DOSSIER
LE DOSSIER DU MOIS - VOIX DES FRANÇAIS

« LA DROITE ITALIENNE CONTRE L’IMMIGRATION ILLÉGALE »

A la veille des élections européennes, le gouvernement italien, composé d’une coalition de droite libérale et nationale, a annoncé sa ferme volonté de lutter contre l’immigration illégale... et pris de fermes mesures. Résultat : en osant être la vraie droite, le Peuple des Libertés, de Silvio Berlusconi et, surtout, la Ligue du Nord d’Umberto Bossi, ont brillamment été conduits au Parlement européen.
Cela fait mal au coeur de parcourir des villes comme Rome, Naples et Palerme, et de voir comment les graffiti et la saleté dans les rues font qu’elles ressemblent plus à des villes africaines qu’européennes ». Par cette phrase prononcée à l’antenne d’une radio romaine, le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, s’est un peu plus attiré les foudres du politiquement correct européen ; mais en Italie, où l’immigration a été au coeur des élections européennes, l’on estime qu’il a osé répondre aux attentes du peuple. Grâce à l’alliance entre la droite libérale (Peuple des Libertés, de Berlusconi) et la droite nationale (Ligue du Nord), l'Italie a fait le choix de durcir sa législation contre l’immigration illégale. Le résultat ne s’est pas fait attendre dans les urnes : la droite italienne, déjà au gouvernement, a été confortée par les résultats du scrutin européen. La Ligue du Nord, notamment, a doublé ses suffrages et le nombre de ses députés, avec 10,22 % (rassemblant ainsi plus de 20 % des électeurs dans le nord du pays, là où elle est candidate) et huit parlementaires européens. Et pour ne pas rester au milieu du Rubicon, Berlusconi, loin de se contenter de mâles déclarations, a ajouté des actesà ces fermes propos. Résultat : le 14 mai, les députés italiens ont adopté une loi sur la sécurité intérieure et l'immigration qui va placer l'Italie parmi les pays les plus sévères en Europe dans la lutte contre l'immigration illégale. « Nous fermons les portes (de l'immigration) et nous ne les entrouvrons que pour ceux qui viennent pour travailler et s'intégrer », a résumé Silvio Berlusconi.

La loi crée un délit « d'immigration et de séjour » illégaux, puni d'une amende de 5 à 10.000 euros et rend possible la dénonciation à la justice de tout immigrant en situation irrégulière. Elle porte de deux à six mois la durée de détention des immigrants dans les centres d'identification et d'accueil.

En matière de sécurité intérieure, la mesure la plus emblématique – adoptée grâce à l’action du parti le plus en pointe en matière de lutte anti-immigration, la Ligue du nord – est la possibilité pour des associations de citoyens d'effectuer des rondes pour signaler aux forces de l'ordre des atteintes à l'ordre public.

Outre l'amende, le projet de loi prévoit que les séjours en centre d'identification et d'expulsion passent de deux à six mois et que les personnes reconnues coupables d'avoir hébergé ou loué un logement à des clandestins risquent jusqu'à trois ans de prison.

Des refoulements directs d’immigrés illégaux
La loi, qui prévoit également l'enregistrement des sansdomicile- fixe, devra repasser devant le Sénat prochainement, mais son approbation ne fait guère de doute, car le gouvernement de Silvio Berlusconi y dispose d'une confortable majorité. Une fois le texte adopté, les immigrants réguliers devront payer 200 euros pour obtenir la citoyenneté italienne et il faudra verser entre 80 et 200 euros pour obtenir et renouveler un titre de séjour.

Jusqu'à présent, l'Italie ne renvoyait vers leurs pays d'origine que quelques centaines d'immigrants « économiques » par an. Ces nouvelles mesures permettront d'accélérer la comparution des immigrés illégaux devant les tribunaux pour permettre leur expulsion immédiate.

Le 29 mai, l'Italie a pour la première fois procédé à des refoulements directs d’immigrés illégaux secourus ou interceptés en mer, vers la Libye, d'où arrive une majorité des hors-la-loi.

L'Italie a également remis à la Libye un premier lot de trois vedettes qui patrouilleront au large de Tripoli pour empêcher le départ des migrants. « Il s'agit d'une nouvelle étape dans le processus de lutte contre l'immigration clandestine », s'est félicité Roberto Maroni, le ministre italien de l'Intérieur et membre de la Ligue du Nord.

La gauche et les officines de défense des immigrés illégaux ont bien entendu dénoncé des mesures « liberticides » et l’inévitable « retour à la logique des lois raciales du fascisme ». Mais, selon un sondage, 76 % des Italiens soutiennent la position du gouvernement sur l'immigration. En 2008, selon les autorités italiennes, près de 36.000 immigrés sont arrivés en Italie depuis l'Afrique, via l'île sicilienne de Lampedusa. Selon l'ONG Conseil italien pour les réfugiés, l'Italie est le quatrième pays à recevoir le plus de demandes d'asile, derrière les Etats-Unis, le Canada et… la France, qui, si elle a régulièrement droit aux rodomontades de Nicolas Sarkozy, attend toujours la rupture dans les faits.
Frédéric PETIT

