DOSSIER
LE DOSSIER DU MOIS - VOIX DES FRANÇAIS

COÛT DE L’IMMIGRATION :
LE CHOC
DU RAPPORT
GOURÉVITCH


Le coût réel de l'immigration en France est la quatorzième étude publiée par Contribuables Associés. Elle est réalisée par Jean-Paul Gourévitch, expert international en ressources humaines, spécialiste des migrations. L’immigration, combien ça coûte ? Ce thème est si lourd d’enjeux politiques que le seul fait de poser la question dérange ou provoque. Au bout du compte, ce sont pourtant les contribuables qui financent les migrations. Il est donc souhaitable, pour se faire une opinion sur le bien-fondé des politiques conduites dans ce domaine, d’en identifier et d’en évaluer les paramètres financiers. C’est à cet exercice que s’est livré, avec un souci de l’exactitude exempt de tout a priori idéologique, et après les travaux pionniers de Pierre Milloz, auquel il se réfère, Jean-Paul Gourévitch, expert international en ressources humaines. Dans l’étude que nous publions, il compare les dépenses annuelles que l’Etat consent pour les immigrés (71,76 milliards d’euros) avec les recettes qu’il encaisse de leur part (45,57 milliards d’euros), soit un solde négatif de plus de 26 milliards. Enfin, il évalue les investissements engagés par l’Etat pour contenir les flux migratoires ou faciliter l’intégration des immigrés et de leurs enfants (10,81 milliards d’euros). Au terme de cette analyse, il présente les solutions qui permettraient de réduire les coûts de l’immigration. Extraits en exclusivité...

Les coûts de l’immigration en France : essai de quantification des dépenses. (...)

IV. 1. Le coût des actions conduites par Le ministère Hortefeux. On aurait pu penser qu’il suffisait de consulter le budget du ministère Hortefeux pour établir ces coûts. Ce n’est pas le cas. Depuis 2007, ce ministère dispose certes d’un budget ciblé, première étape de l’intégration des dépenses des administrations publiques concourant à la politique gouvernementale en matière de flux migratoires. Mais la plupart des dépenses d’immigration continuent à relever des budgets d’autres ministères. D’autre part, ce ministère ayant été créé au milieu de l’année 2007, on ne peut, pour en prendre la mesure, que choisir la première année pleine (2008), en sachant qu’il faut en soustraire les crédits délégués pour des opérations construites en 2007 sur des bases analogues. Le projet de loi de finances 2008 attribue à cette structure des crédits de paiements de 638,6 millions d’euros. (...) Ce budget correspond en fait à trois programmes principaux :
1. le programme 303 « immigration et asile », pour 414,3 millions d’euros en crédits de paiement, qui se décompose luimême en deux parties (...)
Une composante demande d’asile de 304,7 millions d’euros (...) ; une composante police des étrangers de 79,2 millions d’euros (...). S’y ajoute le soutien aux programmes (coût des emplois de l’administration centrale et les programmes informatiques Grégoire et Eurodac) pour 30,4 millions d’euros. (...)
2. le programme 104 “intégration et accès à la nationalité française”, pour 195,3 millions d’euros en crédits de paiement, qui se décompose en : une fonction accueil des primo-arrivants, notamment assuré par l’Agence nationale d’accueil des étrangers et des migrations (ANAEM) pour la mise en oeuvre du contrat d’accueil et d’intégration : 44,7 millions d’euros ; une fonction lutte contre les discriminations : subventions à l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (ACSE) pour le financement des associations (98,9 millions d’euros) et la participation à ses frais de fonctionnement (7 millions d’euros), soit 105,9 millions d’euros ; des subventions diverses (...) Il faut y ajouter les frais de personnel, notamment le transfert du personnel de la Direction de la population et des migrations (DPM) et du Haut Conseil à l’intégration (HCI), soit 13,2 millions d’euros. Ces crédits relèvent dans leur quasi-totalité des coûts d’intégration. (...)
3. Un programme 303 “codéveloppement” pour 29 millions d’euros, qui est une nouveauté puisqu’aucun budget analogue n’était prévu en 2007. Il est principalement destiné à l’aide au retour volontaire et au financement “d’accords concertés de gestion des flux avec les pays d’origine” qui accepteraient d’accueillir leurs ressortissants expulsés. Nous le citons, car il est le premier volet d’une politique destinée à rentabiliser les investissements de l’aide publique au développement, à laquelle il est rattaché et qui sera analysée dans le chapitre qui lui est consacré. (...)
Des crédits complémentaires figurent dans d’autres budgets.Pour la politique d’immigration, sont cités : (...) le coût complémentaire des rétentions administratives, soit 83,9 millions d’euros. (...) Le coût d’une rétention administrative de 10 jours en moyenne est de 1.000 euros. L’accompagnement annuel de 900 policiers coûte environ 45 millions d’euros. Pour une moyenne de 30.000 étrangers détenus, le coût total est de 75 millions d’euros. (...)
Pour la politique d’intégration, sont cités : le budget de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE), pour un montant de 11,6 millions d’euros.
Le budget de l’Aide médicale d’Etat 16 (AME), rattaché à la mission égalité et solidarité des chances, pour un montant de 413 millions d’euros. Cette AME, créée par Martine Aubry et Bernard Kouchner, est versée aux immigrés en situation irrégulière justifiant de trois mois de présence sur le territoire français et ayant des ressources déclarées inférieures à 600 euros par mois, ainsi qu’à d’autres résidant depuis moins de trois mois et dont le traitement requiert des soins urgents. Depuis sa création, malgré plusieurs réformes tendant à la restreindre ou à l’encadrer, son budget prévisionnel a toujours été inférieur aux dépenses réelles, créant une dette de 910 millions d’euros… Aujourd’hui l’AME concerne 192 000 personnes.
Les dépenses constatées en 2007 ont été de 413 millions d’euros. C’est la même somme qui est portée dans la loi de finances 2008 (remboursement de la dette non inclus).
Le financement des cours d’apprentissage du français, pour un montant de 42,9 millions d’euros. Ce coût correspond à 26.000 bénéficiaires et à un coût unitaire de 1.650 euros (5,35 x 300 heures, et non 400, tous n’allant pas jusqu’au bout). L’application des dispositions d’intégration du projet de loi voté en octobre 2007 sur l’immigration, l’intégration et l’asile pour un montant de 10 millions d’euros. Ce coût comprend essentiellement la mise en place du bilan de compétences, et les surcoûts du contrat d’accueil et d’intégration (CAI) familial (apprentissage du français compris).
Les coûts ajoutés du budget intégration Hortefeux sont donc de 477,5 millions d’euros = 11,6 + 413 + 42,9 + 10. Les coûts d’immigration sont donc de 592 millions d’euros 414,3 du budget Hortefeux + 177,7 de coûts ajoutés. Les coûts d’intégration sont donc de 672,6 millions d’euros 195,1 du budget Hortefeux + 477,5 de coûts ajoutés. Ce ne sont pas les seuls coûts relevant de l’immigration. on étudiera donc successivement :
• Les coûts relevant du maintien de l’ordre, de la protection des biens et des personnes et du contrôle des frontières (coûts sécuritaires).
• Les coûts relevant de la lutte contre l’économie informelle et la fraude (coûts sociétaux et fiscaux).
• Les coûts générés par les prestations sociales versées (coûts sociaux).
• Les coûts générés par l’accueil des étudiants étrangers (coûts éducatifs).

Rapport gratuitement téléchargeable sur www.contribuables.org/

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