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Bernard Tomasini, le préfet de la Vienne,
qui a refusé à l’entreprise Autoliv-Isodelta,
groupe suédois qui produit des volants et qui a licencié
une centaine d’employés du site de Chiré-en-Montreuil
de faire venir dans la Vienne des ouvriers tunisiens. Autoliv souhaitait
faire venir à l’usine de Chiré-en- Montreuil
une trentaine d’ouvriers de l’usine tunisienne d’El
Nadhour, dont la production est arrêtée après
un incendie qui a ravagé les bâtiments, au lendemain
de Noël. Dès que le préfet, Bernard Tomasini,
a lu cela dans la presse, il a demandé au consulat de France
en Tunisie de cesser la délivrance des visas. Son argument
est simple. Il y a un an, Isodelta a licencié une centaine
de personnes et a fait le choix de délocaliser en Tunisie.
Qu’ils l’assument et qu’ils ne fassent pas venir
ici des travailleurs tunisiens. M. Tomasini estime que les personnes
licenciées en France par Autoliv ne demandaient « qu’à
retravailler dans le cadre de cette entreprise ».
Comble de l’ignominie, selon le préfet, l’entreprise
n’a « pas respecté la procédure légale
» et voulait par ailleurs « faire entrer ses travailleurs
sous un régime tout à fait exceptionnel qui est celui
du stage de formation ». « Nous sommes opposés
à la venue d’employés tunisiens puisque ici
il y a des gens compétents qui ont besoin de travail
», a déclaré pour sa part Patrice Gonnet, délégué
CFDT. Quatre-vingts intérimaires ont déjà été
recrutés, pour assurer les commandes. Voici une belle manifestation
de patriotisme |
Le Parti socialiste
et Eric Besson, ministre de l’Immigration, qui ont
relancé la vieille idée du droit de vote des étrangers
aux élections locales. Cette proposition fut lancée
par François Mitterrand. Elle fut reprise sincèrement
(ou le but de la stratégie nous échappe…) par
Nicolas Sarkozy. Avant la présidentielle de 2007, celui-ci
s’était dit favorable au droit de vote des étrangers
aux élections locales, mais, se sachant à rebours
de son camp, ne l’avait pas inscrit dans son programme. Lors
d’un entretien télévisé en avril 2008,
il avait réitéré, tout en admettant ne pas
avoir « de majorité pour faire passer »
cette mesure. On peut supposer que c’est pour plaire à
son patron qu’Eric Besson a exhumé cette mesure le
12 janvier. A i-Télé, il a déclaré :
« Nous devons aller à terme vers le vote des étrangers
aux élections locales dans les dix ans à venir
». Le PS a aussitôt suivi son ancien camarade. Aubry
verrait dans l’octroi du droit de vote aux étrangers
« un beau signe ». Elle s’appuie aussi
sur la position de Nicolas Sarkozy : « Le président
a dit qu’il y était favorable, eh bien, qu’il
la fasse voter ! » Le groupe socialiste a déposé
une proposition de loi portant sur le droit de vote des étrangers
aux élections municipales. Eric Besson a alors tenté
de faire machine arrière. Selon lui, le moment est... «
mal choisi » : « C’est une erreur
d’agiter ce débat dans une période électorale
et dans une période de tension ». Traduction :
la majorité UMP pourrait bien être tentée de
trahir son électorat en faisant passer cette loi ignoble
hors période électorale. Sauf en cas de progrès
très net des partis patriotiques |