
De Mme J. RONZIER - 91
Lettre ouverte aux habitants du quartier "Les Pyramides" :
Ceci est mon dernier courrier aux personnes à qui je me suis adressées pendant
presque 20 ans, et à celles que j'ai côtoyées sur le quartier au jour le jour.
J'ai cru pendant toutes ces années devoir agir en citoyenne parmi les autres
habitants, comme il est du devoir de chacun de s'investir dans la vie du lieu où
il habite pour pouvoir revendiquer le droit de parler, de penser, le droit à l'existence, le droit à la Liberté.
Je quitte les "Pyramides" d'EVRY contrainte et forcée ne voulant plus élever ma famille
dans un quartier où les Lois françaises sont bafouées, où le citoyen honnête vit dans
l'insécurité la plus complète dans un quartier "occupé" dans une France "libre"
qui est j'espère, encore un Etat de Droit.
La France est un pays d'accueil où. jusqu'à présent, les immigrés avaient adopté nos lois,
les appliquaient et pouvaient ainsi revendiquer le droit d'être nos égaux.
Ils respectaient les Lois du pays d'accueil, s'intégraient et n'imposaient pas les leurs en "colonisateurs".
Ils respectaient nos religions comme les Lois Françaises laïques respectaient les leurs sans discrimination,
dans la mesure où ils les pratiquaient sans ostentation.
La France était un pays de Libertés pour les Français et ceux qu'elle y accueillait,
mais était aussi un pays de DROITS.
Or, sur ce quartier, donc, en France, (et hélas dans bien d'autres villes) à ce jour,
les Lois Françaises sont bafouées systématiquement au quotidien nuit et jour et ceci en toute impunité :
- des jeunes (de 7-8 ans à 30 ans environ) "occupent", les rues, les Places,
le Centre social, avec leurs chiens, avec leurs armes, squattent, se battent,
se tirent dessus en plein jour, échangent vendent consomment les drogues, le jour,
la nuit, le vendredi soir dans la salle du bas du Centre social, font un "gymkhana"
incessant dans les rues et places piétonnes au volant des voitures et des scooters volés,
mettent le feu dans les sous-sols. Ils sèn:!ent la peur et " occupent" Je quartier.
- à partir de 19-20 heures nous subissons le "couvre-feu" comme en territoire occupé :
les livreurs de pizzas qui se font dévaliser ne viennent plus livrer les commandes,
les jeunes hommes ne sortent plus de peur de se faire agresser et "racketter",
le jeunes filles de peur de se faire violer. Même dans l'après-midi les jeunes adolescentes
de mon immeuble ne sortent qu'en groupe de plus de quatre se voyant interdire la Place Jacques Prévert,
sous peine de se faire insulter et menacer de viol, doivent prendre des sorties
détournées pour quitter leur immeuble B.14, et courir en sortant du Collège pour rentrer chez elles,
les gardiens se font insulter molester, les habitants se terrent et fuient,
ou bien se font injurier et menacer.
Je ne me sens plus en France dans le quartier des Pyramides où ces jeunes émigrés
en carence parentale et parfois en errance, ne
s'intègrent plus mais "colonisent" et imposent leurs Lois.
Même les familles de ceux qui depuis des années vivent à nos côtés en très bon voisinage,
s'intégrant dans notre pays et y vivant heureux se voient menacées et prises en otages
comme nous ftançais d'origine, par les jeunes délinquants.
J'ai résidé dans des pays hors métropole, 6 ans en Algérie, 6 ans en Guyane française
et ai lié des amitiés avec les habitants en respectant leurs coutumes, leurs lois,
me sentant débitrice dans un pays d'accueil.
Je n'admets pas que dans mon pays, la France, on ne respecte pas ma liberté,
les Lois qui me permettent de vivre en sécurité, moi et ma famille et qu'on m'oblige
à vivre sous la dépendance et la Loi d'une minorité de jeunes d'origine étrangère,
hors la loi, qui en toute impunité, gèrent la vie au quotidien de mon quartier,
imposent leur force, avec leurs chiens ou leurs armes parfois, étalent leurs recels,
commercialisent et consomment les drogues face au plus jeunes qui les prennent en exemple,
aux commerçants qu'ils terrorisent en saccageant leurs magasins, aux personnes du 3ème âge qui se terrent.