Italie : un mur pour séparer les immigrés des nationaux
En août 2006, sous la pression des habitants autochtones, Flavio Zanonato, le maire de Padoue, près de Venise, a fait ériger un mur pour séparer les riverains d’un quartier résidentiel, victimes de violences racistes de la part de certains immigrés illégaux installés juste à côté. C’est un rempart de fer, de 80 mètres de long et 3 mètres de haut, couvert de graffiti. D’un côté, les pavillons cossus des riverains installés de longue date dans un quartier résidentiel qu’ils pensaient calme et protégé ; de l’autre, une mosquée et cinq immeubles HLM remplis de familles immigrées, qui constituaient une zone d’insécurité. Dans ce quartier de la Stanga, les trafiquants de drogue d’origine immigrée « s’affrontent et instaurent un climat d’ultra-violence », ainsi que le reconnaît lui-même le maire de Padoue, pourtant de gauche. Les riverains ne pouvaient plus sortir en sécurité, ni même partir en vacances l’esprit tranquille ! Un habitant du quartier racontait récemment aux journalistes venus « couvrir » le déplacement de 600 familles immigrées : « Le problème, c’est que nous sommes devenus étrangers chez nous ! Le 26 juillet 2006, on s’est retrouvé comme en pleine guerre du Rwanda : il y avait des immigrés avec des machettes, des haches, ils sortaient les “étrangers” à leur quartier et les poignardaient ! Ils ont attaqué les Italiens ! C’était la guerre ethnique… à Padoue ! » L’idée du mur a fait des émules : dans une école voisine, des parents d’élèves ont demandé l’instauration d’une barrière pour séparer leurs enfants des étrangers qui vivent à côté et dont certains leur paraissaient représenter une menace pour la sécurité des écoliers et principalement des écolières.

 

LE CHIFFRE DU MOIS

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C’est le nombre de sièges obtenus en juin par les listes patriotiques aux élections européennes. Soit trois fois plus qu’en 2004 ! Ainsi que le note la Fondation Polémia, « le scrutin européen a été marqué par une progression de l’abstention, qui atteint 56,91% en moyenne dans l’Union, soit 2,6% de plus qu’en juin 2004. [Mais] le phénomène le plus notable – et le plus occulté – c’est la percée des mouvements nationaux et identitaires ». Les résultats les plus significatifs sont obtenus en Grande-Bretagne, avec le Parti national britannique, qui obtient 8,4 % des suffrages et deux sièges, dans un contexte de très grande hostilité de l’Etablissement britannique à l’égard des nationaux ; en Autriche, où le Parti des libertés (F.P.Ö.) qui a fait campagne contre « l’entrée de la Turquie et d’Israël dans l’Union européenne », double son score de 2004 et obtient 13,1 % des suffrages (18 % au total avec le B.Z.Ö. de feu Jorg Haider) et deux sièges ; aux Pays-Bas, avec le Parti des libertés de Geert Wilders, radicalement hostile à l’immigration et à l’islamisation, qui obtient 17 % des suffrages et quatre députés ; au Danemark, où le Parti du peuple danois double ses suffrages et obtient deux sièges avec 14,8 % des voix ; en Hongrie, où le Mouvement pour une meilleure Hongrie, très critique sur l’islam et l’immigration, recueille 14,77 % des suffrages et envoie trois députés à Bruxelles ; en Italie, où la Ligue du Nord double aussi ses suffrages et le nombre de ses députés, avec 10,22 % (rassemblant ainsi plus de 20 % des électeurs dans le nord du pays, là où elle est candidate) et huit parlementaires européens ; en Finlande, où le Parti des vrais Finlandais obtient 14 % des voix (au lieu de 0,5 % en 2004) et gagne deux sièges ; en Grèce, où le Rassemblement populaire orthodoxe double ses voix (7,45 %) et obtient deux sièges ; en Flandre, où le Mouvement flamand (Vlaams Belang) obtient 15,98 % des suffrages et deux sièges ; notons un recul toutefois de 7,58 % par rapport à 2004 en raison de la concurrence de deux nouvelles listes nationales et populistes : la Nouvelle alliance flamande (9,71 %) et la Liste Dedecker (7,41 %), soit un total de 32,94 % ; en Bulgarie, le Parti national Ataka, qui a fait campagne contre l’entrée de la Turquie dans l’Union, double ses voix et ses sièges et obtient 12,1 % et deux mandats ; en Lettonie, l’Union pour la patrie et la liberté obtient 7,5 % et un siège ; en Lituanie, le mouvement Ordre et Justice obtient 12,45 % et deux sièges ; en Slovaquie, le Parti national slovaque emporte un premier siège avec 5,5 % des voix ; en Roumanie, les nationalistes du Parti de la Grande Roumanie reviennent au Parlement européen avec deux sièges et un score de 8,7 %. Il n’y a qu’en France qu’on observe un recul, le Front national passant de 9,8 % à 6,3 % et ne conservant que trois sièges sur sept. Et le Mouvement pour la France de Villiers ne conservant qu’un élu sur trois avec 4,80 % au lieu de 6,83 %. Malgré les campagnes de diffamation, de diabolisation et de limitation d’accès aux médias, ces mouvements obtiennent trente-cinq sièges (France non comprise), soit un triplement de leur représentation.

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