| Le
résultat du référendum suisse sur l’interdiction
des minarets a soulevé l’indignation des membres de
l’UMP et du gouvernement. Ces derniers, faisant fi des usages
traditionnels de la diplomatie, ne se sont pas privés de
critiquer la décision du peuple suisse. Il est vrai que ce
référendum lance un pavé dans la mare du débat
français sur l’Identité nationale et que la
question islamique est mise sur le devant de la scène. Florilège
de collabos.
Le ministre des Affaires étrangères, Bernard
Kouchner, s'est dit « un peu scandalisé
» par le résultat de cette consultation populaire.
Il a estimé que cette mesure serait « négative
pour ce qui concerne les inquiétudes mêmes des Suisses
parce que si on ne peut pas construire de minarets, cela veut dire
qu'on opprime une religion ». Et de conclure : « C’est
le danger des votations populaires »... Il est tellement
plus facile de confisquer la démocratie...
Le ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale,
Eric Besson, considère que la volonté du
peuple suisse revient à « stigmatiser l'islam
». Il a annoncé qu’il ne souhaitait pas que cette
question soit soulevée en France, dans le cadre du débat
sur l’Identité nationale. Selon lui, la question des
minarets se réduit à un simple problème d’urbanisme,
ce qui semble une étrange manière de minimiser la
grave question de l’affirmation politico-religieuse de l’islam
en terre européenne.
A l'Assemblée nationale, le chef du groupe UMP, Jean-François
Copé, a emboîté le pas des ministres
sur un ton encore plus insultant pour le système démocratique
de nos voisins helvétiques. Il a critiqué les Suisses
qui auraient, selon lui, « envoyé un message très
dur de stigmatisation d'une pratique religieuse qui va encourager
toutes les formes d'amalgames ». Il dit « regretter
ce vote » du peuple suisse, en affirmant qu’il
est, lui, « pour la liberté religieuse ».
Au point de contester un vote parfaitement démocratique ?
Voulant par ailleurs préserver la principale mesurette prévue
par Eric Besson dans le cadre du débat sur l’Identité,
tout en ménageant le politiquement correct, il s’est
livré à un numéro d’équilibriste
en dénonçant les « comportements extrémistes
», comme le port de la burqa ; mais en maintenant que l’érection
de minarets relève « de la liberté religieuse
». Il souhaite enfin que « la France ne tombe pas
dans le piège » que serait un référendum
sur des questions islamiques et prône, en ce domaine, «
un message de tolérance ». Interrogé
sur France-info, l’auteur de Promis, j’arrête
la langue de bois a refusé de dire s’il était
pour ou contre l’érection de minarets en France.
Dimanche 30 novembre, invité du Grand Jury RTL-Le
Figaro-LCI, le secrétaire général de l'UMP,
Xavier Bertrand, semblait approuver le résultat
du référendum suisse et en tirer des conclusions intéressantes
pour notre pays : « Il n'est pas certain que l'on ait
forcément besoin de minarets en France ». Il a
vraisemblablement été sermonné par l’Elysée,
car, dès le lendemain, sur France 2, il faisait demi-tour
en rase campagne : « Est-ce que la question nous
est posée en France concernant les minarets ? Bien sûr
que
non ». |