Voici un siècle, l'empire Victorien, le plus vaste empire de l'histoire, dominait déjà le monde.
Par leurs alliances avec les familles de l'élite WASP (White, Anglo-saxon, Protestant),
les élites dirigeantes britanniques de cet empire favorisèrent l'émergence des Etats-Unis
sur la scène mondiale, entrés délibérément en guerre en 1898 contre l'Espagne après l'explosion
(très suspecte) du cuirassé américain Maine dans le port de La Havane.
Alors déjà, les dirigeants des Etats-Unis camouflaient leur cynique soif d'hégémonie et leurs brutales ambitions
impériales derrière un discours qui instrumentalisait en les magnifiant, la Démocratie, la Liberté et le Droit,
comme les principes humanitaires, ainsi que le rappelle Henry Kissinger dans son dernier ouvrage
intitulé Diplomatie.
Ce sont ces mêmes élites anglo-saxonnes qui, après avoir organisé la panique monétaire de 1907 aux Etats-Unis
(comme le révèle le prix Nobel Milton Friedman), jetèrent les bases de leur nouvel empire mondial en imposant
à l'opinion publique en 1913 la création de la banque centrale des Etats-Unis, le Federal Reserve System,
dont elles conservent toujours depuis lors le contrôle étroit.
Elles créèrent en outre à cette même époque, sur les modèles de la Round Table
et de la Fabian Society de l'empire Victorien, de nombreuses organisations, réunissant discrètement
les personnes des milieux financiers, politiques, médiatiques, industriels, syndicaux, intellectuels
et universitaires, les plus puissantes de la planète : elles fondèrent ainsi
entre autres, sous la houlette du "colonel" Edward Mandel House, mentor du Président Woodrow Wilson,
le Council of Foreign Relations (CFR) à New-York, et le Royal Institute of International Affairs
(Chattam House) à Londres, qui essaimèrent par la suite en d'autres organisations similaires
dans bien d'autres pays.
A l'issue du premier conflit mondial, c'est encore la "diplomatie" des Etats-Unis qui imposa largement
aux Etats européens les nouveaux découpages des empires centraux vaincus, abrités derrière les fameux
"quatorze points", attribués, pour les innombrables naïfs, au Président W. Wilson.
Un quart de siècle plus tard, le CFR et le RIIA ont pu à nouveau exercer leurs influences lors du partage
de l'Europe et du monde qui a prévalu lors des conférences de Yalta et de Postdam,
après l'écrasement des puissances de l'Axe. Les ouvrages du professeur américain Caroll Quigley
(cf par exemple Tragedy and Hope ou The Anglo-American Establishment) auquel le Président Bill Clinton
a rendu publiquement hommage lors de son allocution d'investiture, font désormais autorité sur le sujet.
Bien que toujours inconnu du grand public, le CFR de New-York, associé à son homologue britannique, le RIIA de Londres,
continue de gérer, depuis les premières décennies du siècle, le destin et la vie politique des Etats-Unis,
et prétend à présent régenter le monde entier en imposant son Nouvel Ordre Mondial,
conforme aux conceptions, et surtout aux intérêts et à la soif de puissance de leurs chefs.
Ces organisations ont du reste, depuis une trentaine d'années, essaimé en de multiples cercles "externes"
transnationaux, dont certains, tels le Groupe Bilderberg (en 1954), la Commission Trilatérale (en 1973)
ou le Forom de Davos (en 1978), commencent désormais à être connues du grand public,
les médias n'acceptant que maintenant seulement, d'en parler peu à peu à l'occasion.
Dans son allocution inaugurale à la session de Juin 1991 du Bilderberg Group, en effet, M. David Rockefeller,
président de la Chase Manhattan Bank, fils du grand John Davison Rockeffeller, l'un des fondateurs du CFR,
que lui, son fils, préside aujourd'hui, lui-même fondateur et actuel président de la Commission Trilatérale,
accueillait ainsi à Baden-Baden les personnalités venues du monde entier participer aux travaux :
« Nous remercions le Washington Post, le New-York Times, Time Magazine et les autres grandes publications
dont les directeurs ont assisté à nos réunions et respecté leurs promesses de discrétion
pendant au moins quarante ans. II eut été impossible pour nous de développer notre place
mondiale si nous avions été l'objet d'une publicité quelconque pendant ces années-là.