La solution ? Devant l'inertie complète des pouvoirs publics, tant des Services Jeunesses Municipaux
que j'ai inondés de courrier dont ma dernière lettre de Septembre à M. AIDAN concernant l'embauche
par la Mairie de trois "jeunes" receleurs notoires, sans aucun diplôme pour ces postes
si ce n'est un C.V. plutôt chargé sur le plan délits ; devant l'inefficacité
de la police qui après maintes agressions et menaces à chaque intervention
sur le quartier ne se déplace plus à nos appels; devant mes nombreux courriers
à M. le Député Maire, à M. OLIVIER Maire Adjoint, au Préfet, au Procureur de la République,
à la DDASS, au Commissaire de Police, quelle solution trouver quand on habite
un quartier qui, comme les Tarterets à CORBEIL, la Grande Borne à GRIGNY,
est devenu un "territoire occupé" hors des Lois Françaises, un territoire
"colonisé" dans une France pays des Droits de l'Homme ?
La solution comme m'a répondu un travailleur social c'est : DEMENAGER !
Solution d'abandon hélas mais je me vois contrainte de DEMENAGER, mes nombreuses
interventions s'étant soldées parla surdité profonde et l'ironie des "spécialistes"
décideurs et des responsables à qui pendant des années je me suis adressée et qui m'ont valu
tant de menaces orales et de dégradations sur mes voitures successives de la part de certains
de ces jeunes que j'ai tant dérangés.
Je déménage donc, et amène ma famille dans une ville où j'espère pouvoir
lui faire connaître et apprécier la vie normale que tout Français est en droit de connaître,
à notre époque, dans une France où les Lois protègent encore les libertés de vie des Français d'origine ou non,
qui vivent honnêtement de leur travail.
Oui, mais moi j'ai la chance de pouvoir m'être donné les moyens de le faire.
Quand on sait que pour aller dans un F.3 en H.L.M. donc modeste, à environ 3500 Francs
de loyer minimum par mois, entre la caution de 2 ou 3 mois de loyers,
le loyer double du premier mois et le déménagement il faut pouvoir investir
au moins 10.000 à 15.000 F sans, pour ma part, espérer aucun remboursement,
combien de familles d'origine ftançaise et d'immigrés intégrés entièrement,
peuvent le faire avec des salaires voisinant le SMIC dans ce quartier social ?
Combien de personnes qui ont investi pour leurs vieux jours se voient obligées
de rester n'arrivant pas à vendre depuis des années leur appartement et qui,
protégeant leurs biens, vivent sous les menaces quotidiennement ?
Combien de familles sont retenues en otages pour des raisons financières ?
J'ai une pensée pour elles toutes qui essayent de protéger leurs enfants
et tremblent pour eux, leur avenir, leur sécurité.
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Je pars, me sentant complètement impuissante et inutile sur le quartier et ne voulant
pas subir lâchement la Loi du plus fort de ces "Hors-la-Loi", je pars contrainte et forcée,
d'un quartier où je me suis tant investie, que les jeunes que j'ai aidés au fil des ans ont fui,
réprouvant l'ascension de la paupérisation et la délinquance, face à une mauvaise gestion politique
des pouvoirs publics et de certains spécialistes sociaux décideurs technocrates,
démagogiques et laxistes communs à beaucoup de grandes villes de France.
Les pouvoirs publics d'EVRY ont laissé s'installer sur ce quartier face à une certaine
carence parentale, la Loi du plus fort et l'illégalité: une jeune mafia nouvelle sans foi ni loi
qui fait régner la peur et l'insécurité. Sa devise "tous les droits et aucun devoir".
Cette lettre, à tous les habitants du quartier, je l'adresse aussi à :
- M. le Ministre de l'Intérieur, M. le Ministre de la Ville.
- M. le Procureur de la République, M. le Préfet, M. le Commissaire de Police, M. G{JY ARD Député-Maire. - Les Journaux: Le Républicain et Le Parisien.