mis en ligne le 30 décembre 2006
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Débat présidentiel :
LA GRANDE ILLUSION
Les socialistes et l'UMP ont ou vont
désigner leurs « champions »
pour l'élection présidentielle de 2007.
La presse, d'un optimisme délirant,
les a même désignés pour le second
tour. Pour les personnes peu averties
des arcanes politiciennes, cette précampagne
présente des aspects
troublants.
Un troublant
unanimisme médiatique
La France ayant voté “NON” lors du
référendum sur la constitution
européenne, il eut été logique que l'un
des deux « champions » fut un
« nonniste ». Or, ils sont tous les deux
des tenants d'une Europe fédérale et
ils ont été tous les deux adoubés par
les autorités de Bruxelles.
Le second aspect troublant, c'est
une sorte d'unanimisme de la part de
la presse. Elle s'est efforcée de
promouvoir les deux « champions »
sans se soucier de leurs références
politiques traditionnelles gauche et
droite. Le Figaro, pour ne considérer
que ce journal, pourtant étiqueté à
droite, a promu presque autant
Ségolène que Nicolas.
Les électeurs de l'UMP et du PS ont
l'illusion de faire l'élection présidentielle.
La désignation, fortement médiatisée
des « champions » par les militants,
relève plus de la pantomime que du
style démocratique.
La puissance de l’argent
se substitue au vote
des citoyens
En effet, le grand capital, qui fabrique,
importe et exporte sa camelote à
travers le monde entier, souhaite
ardemment une Union européenne
harmonieuse, dirigée par des
technocrates dociles peu enclins à
faire des vagues et désireux d'étendre
l'institution bien au-delà des frontières
géographiques de l'Europe.
Le monde des affaires a donc fait la
promotion des candidats qui se
proposent d'oeuvrer dans le sens de
ses intérêts économiques et
financiers.
Pendant des mois,il a affiché, de
manière éhontée la photo de ses
favoris en couverture de ses
magazines. Il va continuer à tout faire
pour passer à la trappe les candidats
gênants comme Philippe de Villiers et
Jean-Marie Le Pen qui veulent tout
chambouler. Ces derniers préconisent
une Europe des nations nous
protégeant du chômage, des
délocalisations et de l'immigration.
Cette politique pourrait gripper les
échanges internationaux et surtout
écorner des profits à la fois fabuleux
et scandaleux.
Mais ces faiseurs de présidents, qui
sont-ils ?
Ils sont une poignée à posséder ou à
contrôler les médias, l'arme absolue.
Certains d'entre eux, sans vergogne,
ont renfloué le journal L'Humanité au
bord de la faillite.
Une presse concentrée
dans peu de mains
Le journal de Zurich Horizons et
Débats d'octobre 2006 nous éclaire
sur ces fossoyeurs de notre identité et
de notre souveraineté nationale.
Bouygues possède la chaîne TF1,
Edmond de Rothschild détient
Libération, la famille Dassault, par le
biais de la Socpresse, contrôle
quelque 70 journaux, dont Le Figaro
et L'Express. Le plus impressionnant
est cependant Arnaud Lagardère : il
contrôle Europe 1 et Hachette, qui
publie 245 titres dans 36 pays dont 56
en France.
Certains naïfs pensent qu'il suffirait de
changer l'eau du bocal pour sauver le
poisson de l'asphyxie. Il faut au
contraire une vraie rupture entraînant
une profonde réforme de notre pays
afin de le débarrasser des scories
marxistes qui subsistent encore.
Par ailleurs, il est indispensable de
bâtir une Europe des nations sur de
saines fondations qui portent un nom :
démocratie.
Lucien Robin
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