Mais le monde est aujourd'hui vraiment plus sophistiqué et préparé à marcher vers un gouvernement mondial.
La souveraineté supranationale d'une élite intellectuelle et des banquiers mondiaux est certainement préférable
aux décisions nationales qui se pratiquent depuis des siècles... ».
Soulignons en passant que les Rockefeller, père et fils, se sont par ailleurs, depuis au moins les années 1930,
constitués les champions du malthusianisme mondial, et de la lutte contre la fécondité humaine.
A la suite des recherches qu'ils
ont financées avec persévérance, ce sont leurs firmes qui possèdent aujourd'hui les premiers brevets des pilules
contraceptives à oestrogènes, ainsi que ceux des premiers stérilets abortifs.
Leurs immenses richesses et les multiples fondations privées exemptées d'impôts,
dont le Population Council, qu'ils ont créées aux Etats-Unis, leur ont en outre permis d'exercer
depuis les années 1950 dans ce domaine, un véritable magistère sur les organisations internationales,
en particulier sur le système des Nations Unies. Cette influence prend aujourd'hui tout son sens en Europe,
dont les peuples sous-féconds sont désormais largement engagés depuis 25 ans
dans un processus cumulatif mortel d'implosion démographique qui renverse leurs pyramides des âges.
Tous ces groupes, dont les dirigeants aujourd'hui détiennent déjà largement de facto
les affaires mondiales, tentent d'unir leurs efforts pour imposer maintenant à tous les peuples du monde
l'émergence et la construction de jure d'un gouvernement mondial qui se substitue aux Nations,
et spécialement aux Etats-Nations historiques, appelés à être dissous, qui subsistent encore.
Et les textes des traités européens récents imposés aux opinions publiques européennes,
tels l'Acte Unique (1986), le traité de Maastricht (1992) et celui d'Amsterdam (1998),
prennent alors tout leur sens sous cet éclairage, en constituant l'étape décisive
de la quête de cet objectif : Un gouvernement mondial devant très vite disposer d'une monnaie
mondiale (l'euro, déjà presque à parité avec le dollar, étant appelé à fusionner avant dix ans
dans une monnaie unique transatlantique), et d'une police mondiale dévolue à l'OTAN,
bras armé des maîtres mondialistes, qui s'essaie aujourd'hui à son nouveau
rôle en détruisant la Serbie, alliée traditionnelle de la France,
pour imposer par la force et la terreur le Nouvel Ordre Mondial
des Rockefeller and Co. aux peuples récalcitrants.
Même si les opinions publiques en sont toujours tenues dans l'ignorance, cet état de chose des affaires
du monde n'est plus, bien sûr, au-delà des cercles des initiés, totalement inconnu d'un public averti.
Ainsi Le Figaro a-t-il fait écho récemment dans sa page Opinions à des positions qui faisaient
des allusions précises sur ce sujet: .le 30 Mars 1999, l'historien Dominique Venner
y publiait un court article sur la guerre à la Serbie sous le titre éloquent :
"Qui commande le monde ? "; mais surtout le 18 Janvier 1999, dans un article intitulé
"Vers une Europe américaine, Amsterdam est l'aboutissement d'une politique hégémonique
destinée à faire disparaître les Nations européennes",
l'ancien ambassadeur de France Albert Chambon, révélait le dessous des cartes du traité
d'Amsterdam en impliquant directement l'action du CFR et de la Trilatérale.
Il est particulièrement révélateur d'observer que, en réponse à l'article de M. l'Ambassadeur
Albert Chambon qui brisait.
ainsi 1 'Omerta en révélant dans la grande presse à l'opinion ftançaise le rôle moteur du CFR
et de la Trilatérale dans l'élaboration du traité d'Amsterdam, ce fut le polono-américain,
Zbigniew Brzezinski, conseiller de M David Rockefeller et de plusieurs Présidents des Etats-Unis,
qui s'est senti tenu de publier dans les mêmes colonnes du Figaro, le 26 Janvier 1999,
un article intitulé : « Défense de la Trilatérale. Il n'y a aucun "complot" ».
