Z.E.P. (zones d'éducation prioritaires), et voici maintenant que l'Institut d'études politiques de Paris ("Sciences Po") institue un recrutement spécial, sans concours, sur simple dossier, réservé aux élèves des quartiers difficiles...

Il est évident que la discrimination instituée par la loi, quels qu'en soient les bénéficiaires, bafoue les principes essentiels de la République, fondés depuis 1789 sur l'égalité des citoyens devant le droit. C'est ainsi que le système des examens et des concours, qui a remplacé celui des privilèges et des faveurs, est un des piliers de l'égalité républicaine et ouvre à chacun tous les emplois publics, sans autre considération que les talents et les mérites. La politique de discrimination mise en œuvre par les socialistes est un coup porté à la République.

Nous ramène-t-elle à l'Ancien Régime ? Même pas. Les privilèges d'antan avaient été lentement façonnés par la tradition et ont longtemps contribué à la cohésion de la communauté nationale, avant que l'évolution de la société ne les rendent obsolètes. La discrimination socialiste est l'expression d'un "projet de société" de type constructiviste, marqué par une idéologie qui veut faire table rase du passé. La discrimination socialiste pourrait-elle, au contraire, être regardée comme un dépassement et un accomplissement de l'égalité républicaine ? Encore moins. Cet argument, qui oppose au fond une égalité "réelle" à l'égalité "formelle", est aussi fallacieux que la distinction de Marx entre les libertés réelles et les libertés formelles, qui a justifié le Goulag. L'égalitarisme des socialistes nie l'égalité authentique, puisqu'elle consiste, par définition, à traiter différemment deux individus, sur le seul critère de leur origine, de leur race ou de leur ethnie, et qu'elle demande donc à l'Etat de faire ce qui est interdit aux particuliers depuis la loi Pleven de 1972. Elle déshumanise l'homme en l'étiquetant dans une catégorie ethnique. Il est significatif que ceux qui rejettent la préférence nationale instituent, symétriquement, une préférence étrangère ou une préférence immigrée dont la finalité, à peine dissimulée, est de détruire la nation pour la transformer en société multiculturelle, dans un espace sans frontières. La discrimination socialiste, qui emploie les voies de l'étatisme, est au service du cosmopolitisme des soi-disant "citoyens du monde", qui tournent en réalité le dos à leurs devoirs de citoyens ftançais.

La discrimination socialiste n'est pas moins injuste que celle qu'elle est censée corriger, et dont l'existence est, au demeurant, à démontrer. En instituant des privilèges au profit des immigrés, elle a pour effet de dévaloriser ceux-ci aussi bien à leurs propres yeux qu'à ceux des Français de souche. Au delà même des principes républicains, elle offense la dignité humaine.

Henry de Lesquen Président de Voix des Français

N.R. : Notre assemblée générale du 23 juin a été l'occasion, pour tous les adhérents, de manifester leur soutien à l'équipe qui est maintenant aux commandes et qui entend poursuivre dans la voie tracée par le fondateur de l'association, Paul Lambert, dans la fidélité à nos convictions communes. Le rapport d'orientation que j'ai présenté a été adopté à l'unanimité, ce qui m'a beaucoup touché. Je vous remercie de votre confiance. Je m'emploierai de toutes mes forces à servir la cause qui est la nôtre, comme vous me l'avez demandé
Henry de Lesquen
Président de Voix des Français - Renaissance 95
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