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TERRORISME : LA MENACE ISLAMISTE PÈSE SUR
INTERNET
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Le ministre de l'Intérieur, Michèle
Alliot-Marie, s'inquiète de l'utilisation d'internet par
les terroristes islamistes. Depuis deux mois, elle a fait de
nombreuses déclarations dans la presse française
concernant le risque islamiste sur internet. Sur la Toile,
dit-elle, “on trouve aujourd'hui la propagande terroriste
mais aussi des conseils pour fabriquer des explosifs ou
même des armes chimiques”. La lutte contre la
cybercriminalité est devenue une priorités de ses
services.
Michèle Alliot-Marie rappellait récemment que
“le terrorisme islamiste est la première
préoccupation des autorités françaises. Des
groupes liés à Al Qaïda, au Maghreb, au Liban
ou dans la zone pakistano-afghane peuvent vouloir frapper des
Français expatriés ou des militaires en
opération”, dit-elle. “Ils peuvent chercher
à perpétrer des attentats sur notre sol”.
Pour Pierre de Bousquet, Directeur de la Direction de la
Surveillance du Territoire (DST), “la menace
cyberterroriste islamiste est réelle. En 1998, 50% des
groupes terroristes islamistes utilisaient le web, dès
2000, ce ratio était proche de 100%.”
D’abord, les islamistes occupent le terrain de
l’Internet pour obtenir une visibilité. Des sites
arabes, tels www.prohijab.net, proposent des versions
françaises, ne faisant ainsi pas mystère des
populations visées. Mais l’absence de traduction
n’est pas un obstacle: depuis novembre 2003,
www.albasrah.net, site de soutien à la
“résistance irakienne”, uniquement en anglais
et en arabe, reçoit en moyenne 200 connexions par jour
depuis la France, soit plus que l'Egypte ou l'Arabie Saoudite
!
Les nouveaux moyens techniques permettent en outre de diffuser de
la propagande à grande échelle et sans risque
réel, du fait de l’hébergement des sites
à l'étranger. Sur des serveurs dit de “peer
to peer” (partages de fichiers numériques) il suffit
de taper les mots “djihad”, “taliban”,
“islam” pour trouver des photos ou des “snuff
jihad”, c’est-à-dire des vidéos
amateurs d’une atrocité sans nom, montrant des
égorgements d’otages, des exécutions
sommaires ou des interventions de moudjahidin, sur fond de
musique exaltante, notamment du rap, ce qui, selon les services
de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie
nationale (IRCGN), révèle que le public visé
est jeune et généralement issu des banlieues
“sensibles”.
Une minorité d’internautes islamistes tente de
passer à l'acte. Infiniment peu, car il faut toucher en
moyenne 45.000 musulmans pour recruter un seul
“djihadiste”. Soit un résultat de 0,002% de
succès. D’autres, en revanche, déjà
convaincus, espèrent trouver les contacts qu’ils
n’ont pas au niveau local.
Sur les mêmes sites, ces “islamonautes”, comme
les appellent les gendarmes, peuvent trouver une aide directe,
par financement, recrutement ou “formation à
distance”.
Un document de l’Unité de coordination de la lutte
antiterroriste (Uclat), daté du 5 janvier 2007,
évoquait la difficile détection de “la
nouvelle génération de djihadistes, de plus en plus
jeunes, autoradicalisés dans des temps extrêmement
brefs, sans passé judiciaire pour la plupart, sans
relations avec les institutionnels du terrorisme international et
parmi lesquels les ressortissants nationaux et les convertis
tiennent de plus en plus de place.”
Le site Al-Mourabitoune (fermé à plusieurs
reprises, mais renaissant toujours sous de nouvelles formes et
situé dans de nouveaux pays), dans sa première
version, expliquait comment se procurer des armes en Occident,
les cacher, les monter et les démonter ou
s’entraîner au tir. Le site donnait également
des “recettes” de fabrication de bombes artisanales
à partir de produits achetés en
supermarchés.
Sur ce site, un rédacteur, qui aurait rencontré
Oussama Ben Laden, livre un compte-rendu de son entretien et en
propose une version audio. “Frère Oussama –
Allah le bénisse -” lui aurait expliqué le
sens profond de leur action : “Si on égorge le fort,
[l’Occidental], le nombre de couteaux [des braves
musulmans] augmentera.”
Ansaar.info traduit des publications en français, comme le
Traité du jihad, Rejoindre la caravane. Visité plus
de 3 millions de fois depuis la France, il donnait naguère
des cours de guerilla urbaine en ligne. On y explique que
“la question, n’est pas de savoir si la participation
des femmes au Jihad est une obligation ou pas, mais plutôt
comment les musulmanes peuvent participer à cette noble
cause et ainsi ne pas tomber dans le pêché que
représente l’abandon du Jihad.” Le site dresse
ensuite une liste de tâches précises concernant
“le rôle des soeurs sur le champ de bataille et en
dehors.” Outre le combat direct, les femmes vivant sur la
terre des mécréants doivent élever leurs
enfants pour en faire “de bons moudjahidins”.
Les plus jeunes islamistes, nés avec internet, ont
conceptualisé le “djihad virtuel”, aussi
appelé “webtifada” – en fait, le
piratage informatique, relevant de la cybercriminalité.
Illustration par l’exemple : le double piratage du site de
Philippe de Villiers, une première fois lorsqu’il
s’opposa au port du foulard ; la seconde peu après
la publication de son livre sur les mosquées de
Roissy.
Au delà de la propagande ou de la cybercriminalité,
la Toile apparaît donc essentiellement comme un outil
favorisant l’action djihadiste concrète. Dans ce
cadre, le commissaire Christophe Chaboud, chef de l’Uclat,
prend la menace islamique sur internet “très au
sérieux, surtout à l’approche des prochaines
échéances électorales, qui sont un facteur
de montée des risques”. Car, loin de son clavier,
l’islamonaute n’oublie pas que la meilleure
façon de vaincre sur la Toile est encore de porter le
terrorisme dans la vie réelle.
Frédéric Petit |
Emeutes islamistes au Danemark
Au moment de boucler le journal, nous apprenons que 17 personnes
ont été arrêtées, le 16 février dernier, à Copenhague,
au cours d'une nuit d'émeutes où des dizaines de voitures ont
été incendiées avec des cocktails Molotov.
Flemming Steen Munch, porte-parole de la police de Copenhague,
a déclaré : "Entre 100 et 200 jeunes (ont agi) dans
plusieurs quartiers de Copenhague, mettant le feu à un
grand nombre de poubelles et à quelque 50 véhicules".
Des incendies volontaires et des violences urbaines ont également
été signalés dans les quartiers de Noerrebro et de Vesterbro,
où vivent de nombreux immigrés, et dans d'autres villes
du pays, notamment à Aarhus.
Ces éruptions de violence sont consécutives à la reproduction
d'une des caricatures controversées du prophète Mahomet
dans la presse danoise. Il y est représenté avec une bombe
cachée dans son turban. La caricature a été rediffusée par tous
les journaux danois dans la semaine du 9 au 15 février, après
que son auteur, Kurt Westergaard, ait échappé à un complot
islamiste visant à l'assassiner.
Selon la police, les émeutes seraient également dues à l'expulsion
prévue de deux immigrés tunisiens.
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