mis en ligne le 23 juin 2007
--------------------
A propos du projet de loi Hortefeux sur l'immigration
Durant la campagne présidentielle, le candidat Nicolas Sarkozy avait annoncé, à grand renfort de publicité, qu'il maîtriserait l'immigration.
On n'a pas tardé à être fixé, puisque son ministre et ami, Brice Hortefeux, a déposé, entre les deux tours des élections législatives, son projet de loi devant le Conseil d'Etat. Le Figaro, le 12 juin 2007, fidèle au nouveau pouvoir, annonçait en gros titre : "Le regroupement familial sera bientôt durci". Qu'en est-il exactement ?
Voici quelques éléments de ce texte :
- "Création d'un contrat d'accueil et d'intégration pour la famille".
Il oblige les parents à veiller à la bonne "intégration" de leurs enfants nouvellement arrivés en France.
Déjà, on mesure le degré de naïveté des gens qui nous gouvernent.
La plupart de ces familles viennent d'Afrique du Nord ou des régions subsahariennes et sont en général de confession musulmane. Comme l'a dit un jour un membre du CFCM ("conseil français du culte musulman"), "Ma Constitution à moi, c'est le Coran". Il est à craindre que ce soit la même chose pour ces familles déracinées.
- "Maîtrise du français"
Comme la plupart viennent de pays francophones, cette condition sera remplie par un grand nombre de candidats.
- "Les ressources nécessaires"
Le minimum reste le SMIC. Tout travailleur est censé le percevoir. Si celui-ci fait venir une famille nombreuse sur notre sol, elle vivra largement aux crochets de nos caisses sociales, qui sont au bord du dépôt de bilan.
- Enfin, cerise sur le gâteau :
"Mise en conformité avec le droit européen sur la demande d'asile"
Donc, maintenant, ce n'était pas le cas auparavant, tout débouté du droit d'asile pourra rester en France en attendant le résultat du recours juridictionnel qu'il aura exercé contre la décision administrative refusant de donner une suite favorable à sa demande. Jusqu'alors, le candidat devait attendre plusieurs mois pour connaître la décision administrative. Désormais, il devra en outre attendre, car le recours sera suspensif, encore plusieurs mois pour être définitivement fixé sur son sort. Entre temps, il aura eu largement le temps de fonder une famille et de prendre le maquis dans l'une de nos banlieues sans droit.
En conclusion, beaucoup d'électeurs se sont laissé berner, car cette loi promise est destinée à favoriser l'immigration, mais sûrement pas à la maîtriser. Comme il s'agit de la quatrième loi en quatre ans, on est autorisé à poser cette question : à quand la cinquième ?
Lucien Robin,
Délégué général.
|