Or, c'est ce même personnage qui,
quelques mois plus tard, à la une du journal Le Monde du samedi 17 Avril 1999, sous le titre
"Guerre totale contre Milosevic ! "
(expression employée pour la première fois par Joseph Goebbels),
rapportait avec arrogance les dernières consignes des vrais dirigeants,
en rappelant le Président de la république Française, Jacques Chirac,
et son Premier Ministre, Lionel Jospin, ainsi que les dirigeants ftançais,
à la fidélité à leurs obligations, après près d'un mois de bombardements aériens de l'OTAN sur la Serbie.
Les drames, les atrocités et les crimes de guerre en tous genres qui ont accompagné
la dislocation de l'exYougoslavie depuis 1991, en Bosnie serbo-musulmane,
en Kraïna et Slavonie serbo-croates d'abord, et qui sévissent aujourd'hui au Kosovo albano-serbe,
masquent utilement aux opinions publiques des "grandes démocraties" occidentales les véritables enjeux
géopolitiques de ces événements, enjeux qui visent en réalité l'avenir de l'indépendance
et de la liberté en Europe face aux diktats des dirigeants mondialistes américains
et à leurs appétits de puissance.
Depuis deux ans déjà pourtant nous en étions nous Français solennellement avertis :
alors que M. Félix Rohatyn, l'un des dirigeants du Groupe Lazard Brothers de New-York,
et l'un des gestionnaires de fonds les plus puissants sur le Stock Exchange de New-York,
acceptait de s'éloigner de ses bureaux de Manhattan pour remplacer l'Ambassadeur des Etats-Unis à Paris,
Mme Pamela Harriman, qui venait tout juste de décéder subitement, M. Jacques Attali,
lui-même très proche du groupe Lazard et de M. Félix Rohatyn, ancien conseiller (et sherpa)
du Président français, François Mitterand, aujourd'hui dirigeant d'un cabinet de conseil
international financé par le Groupe Lazard, venait de signer un article fracassant dans le journal
Le Monde du 4 Mars 1997 sous le titre "Géopolitique de l'immigration".
Lui aussi, avec arrogance, fidèle écho des volontés des "cénacles" supérieurs,
mettait ainsi sévèrement en garde les responsables français :
« Si la France et l'Europe décidaient de s'affirmer comme un club chrétien.
elles devraient se préparer à l'affrontement avec un multitude d'hommes,
à une véritable "guerre de civilisations". Avec, en prime, en France, une guerre civile.
Car la France, en raison de ses choix géopolitiques antérieurs, est une nation musulmane :
l'Islam est la religion de plus de deux millions de citoyens français et du tiers
des immigrés sur son sol. »
M. Attali tenait
soigneusement cependant le lecteur de son article du Monde dans l'ignorance de la contribution essentielle
qu'il venait d'apporter, sous le titre "For a New Political Order",
au numéro spécial Winter 1996 que la revue américaine Time Magazine venait de consacrer
quelques mois auparavant à l'Europe et à son avenir n'y exposait, avec condescendance,
les vues mondiales et mégalomanes pour les 50 prochaines années des vrais dirigeants des affaires du monde,
son article, paru ensuite dans Le Monde à l'usage des seuls lecteurs français,
apparaissant dès lors n'être plus qu'une simple application localisée et provinciale
de l'exposé général du grand dessein et du grand œuvre des nouveaux maîtres du monde.
Parmi ces aperçus admirables et impératifs, on relèvera sous la plume de M. Attali
la stricte obligation américaine faite aux Etats membres de l'Union Européenne
d'intégrer dans un avenir très proche la Turquie, alliée stratégique des Etats-Unis,
comme membre à part entière de l'Union, obligation dont, du reste,
le Président de la République, M. Jacques Chirac, qui s'en était,
depuis quelques années déjà, constitué le champion, apparaît aujourd'hui le premier
et le plus zélé porte-parole en Europe.
Comme l'expose du reste sans détour, avec un cynisme ingénu, M Zbigniew Brzezinski,
en page 68 du son livre, publié en France en 1997 sous le titre : "Le grand échiquier :
l'Amérique et le reste du monde", livre que tous les citoyens des pays européens
se devraient d'avoir lu méticuleusement et de méditer, tant il identifie les conditions
du maintien pour le prochain demi-siècle de l'hégémonie mondiale à laquelle les Etats-Unis
sont aujourd'hui parvenus : « Cette approche géopolitique n'a de sens qu'autant qu'elle sert
les intérêts de l'Amérique, c'est-à-dire, à court terme, le maintien de son statut de superpuissance
planétaire et, à long terme, l'évolution vers une coopération mondiale institutionnalisée [1]...[...].
Les trois grands impératifs géostratégiques se résumeraient ainsi : éviter les collusions
entre vassaux et les maintenir dans l'état de dépendance que justifie leur sécurité;
cultiver la docilité des sujets protégés; empêcher les barbares de former des alliances offensives. »
On peut mesurer à quel point les sacro-saints principes de Démocratie,
des Droits de l'Homme et autres Droits des peuples à disposer d'eux-mêmes,
ainsi que les fondements solennels de la Charte des Nations Unies sont ici oubliés,
voire niés, car devenus alors par trop inopportuns.
En réalité l'hégémonie américaine n'a pu s'établir au XXème siècle, et ne peut se perpétuer à l'avenir,
qu'en coupant délibérément l'Europe, principal réservoir mondial des ressources humaines cultureUes,
scientifiques et techniques, des gigantesques réservoirs mondiaux de matières premières que constituent
la Russie-Sibérie d'une part, et l'Afrique d'autre part, toutes deux géographiquement
limitrophes ou proches de l'Europe.
Historiquement, ce sont les deux premiers conflits mondiaux, qui, en plongeant la Russie
dans la paralysie du communisme, puis en séparant l'Europe par le rideau de fer,
la coupant ainsi des richesses de l'Est, ont assis la domination des Etats-Unis
sur notre continent au cours de ce siècle. On mesure ici ce que l'hégémonie américaine
actuelle doit au communisme et aux deux guerres mondiales...
Le soutien des Etats-Unis à la décolonisation d'après guerre, qui plonge aujourd'hui
le continent africain dans le marasme et les guerres ethniques, le financement qu'ils
ont assuré au FLN algérien dans leurs lutte contre la France dans les années 50,
leurs menées actuelles en Afrique Centrale et Australe, illustre bien leur souci constant de chasser
l'Europe de ses positions africaines, pour la couper de ces réservoirs de matières premières.
Cependant l'effondrement interne du communisme à l'Est, et la désagrégation récente de l'empire soviétique,
en dépit des efforts désespérés de la diplomatie du Président américain Georges Bush et de son allié
le Président Mikhall Gorbatchev, constitue désormais une menace,
de nature à remettre en cause à terme la suprématie actuelle des dirigeants des Etats-Unis
sur le monde, et susceptible de ruiner, lors même qu'ils semblent enfin accessibles,
leurs rêves mondialistes.
Le livre, paru il y a deux ans sous la signature d'Alexandre del Valle, Islamisme et Etats-Unis,
une alliance contre l'Europe, [2] jette une lumière crue sur la stratégie de rechange,
engagée déjà depuis une vingtaine d'années par les dirigeants mondialistes américains
pour faire face à ce nouvel état de chose. On constate que, de l'Irak à l'Afghanistan,
en passant par l'Iran et le Pakistan, ainsi que dans d'autres pays musulmans, en particulier en Afrique du Nord,
la politique et la diplomatie américaines, sous couvert des menées de l'Arabie Saoudite
leur protégée, s'ingénient à susciter et promouvoir délibérément les régimes islamiques les plus rétrogrades.
faciles à contrôler par la corruption de leurs dirigeants impliqués dans les trafics internationaux
de drogues, et à détruire les régimes laïques de ces pays fondés sur l'idée nationale,
excitant ainsi potentieUement les islams les plus extrémistes contre les chrétientés européennes
et slaves, dont ils sont géographiquement proches. Appelée, bien sûr à gagner les pays musulmans
d'Afrique, cette hostilité potentielle est de nature à couper un peu plus l'Europe des richesses
naturelles de l'Afrique.
Dans un livre paru la même année, "Le Syndrome de l'ortolan", où il explicitait la stratégie médiatique
d'aveuglement des opinions publiques européennes, Arnaud-Aaron Upinsky rappelait opportunément
cette citation impressionnante, tirée d'un entretien du Président François Mitterand accordé
au journaliste Georges Marc Benamou [3] : « La France ne le sait pas,
mais nous sommes en guerre avec l'Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale,
une guerre économique, une guerre sans morts. Apparemment...(..)...Oui, ils sont très durs les américains,
il sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde.
Une guerre inconnue, une guerre permanente, sans morts apparemment, et pourtant, une guerre
à mort...(..)...Les Américains voulaient envoyer les Turcs bombarder les Serbes. »
Dans la traduction française de son livre "Le choc des civilisations",
paru également la même année, le professeur américain Samuel P. Huntington insistait,
quant à lui, longuement sur les opportunités géopolitiques qu'offre le clivage historique et culturel
qui sépare la chrétienté européenne entre les peuples slaves et orthodoxes d'une part,
et les pays catholiques et protestants d'autre part.
Dès lors s'éclaire la stratégie des cénacles mondialistes américains et leurs intentions
dans les Balkans. Mme Madeleine Albright, leur porte-parole dans le gouvernement Clinton,
tchèque d'origine et très liée à M Brzezinski, exige impérieusement aujourd'hui de la part
de leurs affidés européens, la destruction de la Serbie, planifiée déjà depuis plusieurs années
à Washington, qui fait obstacle à la réalisation de leurs plans, destruction de la Serbie par
l'Union Européenne et l'OTAN qui leur permettrait d'un seul coup d'atteindre plusieurs objectifs :
en effet, la destruction délibérée de la Serbie sous les bombes de l'OTAN, suivie de l'engagement
des contingents européens sur le sol serbe, programmé sans doute pour l'été prochain [4],
au moment où les populations des "grandes démocraties" gagnent les plages de leurs vacances
annuelles, anesthésiant ainsi les opinions publiques occidentales, permettrait d'abord de creuser
un fossé irrémédiable entre les peuples slaves et orthodoxes d'une part et ceux de l'Europe occidentale
d'autre part, coupant en particulier la France des alliés traditionnels de sa diplomatie à l'Est.
En outre, ce fossé rétablirait la coupure que le communisme avait autrefois établie en Europe,
qui interdisait à celle-ci l'accès aux richesses de l'empire Russe.
La destruction impitoyable de la Serbie devrait en outre servir d'exemple pour dissuader les peuples européens
de toutes velléités de retour à leur ancienne indépendance nationale, au moment où se parachève
l'Union Européenne fédérale, sous protectorat des Etats-Unis, base décisive de la construction
du rêve mondialiste de leurs dirigeants.
L'écrasement de la Serbie aurait en outre pour effet d'abaisser la Grèce dans la région,
et de lever l'obstacle grec à l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne.
Comme le dénonce, avec autant d'obstination que de pertinence, le général Pierre-Marie Gallois,
auquel le Général De Gaulle avait naguère confié le soin d'élaborer la doctrine d'emploi de la force
de dissuasion française, auteur des deux livres " Le sang du pétrole.. tome I, l'Irak, tome II,
la Bosnie " et qui a préfacé "Islamisme et Etats-Unis", les dirigeants américains veulent ré-islamiser
les Balkans. Les accords de Dayton leur ont déjà permis d'établir en Bosnie,
après en avoir largement chassé les Serbes, la première république Islamique en Europe,
dirigée par le fondamentaliste musulman Itzec Begovics. La destruction de la Serbie
leur permettra de réaliser prochainement une grande Albanie islamique, placée sous leur protectorat,
et sur le territoire de laquelle, comme chez leur protégée musulmane du Golfe,
l'Arabie Saoudite, ils pourront disposer de larges bases militaires navales et terrestres permanentes,
y installant, comme en Arabie Saoudite, du matériel lourd, et des troupes à demeure.
Ces républiques islamiques, ainsi installées dans les Balkans, deviendraient
les "clientes" naturelles de la Turquie, prochain membre, de par la volonté américaine,
de l'Union Européenne, le reste des Balkans restant sous influence allemande, l'ensemble de la zone,
ainsi que les alliés privilégiés turcs et allemands des Etats-Unis, demeurant sous le contrôle
de ces derniers au sein de l'Union Européenne.
Cette présence Turco-Islamique au cœur de l'Europe, étroitement sous contrôle des dirigeants
mondialistes des Etats-Unis, garantirait à ces derniers la pérennité de leur suprématie mondiale
pour le prochain demi-siècle : de nature, en effet, à maîtriser l'incertitude Russe,
que, dans son livre, M. Brzezinski appelle "le trou noir", en neutralisant définitivement
la Russie, cette installation de son ennemi historique et culturel turc sur ses frontières du sud-ouest,
compléterait son encerclement au sud par les républiques musulmanes turcophones,
où les diplomaties américaine et îsraélienne, attirées par la richesse de leur sous-sol
et de leur position stratégique, sont déjà très actives.
De plus, la Turquie. devenue Etat membre de l'Union, pourrait très vite peser
d'un poids décisif sur la politioue migratoire et sur l'ouverture des frontières
européennes aux mondes musulmans des proche et moyen Orient et d'Afrique,
alors même que les effectifs des populations de la chrétienté européenne
et du monde orthodoxe ont déjà amorcé leur déclin. Après plus de 25 ans d'une fécondité
toujours plus éloignée du seuil de remplacement des générations, ces populations européennes autochtones,
à présent en cours de vieillissement rapide, se sont ainsi engagées en effet
dans un processus d'implosion démographique bientôt irréversible.
Elles ont déjà largement entamé le renversement de leurs pyramides des ages appelé
à s'accélérer au cours des trois prochaines décennies. Au cours de la même période,
de Dakar à Alma-Ata, les jeunes populations musulmanes, proches de l'Europe et de la Russie,
vont au contraire connaître l'apogée de leur croissance démographique en doublant leurs effectifs.
Les dirigeants mondialistes des Etats-Unis, qui, par la persévérance de leur croisade
malthusienne depuis une cinquantaine d'années, ont poussé les peuples européens dans
ce processus d'implosion démographique en passe de devenir maintenant incontrôlable,
tirent à présent un parti cynique de cette nouvelle donne géostratégique parfaitement prévisible,
qui bouleverse le face à face entre les chrétientés européennes et slaves et les mondes musulmans
d'Afrique et du Moyen Orient, en accompaf!nant aujourd'hui délibérément l'islamisation rapide de l'Europe
et de la Russie au cours du premier tiers du siècle qui s'ouvre, pour tenter de la canaliser
au mieux de leurs intérêts et de leurs projets.
Ce nouvel état de chose, garantissant à ces dirigeants, pour plus d'une génération encore,
la maîtrise sans partage des affaires du monde, est de nature à leur ouvrir la perspective prochaine
de réaliser enfin leur rêve d'imposer à tous les peuples du monde un gouvernement mondial
dont ils pourraient espérer conserver le contrôle au cours du siècle qui s'ouvre,
sous réserve de parvenir à convaincre rapidement les dirigeants de la Chine et de l'Inde de s'y associer.
Du moins est-ce là la vision générale de ces dirigeants mondialistes, telle qu'elle ressort
de la lecture des livres et articles récents de leurs principaux porte-parole.
[1] Bien évidemment dominée par les actuels dirigeants
mondialistes anglo-américains du CFR et du RIIA
(commentaire de l'auteur de cet article).
[2] Et, devrait-on ajouter. contre la Russie.
[3] "Le dernierMitterand", Georges-Marc Benamou, 1995.
[4] Ce texte a été rédigé début Mai 1999.
Philippe Bourcier de Carbon
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